LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Journal de bord 6
Il pleut, il neige, il mouille… c’est la fête à la grenouille ! plus facile pour les confinés de ne pas mettre imprudemment le nez dehors !… Ana Pitoun et Valérie Mitteaux réalisent depuis quelques années, ensemble ou chacune de leur côté, plein de films tout à fait passi...

Journal de bord 5 : les films du confinement…
Pendant la durée du confinement, nous allons nous efforcer de vous proposer des films qu’on aime, qu’on trouve passionnants, qui ouvrent une fenêtre sur la vie des autres, qui nous aèrent les méninges… La programmation d’Utopia est faite de films choisis parmi ceux qui sortent, mai...

Journal de bord d'Utopia Borderouge et Tournefeuille 4
La civilisation du poisson rouge… c’est un bouquin dont je vous recommande la lecture : pas gros, vite lu, mais grosse réflexion à la clé. On le voit bien, partout et en tous lieux impossible de passer du temps avec quelqu’un sans qu’il lorgne du coin de l’oeil les messa...

Le documentaire "10 ans avec Miyazaki" disponible en français et gratuitement !!!
  C’est une bonne nouvelle pour tout les fans d’Hayao Miyazaki, comme nous, puisque la NHK vient de mettre en ligne le documentaire 10 ans avec Miyazaki. Accessible gratuitement, légalement et en streaming sur leur site internet, le documentaire sur la maitre est disponible en version sous-titré...



UN JOUR SI BLANC

Écrit et réalisé par Hlynur PALMASON - Islande 2019 1h49mn VOSTF - avec Ingvar Eggert Sigurdsson, Idda Mekkin Hlynsdottir, Björn Ingi Hilmarsson, Sara Dögg Ásgeirsdottir...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UN JOUR SI BLANC« On dit que les jours où tout est blanc, où il n'y a plus aucune différence entre la terre et le ciel, alors les morts peuvent nous parler, à nous qui sommes vivants. »

C'est un de ces jours blancs, si blancs, aveuglément blancs, que montre le premier plan de ce fascinant polar métaphysique islandais. Sur une route sinueuse de bord de mer, écrasée par la brume dans un paysage figé par le froid de l'hiver, une voiture file vite, trop vite. Les virages s’enchaînent, jusqu'à celui qui sera fatal.
Sans réelle transition, on découvre une grande maison en construction posée au milieu de la lande sauvage. Dans une longue séquence immobile, les saisons défilent, la pluie s'abat, la neige recouvre tout, le soleil illumine la végétation qui s'éveille alors que la maison prend forme. Et on comprend que cette maison est celle que Ingimundur, un retraité de la police, bâtit jour après jour et sans relâche pour sa fille, son gendre et sa petite fille. Ingimundur… sa vie a basculé en un instant, en un coup de volant, quand sa femme chérie est allée mystérieusement tout droit au bout de la route, plongeant irrémédiablement au pied de la falaise.

Depuis Ingimundur, pour réussir à contenir son immense douleur, tenter de faire un deuil impossible, scie, cloue, emboîte inlassablement, et seule sa petite fille espiègle (géniale jeune actrice, qui est la propre fille du réalisateur) lui apporte des moments de bonheur et de sérénité que ne lui procurent pas forcément les séances de psychothérapie un peu désuètes délivrées via skype par un thérapeute de la ville.
Nouveau coup dur quand il comprend, au détour de quelques indices et d'une vidéo retrouvée, que, dans la période précédant sa mort, sa femme avait une liaison. La colère de découvrir cette relation adultère, ajoutée au deuil qu'il n'arrive pas à surmonter, va faire naître en lui une obsession paranoïaque : et si l'amant était lié à la mort de son épouse ?

Sur une trame somme toute classique de polar (mort / deuil / traque /vengeance), Hlynur Palmason déroule un récit intrigant en y glissant tout ce qu'on aime de l'imaginaire scandinave : une histoire belle et prenante comme une tragédie grecque, bousculée par des ruptures de ton qui peuvent être étonnamment tendres – le grand père s'amusant à faire peur à sa petite fille avec des récits effrayants qui la ravissent – ou furieusement cocasses – une bagarre pathétique entre Ingimundur et ses anciens collègues du commissariat local qui vire au grand burlesque.
Et puis il y a la mise en scène impressionnante, qui se nourrit des paysages telluriques, lunaires, irréels de ce coin perdu d'Islande : ainsi cette séquences aussi énigmatique que magnétique quand la caméra suit en plan séquence un rocher qui dévale interminablement la montagne jusqu'à l'océan…

Grâce à son talent visionnaire et à sa maîtrise du rythme, du cadre, de la lumière, grâce aussi à l'interprétation exceptionnelle d'Ingvar E. Sigurdsson, figure incontournable du cinéma islandais (il était entre autres l'acteur principal du polar Jar city, disponible en Vidéo en Poche, et du savoureux Des Chevaux et des hommes), qui décline magnifiquement toutes les étapes du deuil d'Ingimundur, jusqu'à un climax d'émotion lors de la dernière séquence, Hlynur Palmason rentre avec Un jour si blanc dans la cour des grands.