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Utopia Toulouse Borderouge : un nouveau cinéma est né !
Utopia, le cinéma au mûrier… Holà ! Habitants de Borderouge, des Minimes, des Trois cocus, de Saint-Selve, de Montastruc, de la Croix Daurade, de Montauban, des Izards, de Saint Jean Lherm, de Granague et d’ailleurs… ! Approchez qu’on vous dise ! Voilà, nous sommes fins pr...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...

Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...



LE TEMPS QU'IL RESTE

(THE TIMES THAT REMAINS) Écrit et réalisé par Elia SULEIMAN - Palestine 2009 1h45mn VOSTF - avec Elia Suleiman, Saleh Bakri, Yasmine Haj, Leila Muammar... Sélection officielle, Festival de Cannes 2009 (pour nous, le grand oublié du palmarès…).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE TEMPS QU'IL RESTELes tragédies de l’histoire sont souvent grotesques. Les Palestiniens vivent depuis 1948 un cauchemar kafkaïen. Alors que musulmans et chrétiens coexistaient pacifiquement en Palestine depuis quelques millénaires avec la minorité juive, les puissances occidentales, en totale méconnaissance de la région, et sous la pression d’une nouvelle idéologie, le sionisme, née en Europe au xixe siècle, décidèrent implicitement, et ce bien avant la deuxième guerre mondiale comme l’ont montré les nouveaux historiens israéliens, qu’ils seraient expulsés de leur terre pour satisfaire au rêve d’un état juif.
Quelques massacres plus tard, perpétrés par les milices juives, c’est chose faite en 1948 avec plus de 700 000 Palestiniens jetés comme des malpropres aux frontières, et ce malgré une résolution de l’ONU exigeant le droit au retour : résolution qui, bien que revalidée près de 100 fois, ne sera jamais respectée par Israël. Au final, un non-sens en guise d’Etat, qui reste aujourd’hui schizophrénique, capable d’envoyer un transsexuel à l’Eurovision tout en choisissant un ministre des Affaires Étrangères dont le racisme ferait passer notre borgne national pour l’abbé Pierre.

Dans la tradition de ses pères spirituels du burlesque, Keaton et Chaplin, qui montrèrent en leur temps l’absurdité de la première Guerre Mondiale, c’est bien ce non-sens que le réalisateur du sublime Intervention Divine, Elia Suleiman, poète-cinéaste arabe israélien longtemps exilé (un de ces 1,3 million de Palestiniens qui purent avoir la nationalité israélienne sans bénéficier totalement des mêmes droits que leurs concitoyens juifs), a décidé de décrire poétiquement en quatre tableaux, tout en racontant l’histoire de sa famille depuis 1948.
La scène d’introduction, où Elia Suleiman, revenant au pays, se retrouve au milieu de nulle part à cause d’un chauffeur de taxi israélien qui ne reconnait plus son chemin en implorant Dieu « qui l’a abandonné », est infiniment symbolique de cette situation où tous se demandent, Palestiniens ou Israéliens, pourquoi ils sont dans cette galère sans issue. Et dans ce no man’s land, au milieu d’une nuit d’orage, l’esprit de Suleiman refait l’histoire de son pays et de son père disparu, résistant en 1948 à Nazareth donné pour mort après que les soldats l’aient jeté dans un ravin (mais depuis 2000 ans, c’est une ville où l’on ressuscite plus facilement qu’ailleurs…).
Il revient sur son enfance dans une école juive où la lobotomisation sioniste des élèves filait bon train ; sur les deux intifada… et jusqu’à aujourd’hui. Et chacune des périodes est l’occasion, toujours de manière tendre et burlesque, de montrer le dérisoire de tout, un désespoir tranquille mêlé de cynisme donnant à chaque Palestinien une force incroyable pour surmonter l’humiliation et la violence. Sans trop dévoiler le film, on rit encore à ce voisin aux théories politiques ubuesques qui, à chaque revers des Palestiniens (et ils furent nombreux), tente de s’immoler par le feu, mais ne parvient jamais à craquer l’allumette fatale… Ou, dans un contexte plus récent, Suleiman montre que la principale arme face aux Israëliens est le dédain et l’indifférence, comme quand ce jeune homme arpente la rue de long en large en téléphonant, sans se soucier une seconde du canon d’un tank qui le suit à 180°.

La force de Suleiman est de mêler étroitement émotion et burlesque : ainsi, dans une scène bouleversante, Elia écoute les larmes aux yeux, avec sa mère devenue muette, la magnifique chanteuse égyptienne Oum Kalsoum. Avec un sens du cadre splendidement théâtralisé, et sa dégaine d’échalas égaré omniprésente, Suleiman rappelle infiniment Tati qui comme lui savait, avec une économie quasi-totale de mots et le burlesque des situations, souligner de manière impitoyable la connerie humaine. Ici le clown blanc a une jolie gueule d’Arabe et on en est totalement ravi, et un immense éclat de rire ou la fulgurante beauté d’instants poétiques sont les preuves vivantes d’une âme que jamais la crétinerie assassine d’un Netanyahu ou d’un Lieberman ne pourra abattre.