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FMR a fêté ses 40 ans à Borderouge
Le temps passe et FMR a 40 ans déjà. La radio toulousaine avait fêté cela au Bikini le 27 novembre 2021 avec une grande soirée de concerts. Le Bikini et FMR s’est aussi une belle et tumultueuse histoire que nous racontent Hervé Sansonetto et Pierre Rogalle dans un documentaire réalisé par TV Bru...

30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma :)Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de ...

Install-party samedi 18 juin à Tournefeuille
Vous voulez déconfiner durablement vos ordinateurs ? Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas v...

Sous l'aile des Anges, et le regard de Terrence Malick
Chers spectateurs, parfois je viens vous voir dans les salles afin de vous rencontrer en direct, d’échanger avec vous, de vous raconter les croustillantes anecdotes de l’exploitante du cinéma aguerrie et acharnée que je suis. C’est tellement profitable les séances collectives, c’est du cinéma. Telle...

NOSTALGIA

Mario MARTONE - Italie 2022 1h57mn VOSTF - avec Pierfrancesco Favino, Tommaso Ragno, Francesco Di Leva, Sofia Essaïdi, Aurora Quattrocchi... Scénario de Mario Martone et Ippolita di Majo, d’après le roman d’Ermanno Rea.

Du 25/01/23 au 14/02/23 à Toulouse (Borderouge)

NOSTALGIANostalgia, qui s’ouvre sur une citation de Pier Paolo Pasolini – « La connaissance est dans la nostalgie. Qui ne s’est pas perdu ne se connaît pas » –, débute par le retour d’un homme dans sa ville natale. Il se nomme Felice Lasco et est interprété par ce formidable acteur qu’est Pierfrancesco Favino, récemment magnifié dans Le Traître (2019), de Marco Bellocchio. On ne tardera pas à apprendre que ce mystérieux personnage a fait fortune comme entrepreneur en Égypte, qu’il a une femme qui l’y attend, qu’il s’est converti à l’islam et qu’il n’a pas remis les pieds en Italie depuis quarante ans. La raison de cette absence est le sujet du film. Revenu pour adoucir les derniers jours d’une vieille mère qui va rapidement mourir entre ses bras, Felice vient en vérité régler un vieux compte, tant avec lui-même qu’avec sa jeunesse tumultueuse.

En se rapprochant d’un prêtre de combat, engagé dans la cité, en lutte contre l’emprise de la Camorra sur les jeunes défavorisés et qui a assisté sa mère dans ses vieux jours, Felice s’ouvre peu à peu à lui… Il est revenu dans son quartier natal de Sanita, ancien lieu de sépulture et de catacombes de Naples, devenu un secteur populaire et défavorisé, où la mort le dispute quotidiennement à la vie, pour revoir un ami d’adolescence avec lequel il était entré dans la délinquance.
Un cambriolage a viré au meurtre. Les deux amis ne se sont jamais revus et Felice a été envoyé par son oncle au Moyen-Orient, où il aura construit sa vie. Son retour met toutefois en danger celui qui est devenu le « Malhommo » du quartier, un mafieux ultra-violent qui fait régner la terreur et entraîne les jeunes dans les pires trafics. Felice, auquel on conseille de repartir de la ville sur-le-champ, veut toutefois à toute force rencontrer son ami, solder, en un mot, les comptes de sa propre vie et reprendre le cours de son destin. Jetant ses acteurs dans la population du cru, Martone filme les méandres de ce récit en les superposant à ceux, magnifiques et funèbres, du quartier, y puisant la géographie spirituelle de son héros.

Mario Martone n’a jamais bénéficié d’une visibilité comparable aux cinéastes italiens reconnus et identifiés en France, tels Marco Bellocchio, Nanni Moretti ou Paolo Sorrentino. Quelques raisons à cela. Ce Napolitain de 62 ans s’est d’abord fait connaître comme un homme de théâtre dans le collectif du célèbre Teatri Uniti et est l’auteur d’une œuvre cinématographique parcimonieuse, avec moins d’une dizaine de films en trente années de carrière. C’est dire la singularité de cet artiste, que l’on retrouve dans son œuvre même, en laquelle entre souvent un mélange déconcertant de cinéma de genre, de point de vue documenté et de volonté d’édification.
La figure du retour à Naples, la mort qui y est associée, la violence tragique y sont des thèmes récurrents. Révélé en 1992 avec Mort d’un mathématicien napolitain, suivi par des films remarquables comme Théâtre de guerre (1998) et L’Odeur du sang (2003), Martone ne parvient pas ensuite à imposer durablement son univers, avançant par à-coups et résurgences, toujours attendu pourtant par les cinéphiles fidèles à la révélation d’une filmographie marquée par un profond humanisme et un goût de la tragédie mis en scène avec une austérité qui vaut manifeste.

(J. MandelbaumLe Monde)