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Le cinéma et le bistrot d'Utopia Tournefeuille sont fermés jusqu'au 12 août
Le lieu sera fermé jusqu’au 12 août pour réalisation des grosses œuvres afin de conforter le terrain qui héberge le cinéma. En effet un affaissement du terrain concernant l’annexe de la salle 1, sortie de secours côté bistrot, a mis à rude épreuve notre bâtiment, comportant de problèmes divers e...

SOS Méditerranée lance un appel aux dons
Chères citoyennes, chers citoyens,À l’heure où nous vous écrivons, l’Ocean Viking fait route vers la Méditerranée centrale pour porter secours aux personnes en détresse en mer. Durant ces dernières semaines et suite à la fin de notre partenariat médical avec Médecins Sans Frontières, nous avons dû n...

Pour un cinéma durable et des rencontres d’une nuit (par Anna Pitoun)
La chance quand on est réalisatrice de films documentaires c’est que vos travaux suscitent des débats. Alors on vous invite. Pour une soirée, une matinée. A une rencontre avec le public. C’est l’une des choses que je préfère. Ces moments d’échange, quand la lumière se rallume et que les spectateurs ...

Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...



LA VIE SCOLAIRE

Écrit et réalisé par GRAND CORPS MALADE et Mehdi IDIR - France 2019 1h51mn - avec Zita Hanrot, Liam Perron, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Alban Ivanov, Antoine Reinartz, Redouane Bougheraba...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA VIE SCOLAIREC'est le nouveau film du tandem de Patients, belle surprise et beau succès en 2017.
La Vie scolaire, récit du quotidien sur une fraction d'année d'un collège d'un quartier que l'on dit difficile, de relégation, de ZEP – en l'occurrence celui des Francs Moisins à Saint Denis – n'est pas à proprement parler autobiographique mais pourtant Grand Corps Malade et Mehdi Idir ont tenu à évoquer ce qui pour eux a constitué dans les années 90 une période décisive, les années collège, qui décident trop souvent, quand on est un jeune des quartiers populaires, de la suite de sa vie : orientation sur des voies de relégation pour beaucoup d'adolescents, et pour quelques uns, trop rares, ascenseur pour s'extirper du déterminisme social.

On suit parallèlement Samia, jeune Conseillère Principale d'Éducation tout juste arrivée de son Ardèche natale, l'équipe de surveillants, Moussa le grand frère, un peu trop connu de tout le quartier, et Dylan le chambreur, mais aussi un prof de maths passionné et passionnant à la vanne incisive, un autre beaucoup plus sur la défensive, un prof de sports aux initiatives peu orthodoxes et bien sûr toute une galerie d'élèves, parfois désespérants, parfois génialement mythomanes, parfois brillants bien qu'insolents, comme Yannis, auquel Samia croit et à qui elle va tenter de donner une chance.

Dans le cinéma français, la description de la vie scolaire dans les quartiers populaires se décline souvent en trois genres : la comédie lourdingue qui insiste sur tous les clichés plus ou moins drôles dignes d'une émission de Cyril Hanouna ; la fable avec happy end, souvent condescendante, généralement tournée par un réalisateur dont le vécu le place à dix mille lieues des réalités des quartiers ; et enfin, plus rare, le film intéressant mais très auteuriste que ne verront jamais les premiers concernés. Ce qui fait l'alchimie parfaite de La Vie scolaire, qui échappe de fait haut la main aux trois catégories sus citées, c'est le mariage heureux entre un réalisme documentaire nourri par l'expérience des deux réalisateurs – qui ont grandi à Saint-Denis et y conservent toujours des attaches – et les ingrédients d'une authentique comédie dramatique populaire, avec sa dose de gags et de personnages hauts en couleurs, sans aucun manichéisme (même le petit prof intransigeant joué remarquablement par Antoine Reinartz est plus touchant qu'antipathique) ni angélisme, avec aussi ses moments d'émotion, les personnages principaux, qu'ils soient élèves, CPE ou enseignants, cachant des fêlures qui les rendent particulièrement attachants.

Comme le dit justement le prof de maths, « le contexte est plus fort que nous, mais faut-il baisser les bras ? ». C'est ainsi qu'à travers ce personnage de CPE courageuse, en contact direct avec tous les protagonistes de la vie du collège, magnifiquement interprété par Zita Hanrot, le film donne une image juste et assez exaltante d'un corps enseignant trop souvent maltraité voire méprisé. Quant aux enfants des quartiers populaires, les paroles de Je viens de là, la belle chanson qui clôt le film, disent bien la place qui leur est accordée : « J’viens de là ou on devient sportif, artiste, chanteur / Mais aussi avocat, fonctionnaire ou cadre supérieur / Surtout te trompe pas, j'ai encore plein de métiers sur ma liste / Évite les idées toutes faites et les clichés de journalistes… »