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Le blog des profondeurs...
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Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...

Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...



9 CÉSARS ! Meilleur film, réalisateur, meilleur acteur ET meilleur espoir masculin pour Tahar Rahim (une première !), meilleur second rôle masculin pour Niels Arestrup, meilleur scénario, meilleure photo, meilleur montage et même… meilleur décor ! « Oubliez les gros aliens bleus », soulignait le Guardian, saluant l'élection d'Un Prophète meilleur film de l'année au London Critics' Circle.

UN PROPHÈTE

Jacques AUDIARD - France 2009 2h30mn - avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bercherif, Reda Kateb, Gilles Cohen, Antoine Basler, Leïla Bekhti... Scénario de Jacques Audiard et Thomas Bidegain, d'après une idée originale d'Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit. GRAND PRIX, FESTIVAL DE CANNES 2009, PRIX LOUIS DELLUC 2009.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UN PROPHÈTEPour nous, le grand film français de l'année. Il a tout : le fond, la forme, le souffle, la multiplicité des pistes qu'il ouvre et un acteur qui sort de nulle part et prend au fil des images une envergure époustouflante, comme le personnage qu'il incarne : Tahar Rahim, rappelez-vous car vous le reverrez.
Petit jeunot tendre, timide et naïf de 19 ans, analphabète et ignare de tout, Malik el Djebena rentre en taule pour un délit dont on ne saura rien. Arrivé rien du tout dans la fosse aux lions, il en sortira après six ans d'une fulgurante ascension, s'imposant comme un nouveau prototype de caïd qui renvoie au rayon des archaïques les petits truands corses qui l'avaient accueilli et exploité en échange d'une protection à double tranchant.

Il y a un documentaire sur un taulard qu'on a passé cette année dont le héros disait : « la prison a été mon ENA à moi ». Malik pourrait dire la même chose. Faute d'avoir reçu une formation à l'extérieur, ici, il va devoir apprendre, et vite, car c'est sa survie qui est en jeu et Malik est exceptionnellement doué. Dans ce microcosme violent, c'est un parrain corse qui a la main, César Luciani (Niels Arestrup, d'une belle épaisseur). La première épreuve qu'il va imposer au petit nouveau, c'est l'assassinat au rasoir d'un arabe comme lui. Meurtre qui le hantera de son fantôme et l'accompagnera dans sa progression comme une sorte de conscience dont il ne pourra plus jamais se dissocier.
Larbin du caïd, il accepte d'être son homme de ménage, porteur de café, exécuteur de basses besognes, et à ce titre assiste aux réunions de l'équipe rapprochée de César, qui parle corse dès qu'il s'agit d'échanger secrets et stratégies. Mais dans ce microcosme où les trafics en tout genre, le fric, le cul sont omniprésents, le lien avec l'extérieur, où les affaires continuent, est permanent. Futé, effacé au possible, Malik a l'esprit vif et s'il se laisse humilier, c'est qu'il est au-delà de l'humiliation et s'il se laisse dominer, c'est pour mieux apprendre. La langue corse n'a bientôt pas plus de secret pour lui que l'arabe ou le français dont il apprend l'écriture, ce qui lui donne très vite une vision d'ensemble qu'il va utiliser pour occuper une position stratégique entre le gang des Musulmans qui monte en puissance et celui des Corses constamment sur ses gardes.
Ainsi l'ascenseur social qui lui était refusé à l'extérieur, c'est en prison qu'il va fonctionner, se glissant entre les cultures qu'il a appris à connaître, se forgeant une identité qui va s'imposer avec des moyens peu compatibles avec une société de droit (quoique…), mais qui lui donneront une position de force.

Audiard, avec un brio qui laisse sur le cul, réussit là un polar du niveau des meilleurs films américains (on pense évidemment au Scorsese des Affranchis et de Casino) : tous ses personnages sont remarquables et complexes et leurs confrontations crédibles jusqu'au moindre détail, depuis la description de l'univers carcéral où on éprouve le poids constant de la violence physique ou mentale, jusqu'à la part la plus intime de la vie des hommes, intense, douloureuse, ravagée… Dans cet univers clos, toutes les tares de la société se trouvent portées à leur paroxysme, bouillon de culture où le racisme, la haine, le désespoir culminent. Mais, simultanément, la part d'humanité est telle qu'on est séduit, charmé par ce jeunot qui saisit la seule et terrible chance qui s'offre à lui de grandir, de devenir quelqu'un… alors que la société civile ne lui proposait rien d'autre que mépris, répression et rejet.