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Le cinéma et le bistrot d'Utopia Tournefeuille sont fermés jusqu'au 12 août
Le lieu sera fermé jusqu’au 12 août pour réalisation des grosses œuvres afin de conforter le terrain qui héberge le cinéma. En effet un affaissement du terrain concernant l’annexe de la salle 1, sortie de secours côté bistrot, a mis à rude épreuve notre bâtiment, comportant de problèmes divers e...

SOS Méditerranée lance un appel aux dons
Chères citoyennes, chers citoyens,À l’heure où nous vous écrivons, l’Ocean Viking fait route vers la Méditerranée centrale pour porter secours aux personnes en détresse en mer. Durant ces dernières semaines et suite à la fin de notre partenariat médical avec Médecins Sans Frontières, nous avons dû n...

Pour un cinéma durable et des rencontres d’une nuit (par Anna Pitoun)
La chance quand on est réalisatrice de films documentaires c’est que vos travaux suscitent des débats. Alors on vous invite. Pour une soirée, une matinée. A une rencontre avec le public. C’est l’une des choses que je préfère. Ces moments d’échange, quand la lumière se rallume et que les spectateurs ...

Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...



EPICENTRO

Hubert SAUPER - documentaire Cuba 2020 1h47mn VOSTF - Production Franco-Autrichienne.

Du 16/09/20 au 29/09/20 à Toulouse (Borderouge)

EPICENTRONous sommes tant sur cette planète ! Il y a tant de réalisateurs aussi qu’on peut ne pas se souvenir d’un nom. Il est peu probable par contre que ceux qui ont été secoués par Le Cauchemar de Darwin aient oublié le film, même s’ils n’ont plus en tête le nom de son auteur : Hupert Sauper. Voici donc son nouveau documentaire, au ton plus enjoué mais tout aussi passionnant. Un véritable condensé d’histoire, d’humanité… à l’image de Cuba, qui en est, en définitive, sa protagoniste principale, peuplée d’une multitude d’autres personnages, en particulier ceux que le réalisateur nomme les « jeunes prophètes ».

Ces mômes, parfois guère plus haut que trois pommes, qui s’improvisent guides de leur île, de sa civilisation, sont malicieux, taquins, intelligents, bien plus politisés que ce qu’on pourrait imaginer compte tenu de leur âge. Ils sont fascinants à écouter et leur discours très construit, critique, détricote celui des adultes, interroge et peut paraitre un brin inquiétant. Où commence la raison, où démarre la propagande ? Mais ne peut-on se poser les mêmes questions à propos du grand voisin yankee, sauveur auto-proclamé, contre les « esclavagistes espagnols » de la petite île ? Mais à quel prix ? Passer du statut de colonie espagnole pour tomber sous le joug d’un protectorat américain non choisi ? Les USA si proches, ennemis jurés autant qu’admirés ! Ces gosses portent en eux les contradictions d’un peuple qui décrit les souffrances subies en raison de l’impérialisme américain mais rêve de Disneyland… Tout est plus complexe que les images d’Épinal dans lesquelles on essaie d’enfermer l’île d’Or. Il y a de la Rumba dans l’air, certes, et même du reggeaton (cubaton), des rires qui fusent… Des nuées de touristes qui viennent s’extasier sur le Malecón, ses vieilles Chevrolet lustrées, ses jolies filles et ses chauds garçons… Mais ni leur pouvoir d’achat, ni l’aura des pays riches ne font oublier leur passé colonialiste, leur appartenance à des pays dominants. Car bien sûr l’histoire cubaine nous ramène à celle de la traite négrière, tout autant qu’à l’avènement de l’Empire américain, elle en est même l’épicentre et permet d’explorer un siècle d’interventionnisme, de fabrication de mythes à laquelle les images, celles du cinéma en particulier, qui nait à la même époque, vont largement collaborer…

Souvent, parler du régime cubain déclenche des débats endiablés entre ses admirateurs et ses détracteurs absolus. Réconciliera-t-on jamais ceux qui plébiscitent un système social, un accès gratuit à la santé (et capable au demeurant d’envoyer plus de 2000 soignants en pleine crise de la Covid-19 pour aider le personnel de nos pays riches, notamment en Martinique…) et ceux qui critiquent le régime autoritaire et la faible croissance du pays ? Ceci étant, à l’heure où il faudrait très vite viser une indispensable sobriété pour lutter contre le réchauffement climatique, le bilan carbone de Cuba pourrait bien nous inspirer.

Hubert Sauper ne se contente pas de faire le tour de l’île, et de donner la parole aux artistes (dont la petite fille de Charlie Chaplin), historiens, habitants lambdas, de les mettre en valeur à travers des prises de vue d’une beauté époustouflante, parfois onirique. Il affronte également ses propres ressentis, se questionne en filigrane sur la légitimité de sa présence, il interroge tout autant le regard des autochtones que celui de l’observateur européen qui se promène, juge avec son système de valeurs… La place du filmeur, la place des filmés… la place des humains, tout simplement, si fragiles et petits, en définitive, face à la nature qui se déchaîne.