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Borderouge : L'attente et le désir…
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Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



NOURA RÊVE

Écrit et réalisé par Hinde BOUJEMAA - Tunisie 2019 1h30mn VOSTF - avec Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi... FIFIB 2019 : GRAND PRIX DE LA COMPÉTITION INTERNATIONALE.

Du 11/12/19 au 31/12/19 à Toulouse (Borderouge)

NOURA RÊVEC’est une histoire bien actuelle et qu'on pourrait pourtant considérer d’un autre temps dans notre pays, où l’on ne jette plus tant la pierre à ceux qui commettent l’adultère. En Tunisie, le fait de tromper son époux ou son épouse est un crime passible de 2 à 5 ans de prison ! C’est le point de départ de l’histoire de Noura, femme qu'on ne peut en aucun cas qualifier de légère… et pourtant infidèle. Comme on la comprend, on le serait à moins ! Des années à attendre son mauvais lascar de mari, Lassad, détenu récidiviste : lassée de poireauter au parloir pour quelques mots vains, jamais suivis de gestes. Lassée de ces heures qui vampirisent toute forme d’espoir, la laissent assoiffée de tendresse, de caresses. C’est comme une double peine qu’elle purge, ainsi que toute sa famille. Les trois enfants n'en peuvent plus d’attendre un paternel qui ne revient pas, redoutant presque sa venue, tant sa présence jadis ne fut pas synonyme d’apaisement, ni de tranquillité. Les visites à la prison sont progressivement devenues une corvée.

Seule Noura fait encore l’effort de se présenter au parloir, mais elle a du mal à feindre l’enthousiasme. Elle le fait par devoir sans doute, par souci du qu’en-dira-ton aussi, ne cachant plus complètement ses émotions, mais n’osant pas avouer son désamour. N’osant pas plus confesser qu’elle s’est prise à rêver de se reconstruire une vie avec un honnête homme, peut-être moins beau mais plus fiable qu’un conjoint voleur et parfois violent. Et elle a fini par le rencontrer en la personne de Jamel, un garagiste travailleur, prévenant. Celui que ses mômes appellent tonton, sans deviner la liaison adultérine, a trouvé sa place dans leur vie, toujours attentif et aidant.
Impatiemment, Noura compte les jours : J-5 avant que le divorce, qu'elle a demandé en cachette, soit peut-être prononcé. C’est une libération qui s’annonce, mais celle qui va se produire et bouleverser tout le monde n’aura, elle, pas été annoncée. Une grâce présidentielle inopportune, et Lassad est libéré sans crier gare et se pointe la gueule enfarinée, comme un cheveu sur la soupe. J-4… Le loup affamé entre dans la bergerie, désireux de rattraper le temps perdu avec sa moitié. Noura est tétanisée, obligée de composer, ne pouvant refuser d’accomplir son devoir conjugal. Quant à Jamel, le voilà sur les crocs, inquiet et jaloux, exigeant de son amante qu’elle fasse montre de témérité, quitte à risquer gros. Voilà donc Noura prise en tenaille entre ces deux hommes, tout aussi amoureux d’elle à leur façon, mais en définitive pas plus attentifs l'un que l'autre à son sort. La tension est à son comble, oppressante, tandis qu’on se prend à imaginer un terrible dénouement. J-3… on devine que les murs ont des oreilles et que le rêve de Noura n’est sans doute guère plus qu’un inaccessible mirage…

Tant l’interprétation sublime de Hend Sabri (Noura) que le scénario nous épargnent de tomber dans le registre d’une insipide bluette. Le personnage de Noura est complexe, ses sentiments restent ambivalents, ses réactions ambiguës. Elle n’est pas qu’une impuissante victime, l’oie blanche qu’on pourrait attendre, loin de là. Elle porte en elle ses contradictions, sa part de duplicité coupable et c’est ce qui la rend si proche de nous.
De même ni le mari, ni l’amant ne sont des personnages caricaturaux, au profil tracé au couteau. Tour à tour tendres, agaçants, rebelles à leur façon, ils sont pourtant porteurs, sans en avoir conscience, du ferment de la domination masculine. Ils ne sont en cela pas si différents l’un de l’autre.
Noura rêve, qui brosse en creux le portrait d’une société tunisienne étouffante, est plus encore un film sur le droit d’aimer que sur celui de ne plus aimer.