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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

AUCUN OURS

Écrit et réalisé par Jafar PANAHI - Iran 2022 1h47mn VOSTF - avec Jafar Panahi, Vahid Mobaseri, Mina Kavani, Bakhtiar Panjei, Rez Heydari... MOSTRA DE VENISE 2022, PRIX SPÉCIAL DU JURY.

Du 14/12/22 au 03/01/23 à Toulouse (Borderouge) - Du 23/11/22 au 19/12/22 à Tournefeuille

AUCUN OURSÀ l’heure où s’exprime en Iran une révolte sans précédent, courageusement menée par les femmes malgré la répression, nous parvient le nouveau film tourné clandestinement par Jafar Panahi. Placé sous liberté conditionnelle depuis 2010, avec interdiction de réaliser des films et de quitter le territoire, Panahi a achevé Aucun Ours peu de temps avant d’être incarcéré en juillet dernier pour s’être insurgé contre l’arrestation de deux de ses camarades cinéastes, Mohammad Rasoulof et Mostafa Aleahmad. Ce que nous donne à voir Aucun Ours, ce sont donc les images d’un cinéaste emprisonné que le régime veut faire taire. Des images d’une force et d’une intelligence rares sur la liberté d’expression, sur l’espoir de faire entendre une voix dissidente en Iran et sur la tragédie d’un peuple tout entier pris entre l’étouffement de sa volonté et l’archaïsme de la loi islamique qu’entretiennent les élites. Panahi part humblement de sa situation de cinéaste empêché en se mettant en scène lui-même tout au long du film, mais il ne cesse en réalité de s’intéresser aux autres avec un amour très persan pour la discussion contradictoire et l’exploration des dilemmes moraux les plus profonds. Sous une forme limpide et souvent étonnamment drôle, il livre une auto-fiction pleine de malice et d’esprit qui n’évite jamais la gravité de ses sujets que sont l’exil, la résistance et le combat pour la liberté.

Aucun Ours est construit sur l'imbrication de trois histoires. La première, c’est le scénario qu’est en train de tourner Panahi. Celle d’un couple, Zara et Bakhtiyar, qui cherche à se procurer des faux-papiers pour fuir l’Iran. Bakhtiyar ne réussit qu’à obtenir des papiers pour Zara et tente de la convaincre de partir sans lui.
La deuxième histoire, c’est le tournage de ce film. On y découvre Jafar Panahi installé dans un petit village du nord du pays, côté iranien de la frontière alors que son film se tourne à quelques kilomètres de là côté turc, où les autorités iraniennes n’ont pas de prise. Interdit de sortir du territoire, Panahi dirige le tournage à distance comme il peut, par internet malgré les coupures de réseau, avec la complicité de son assistant réalisateur qui insiste pour le faire venir physiquement sur le tournage en passant clandestinement la frontière.
La troisième histoire, c’est l’affaire qui anime le petit village où loge Panahi. Une rumeur circule selon laquelle le cinéaste aurait pris dans les rues du bourg la photo d’un couple que certains considèrent comme illégitime : on y verrait une jeune femme en compagnie d’un homme qui n’est pas celui auquel, selon une tradition séculaire défendue par certains habitants, elle est promise depuis la naissance. Panahi nie posséder ce cliché, mais la tension monte et on lui demande bientôt de fournir des preuves...

Le film mêle progressivement ces récits en cascade avec pour fil rouge la place ambivalente des images dans la société iranienne. En permanence, Panahi reçoit des images, se filme, prête sa caméra, etc. Fidèle à toute une branche du cinéma iranien (Kiarostami, Makhmalbaf,...), Aucun Ours alimente une dimension réflexive profonde en questionnant sans cesse le registre des représentations, ce dont elles témoignent vraiment et leur impact sur la réalité. De part et d’autre de cette position de cinéaste se développent deux histoires d’amour aussi touchantes qu’impossibles : d’un côté celle que Panahi invente à propos d’un couple qui n’arrive pas à quitter le pays pour vivre son amour, de l’autre celle à laquelle Panahi assiste du couple de villageois dont on ne veut pas reconnaître l’union. Amour de la liberté et liberté de l’amour : Panahi construit un film tout en miroir que l’ombre de la politique et des coutumes obscurantistes envahissent peu à peu jusqu’à en ternir le tain. Magnifique réussite, Aucun Ours est évidemment un acte de résistance incroyable adressé au régime en place.