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Le blog des profondeurs...
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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

LES AMANTS SACRIFIÉS

Kiyoshi KUROSAWA - Japon 2020 1h55mn VOSTF - avec Yu Aoi, Issey Takahashi, Masahiro Higashide, Ryota Bando... Scénario original de Ryûsuke Hamaguchi, adapté avec Tadashi Nohara et Kiyoshi Kurosawa.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES AMANTS SACRIFIÉSÀ l’aube de la Seconde Guerre mondiale, Yusaku Fukuhara, important commerçant en import-export sur le port de Kobe, décide de se rendre en Mandchourie. A son retour de Chine, il n’est plus le même, agit très étrangement. Sa femme s’interroge, la trompe-t-il ? Que s’est-il passé là-bas ?

Voilà un thriller romanesque et historique magistral, divinement alambiqué, une partie d’échecs (psychologique) haletante, un joyau finement ciselé et à juste titre récompensé par le Lion d’argent du Festival de Venise 2020. À l’origine, il y a la rencontre entre deux grands réalisateurs japonais : Kiyoshi Kurosawa et son élève Ryûsuke Hamaguchi, tout récent auteur du magnifique Drive my car (Prix du Scénario au festival de Cannes 2021). De leur collaboration est née un grand film romanesque, tout de passion et de mystère. L’intrigue est ainsi tortueuse à souhait. Les manipulateurs seront à leur tour manipulés et les manipulés, ce coup-ci manipulateurs, seront peut-être une nouvelle fois manipulés… Ces renversements sont d’autant plus inattendus qu’ils ne sont pas régis par les mêmes logiques – les psychés des personnages, comme autant de stratégies éparses, peinent à se rejoindre, à se comprendre, à s’anticiper. Les actes de Satoko, par exemple, sont indubitablement guidés par son amour pour son époux Yusaku, son désir de rester coûte que coûte avec lui. Si en toile de fond se profile la funeste destinée du Japon en pleine Seconde Guerre mondiale, Satoko souhaite avant tout se battre pour son bonheur, pas pour son pays. Yusaku, en revanche, est plus trouble dans ses ambitions… Cosmopolite dans l’âme, tourné vers l’Occident et ses bons whiskys (c’est le cœur même de sa profession), il ne peut se résoudre à accepter la ferveur nationaliste montante dans son pays au début des années 1940. Lui aussi aime Satoko, mais ses dilemmes intérieurs lui murmurent d’agir avant tout pour la « noble » cause, les valeurs qu’il défend, pas pour son bonheur… À moins que son motif soit plus inavouable… Commence alors un vertigineux jeu de chat et de la souris entre Satoko et Yusaku pour défendre leurs desseins respectifs, quitte à se mentir, à se blesser, à se trahir.

On est à la fois captivé et déchiré par l’intensité du drame – le choc de deux libres-arbitres – qui se joue sous nos yeux. D’autant plus que la maestria de la mise en scène, la qualité des décors, l’ampleur picturale des images – incroyablement précises, travaillées, stylisées – constituent un théâtre des cruautés des plus cinématographiques. À l’issue, le film nous questionne : et nous, que ferions-nous pour rester justes et intègres face à la menace ?

(O.J., V.O. magazine)