LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Première séance à 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LE DOMOVOÏ - bistrot d'Utopia Borderouge - est (enfin !) ouvert !
« Génie familier de la maison, Domovoï est originellement celui du feu du foyer. Il se fonde sur l’usage de déposer dans la nouvelle maison un feu pris dans la précédente et sur celui d’offrir au domovój, chaque 28 janvier, un pot de gruau recouvert de braises. » Merci Wikipédia, on en sait à pr...

TOKYO GODFATHERS

Satoshi KON - film d'animation Japon / USA 2003 1h32mn VOSTF - Pour les enfants à partir de 10 ans.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TOKYO GODFATHERSNous en avez-vous assez réclamé, du conte de Noël ! Un film sincère, drôle, généreux sans être mièvre, qui marie avec élégance, grâce et légèreté, sous les flocons de neige de la Nativité, l’humour, le drame, la fable sociale humaniste et l’expression presque naïve d’un irrépressible optimisme… le tout pouvant être vu et partagé en famille ! On se dit parfois que la recette s’est définitivement perdue avec la disparition de Frank Capra – Maître incontesté de ce genre si délicat à manier, qui a fortement marqué le cinéma hollywoodien des années 30 aux années 60, et dont La vie est belle, L’Extravagant Mr. Deeds, Lady for a day ou Vous ne l’emporterez pas avec vous sont en quelque sorte les mètres-étalons. À l’orée des années, 2000, un jeune prodige de l’animation japonaise, Satoshi Kon, révélé avec Perfect blue et qui mettait la dernière main à l’éblouissant Millenium actress (sorti en France seulement en 2019…), retrouva sans doute dans les pages d’un vieux grimoire réservé de toute éternité (au moins depuis 1895) aux seuls vrais magiciens du 7e art, la formule magique qui allait lui permettre de concevoir cet épastrouillant Tokyo Godfathers. Transposition dans le Tokyo moderne de la trame du Fils du désert (3 godfathers en VO), une allégorie des Rois mages et un des westerns les plus inclassables de John Ford, le film est à la fois une quête et l’occasion d’une traversée des bas-fonds de la ville et de ses beaux quartiers, vus à hauteur de déclassé.

Gin, Hana et Miyuki sont trois SDF, qui gèlent sur les trottoirs de Tokyo et survivent en partageant autant que faire ce peut les maigres reliefs qu’abandonne dans ses poubelles la société tokyoïte repue en train de réveillonner. Ruiné, Gin noie dans l’alcool le souvenir de son bonheur enfui, Hana surjoue volontiers ses états d’âme de drama-queen transgenre et Miyuki, une adolescente fugueuse, vit dans la culpabilité d’avoir fait souffrir sa famille. Ils trouvent dans leur improbable trio un ersatz de famille et le peu de chaleur qui leur est permise, ils la puisent dans la solidarité qui les unit, vaille que vaille, face aux intempéries, aux galère et aux injustices. Or donc, au cœur de la nuit de Noël et au milieu des détritus, les trois sans-abri découvrent un bébé, accompagné d’une clé de consigne. Illico baptisé Kiyoko (« enfant pur »), l’enfant est pris en charge par le trio, qui se met en devoir, à partir de quelques maigres indices, de retrouver ses parents. Leur mission va conduire ces improbables parrains à travers la ville, à la rencontre des sociétés qu’ils ne côtoient habituellement pas, et connaître moult péripéties qui vont les confronter à leurs propres histoires.

Hasards, coïncidences, miracles : le scénario ne s’épargne aucune invraisemblance pour conduire nos anti-héros au bout de leur quête. Et pourtant, on marche ! On fonce, même. Aussi cabossés soient-ils par la vie, attachants comme rarement dans un film d’animation, on se laisse entraîner avec bonheur dans le tourbillon de rire, de suspense et d’émotion qu’ils font naître. S’il ne cède rien de son ambition formelle, Satoshi Kon délaisse avec Tokyo Godfathers les constructions scénaristiques labyrinthiques, les jeux entre onirisme, viruel et réalité qui sont sa marque de fabrique (Paprika, son chef d’œuvre, est alors encore à venir) pour délivrer, comme le temps d’une récréation, un bijou, une perle précieuse à part dans sa filmographie, emprunte de drôlerie, de simplicité et d’humanisme. Comme promis : le conte de Noël dont vous rêviez.