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Le blog des profondeurs...
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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



Nous les avons tant aimés… Sur chaque gazette, vous retrouverez un film parmi nos préférés programmés dans la longue histoire d'Utopia. Repérez bien la rubrique… vous allez y prendre goût ! On commence par une petite merveille so british !

UNE BELLE FIN

(STILL LIFE) Écrit et réalisé par Uberto PASOLINI - GB 2014 1h32mn VOSTF - avec Eddie Marsan, Joanne Froggatt, Karen Drury, Andrew Buchan...

Du 21/08/19 au 24/09/19 à Toulouse (Borderouge)

UNE BELLE FINCe film est un vrai bonheur de subtilité. Il avance par touches infiniment délicates, suggestives… il dessine le filigrane de ce qui fait l'humanité, la fin d'un monde, l'avènement d'un autre.
John May est un drôle de bonhomme effacé, dont le regard de cocker attendri laisse deviner des trésors d'humanité. Les premières scènes sont cocasses : on aperçoit notre homme, avec sa dégaine à la Droopy, qui surgit aux quatre coins de maintes funérailles, s'adaptant avec la même solennité tenace aux rituels de confessions parfois diamétralement opposées. Du kilt au costard cravate, du rockabilly à la musique classique… les façons de dire adieu sont aussi multiples que le furent les défunts. La seule chose qui semble immuable, incontournable au milieu de tout ça, c'est la présence de John May !

John May travaille pour les pompes funèbres. Son boulot, c'est de s'occuper des trépassés dont personne ne réclame le corps, oubliés morts comme ils le furent vivants. C'est là que notre preux fonctionnaire anglo-saxon entre en lice, sondant les maisons, les univers intimes des défunts afin de retrouver trace d'un semblant d'entourage. Compliqué ! Le peu de fois où il parvient à prendre contact avec un ex, une progéniture, d'anciens amis… ceux-ci lui raccrochent au nez ! Il y aurait de quoi décourager n'importe quel mortel, sauf John May qui n'oublie aucun de ses « usagers ». Il s'applique, s'implique, les accompagne dignement jusqu'à leur dernière demeure. Il compose des odes funéraires personnalisées, comble les lacunes du passé des trépassés, camoufle leurs imperfections, leur donne des couleurs à la manière d'un talentueux restaurateur de tableaux, brodant à partir des vestiges de ces vies consumées… Inventif, espiègle, notre homme parle au nom des sans voix, des disparus, des amours perdues, des fantômes… ou du chat – quand il ne reste que lui.

Dans le fond, ces inconnus devenus familiers, ces solitaires délaissés viennent peupler sa propre solitude lorsque, le soir venu, il regagne son bercail spartiate où tout semble figé comme dans une nature morte. Les jours du célibataire pas du tout endurci se suivent et se ressemblent, ponctués de repas en tête-à-tête avec du thon en boite. Économe en mots, en gestes, John donne l'impression de traverser l'existence sans soulever le moindre grain de poussière, flottant dans un univers qui ne peut aller qu'en se rétrécissant : bureau, dodo, caveau… Cela durerait jusqu'à ce que John May soit à son tour dissous dans le temps qui passe.
Puis un jour tout part en capilotade ! Le voici licencié sans ménagement par le service public auquel il s'est dévoué mais qui se plie désormais aux lois d'un marché de plus en plus dérégulé, pour lequel John fait figure de dinosaure périmé et improductif. Celui qui jamais ne bronche ose pourtant une dernière volonté : aller jusqu'au bout du dernier dossier en cours, pour la beauté du geste, l'honneur du devoir accompli… Une affaire qui précisément le trouble : le mort n'est autre que son voisin d'en face… C'est là que la mécanique bien huilée va insensiblement dérailler…