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Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

LA CONSPIRATION DU CAIRE

(BOY FROM HEAVEN) Écrit et réalisé par Tarik SALEH - Égypte / Suède 2022 2h05mn VOSTF - avec Tawfeek Barhom, Fares Fares, Mehdi Dehbi, Mohammad Bakri... Prix du scénario Festival de Cannes 2022.

Du 16/11/22 au 20/12/22 à Toulouse (Borderouge)

LA CONSPIRATION DU CAIRELa prestigieuse Université islamique Al-Ahzar du Caire est une ville dans la ville, une sorte de phare intellectuel pour l’islam sunnite mondial, qui rappelle les heures glorieuses de l’islam médiéval des Mille et une nuits. Al-Ahzar est aussi, surtout, un lieu de pouvoir essentiel en Égypte, où les élites se forment, où se nouent des réseaux et où se prépare l’avenir politique du pays : un peu l’équivalent des universités d’Oxford et de Harvard pour les futurs décideurs britanniques et américains, ou Sciences Po chez nous-autres. Autant dire que l’imam d’Al-Ahzar, le patron de l’Université, est un des principaux hommes de pouvoir du pays. Et que son élection est un casse-tête politico-religieux qui concerne non seulement l’Université mais aussi tous ceux qui, à l’extérieur de ses murs, ont intérêt à avoir discrètement la main ou du moins l’information sur ce que s’y trame. Notamment et c’est bien compréhensible, le pouvoir temporel : chef d’État, ministres, chefs des armées et police plus ou moins secrète. C’est dans l’un de ces moments, alors que le vieil imam vient de défuncter, qu’arrive à Al-Ahzar le jeune Adam, fils prodigue d’un modeste pêcheur qui a miraculeusement obtenu une bourse pour y étudier. Rapidement repéré par la Sécurité Intérieure égyptienne, le candide est manipulé pour faire « l’ange », joli mot pour désigner une taupe au service de l’État. Le but étant, à force de manœuvres, de faciliter la victoire du candidat du pouvoir dans la guerre de succession qui s’est ouverte. Jeux d’influences entre islamistes radicaux et modérés, sombres affaires de mœurs et enfants cachés, le jeune Adam découvre, parallèlement au chemin de la connaissance qu’il est venu étudier, les aspects les moins reluisants de l’humanité – moult personnages ambigus qui, espionnage et contre-espionnage oblige, finissent par se perdre dans les dédales de leurs doubles et triples jeux.

Souvenez-vous : en 2017, déboulait sur les écrans Le Caire confidentiel, un polar sec, nerveux et haletant signé Tarik Saleh, qui nous faisait plonger profondément dans le monde très sombre des turpitudes du Caire et sa police corrompue. C’était ample, rugueux, très finement écrit et brillamment réalisé – suscitant par la magie toujours intacte du bouche-à-oreille un épatant accueil du public. Cinq ans plus tard, avec La Conspiration du Caire, le cinéma de Tarik Saleh n’a rien perdu de sa puissance ni son écriture de son éclat. Corruption, turpitudes, rugosité sont toujours au menu, admirablement servis par une mise en scène qui n’a fait que s’affirmer. Au petit jeu des influences littéraires, Saleh aurait troqué les références à L.A. Confidential de James Ellroy à celles, plus feutrées, du polar médiéval Le Nom de la rose d’Umberto Eco. Et comme dans ce dernier, qu’on soit fin connaisseur ou totalement ignorant des concepts et préceptes religieux, le talent de conteur du réalisateur parvient à en faire comprendre l’essentiel pour nous embarquer sans coup férir dans une enquête passionnante, menée au cœur d’intrigues aussi sombres, tortueuses et parfois sanglantes que celles des meilleurs thrillers d’espionnage.

Tarik Fares déroule avec beaucoup d’élégance une intrigue à tiroirs enchaînant les rebondissements à un rythme soutenu. Tawfeek Barhom, l’Ange qui perd peu à peu son innocence, et le génial Fares Fares (déjà présent dans Le Caire confidentiel), qui incarne un inquiétant colonel de la Sûreté aux faux-airs débonnaires de lieutenant Colombo (imper défraîchi inclus), s’affrontent dans l’ombre de l’université Al-Ahzar, véritable troisième personnage central du film, imposante, secrète, puissante, splendide… Al-Ahzar étant en réalité « interprétée » dans le film par la mosquée Süleymanye d’Istanbul où s’est déroulé le tournage – on n’est guère surpris que le film et son intrigue n’aient pas franchement enthousiasmé les autorités égyptiennes. Passionnant thriller paranoïaque, commentaire politico-religieux haletant, réflexion philosophique et théologique, La Conspiration du Caire est une formidable réussite du cinéma égyptien – malgré lui !