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30237
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Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

L'œil et la Plume : retour critique de LITTLE PALESTINE / D.E.F.I. prod
Basée au Mirail, l’équipe de D.E.F.I PRODUCTION s’est donner pour nouvelle mission d’accompagner des groupes de jeunes à la découverte d’autres cinémas, d’autres films, dans d’autres salles… Plus ou moins régulièrement nous aurons des retours, écrits, filmés, radios, de ces découvertes.... Lire ...

Vendredi 25 Novembre à 20h30 à Tournefeuille, séance unique suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Claire Doyon. En partenariat avec l’association InPACTS, l’Equipe Relais Handicaps Rares Midi-Pyrénées, et l’Espace Ressource Handicap de la Mairie de Tournefeuille. Places en vente dès le 11 novembre au cinéma aux tarifs habituels.

PÉNÉLOPE, MON AMOUR

Claire DOYON - documentaire France 2022 1h28mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PÉNÉLOPE, MON AMOURC’est un titre qui a la beauté claire du sentiment. Celui d’une mère pour son enfant, le film de Claire Doyon s’affirmant comme un poème, un autel ou un refuge pour cet amour filial malmené par la maladie. Au fond, il ne s’agit pas tant d’un portrait de Pénélope – le premier enfant de la réalisatrice, atteint d’une forme d’autisme sévère doublée du syndrome de Rett – que de l’exploration d’une relation placée d’emblée sous le signe de l’hermétique. Comme le dit la voix enfantine de Claire Doyon en ouverture du film, « j’ai longtemps pensé que la vie était simple…» et, dans cette insouciance de la jeunesse, l’enfant désiré arrive comme par magie, dans la souplesse d’un raccord entre deux photos. Les premières images sont celles d’un home movie comme un autre, le bébé prend son bain, le bébé s’endort dans les bras… Et puis c’est par l’image fixe que la mère prend conscience que quelque chose cloche : une photographie en noir et blanc qu’elle prend de sa fille et de deux petites amies du même âge. Effectivement, le cliché dévoile une absence étrange chez Pénélope, une façon de ne pas se situer sur le même plan que les autres, de ne pas appartenir à la même scène, au présent commun. L’image, peut-être, ne ment pas.

Partant de là, Claire Doyon ne filme plus comme n’importe quel parent, pour documenter le temps linéaire et joyeux de la croissance et des progrès, mais comme une mère à part, qui doit attester auprès de tous de l’existence de Pénélope. Contre l’ordre médical (« vous devez faire le deuil de votre fille », entend-elle prononcer en présence de l’enfant), contre l’essoufflement des amis, d’abord très présents puis de moins en moins nombreux, contre Pénélope elle-même, Claire Doyon veut croire qu’il y a quelque chose qui se passe pour sa fille et non, selon les mots de Fernand Deligny qu’elle cite, « des gestes pour rien, faute de quoi que ce soit ». Au-delà de tous les combats qu’elle documente (travail incessant sur les maigres acquis de Pénélope, voyage chamanique en Sibérie, création d’une école dédiée à l’autisme), son expérience la plus importante, c’est ce film qui ne s’arrête pas et qui ancre la présence sans pareille de Pénélope, son charisme brut, sa force d’invention, et cette opacité contre laquelle la caméra se cogne.

Pour autant, la réalisatrice veille à ne jamais délirer sa fille, et le film est aussi le journal de bord d’un parent qui se remet toujours en question, en jeu. Car chaque effort pour « sauver » Pénélope est aussi un acte violent, une prise de pouvoir potentielle qui interroge le terrorisme de chaque parent lorsqu’il tente d’intégrer son enfant au monde alentour, comme une pièce de puzzle. Sans le langage, Pénélope perd une arme précieuse pour se rebeller, mais aussi pour aimer. La question posée en creux est alors celle de la réciprocité : en filmant Pénélope, Claire Doyon cherche à être vue par sa fille, aimée en retour, reconnue comme mère. C’est une quête sans fin, une quête de traces d’amour. Et parfois, un regard caméra, bref et plein de tendresse, comble des années de silence.

(L. Tuillier, Libération)