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Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LE DOMOVOÏ - bistrot d'Utopia Borderouge - est (enfin !) ouvert !
« Génie familier de la maison, Domovoï est originellement celui du feu du foyer. Il se fonde sur l’usage de déposer dans la nouvelle maison un feu pris dans la précédente et sur celui d’offrir au domovój, chaque 28 janvier, un pot de gruau recouvert de braises. » Merci Wikipédia, on en sait à pr...

Vendredi 24 juin à 20h30 à Tournefeuille, ouverture de la deuxième édition du Festival Clap sur Mondonville, qui se déroulera du 1er au 3 juillet à Mondonville sur le thème La terre fait son cinéma. Séance unique suivie d’une rencontre animé par Vincent Souladié, Maître de conférences de l’Université Jean Jaurès, Toulouse II, spécialisé en histoire et esthétique du cinéma américain. Sans réservation.

SOLEIL VERT

(soylent green) Richard FLEISCHER - USA 1973 1h37mn VOSTF - avec Charlton Heston, Edward G Robinson, Joseph Cotten, Leigh Taylor-Young, Chuck Connors... Scénario de Stanley Greenberg, d’après le roman de Harry Harrison.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

C’est une exclusivité Utopia, une copie tirée tout exprès pour nous et financée par nous-mêmes… C’est vous dire si on y tient, si on jubile ! Il n’y a pas film d’anticipation qui nous ait autant marqué, dont on ait autant parlé depuis le tout premier jour, la toute première fois où on est sortis de sa projection sidérés, terrifiés et furieusement enthousiastes, supputant que pour notre avenir, ce pire décrit par le film était peut-être possible, voire probable. Trente ans plus tard, on frissonne d’inquiétude à l’idée que le très hollywoodien Richard Fleischer avait vu juste et qu’on a fait quelques pas de plus vers le moment où notre planète ressemblera à « ça ». Ce qui semblait un délire de science fiction nous est apparu depuis comme un cri d’alarme terriblement sensé, dont on espère encore qu’il puisse être entendu.

New-York 2022, demain. Les hommes ont épuisé les ressources naturelles. Le réchauffement de la planète, la déforestation, la fonte des glaces, la disparition des espèces… Tout ce qu’on prévoyait timidement en 1973 et qui s’est largement accéléré depuis a anéanti vie végétale et animale. Les hommes sont confinés dans des villes chaudes et moites sur lesquelles règnent une poignée de riches barricadés dans des quartiers privés, protégés par des systèmes de sécurité sophistiqués et des mercenaires sans âme. L’individualisme est à son paroxysme ; l’être humain, espèce condamnée à disparaître à la suite de plein d’autres, semble camper dans la haine de l’autre, conçu définitivement comme une menace permanente : plus question d’amour, de solidarité, de tendresse humaine… l’espoir d’un monde meilleur a été balayé en même temps que la notion d’avenir. Les livres ont disparu, plus personne ne songe à en écrire. Le désordre règne, faute d’une pensée qui viendrait structurer ce qui n’est plus qu’une glissade vers l’anéantissement de toute notion de collectivité. Tous avalent pour survivre des petits carrés de pâte verte « Soylent green », fabriqués dans le plus grand secret, et rares sont ceux qui ont encore accès à ce qui ressemble à notre nourriture actuelle. Au point que la vision d’une cuillerde confiture met en transes ceux qui se rappellent en avoir dégusté un jour…
Dans cet enfer poignant, car l’ambiance créée par les images est fascinante, quelques fragments d’humanité subsistent. Un policier continue à se servir de sa tête et s’interroge sur les origines de ces petits carrés, verts comme l’espoir, comme les arbres, comme le soleil… Peut-être grâce à la fréquentation de son vieil ami qui ne cesse de lui transmettre le souvenir d’un monde où les blés bougeaient dans le vent, où les cerfs buvaient dans des torrents sublimes dont plus personne ne sait désormais s’ils ont existé un jour… Cette enquête, il va la mener dans un foutoir désespérant où les pauvres sont comme une vague qui submerge tout et qu’on écarte à coup de pelles mécaniques, où la nourriture, le travail, une maison, sont devenus tellement inaccessibles que l’affrontement avec les hordes de miséreux devient inévitable. D’autant plus inévitable que chacun s’est muré dans une incapacité irréversible à communiquer, perdant ainsi tout sentiment de solidarité.
On n’oubliera jamais ce moment formidablement beau et terrible où le vieux contemple une dernière fois les images sublimes d’un monde définitivement disparu ! Juste avant que le policier parvienne à trouver la clef de l’histoire : la vie se nourrit de la mort et peu à peu s’y épuise. Comment ?… ça, je ne vous le dis pas.
Pour la petite histoire, ceux qui ont vu Bowling for Columbine de Michael Moore, se souviendront que le fringant Charlton Heston qui illumine le film était, il y a peu de temps encore, le président du lobby des partisans de la vente libre et sans frein des armes à feu pour chaque américain, une association dont la paranoïa collective fait affreusement penser à Soleil vert.