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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



Jeudi 24 juin à 20h à Tournefeuille, la projection sera suivie d'une rencontre avec l’Union Juive Française pour la Paix, en présence de Thomas Sommers et d’autres membres de la CCIPPP. Pour cette soirée, achetez vos places à l'avance, à partir du 18 juin (le film est ensuite programmé jusqu'à la fin de la gazette).

RACHEL

Écrit et réalisé par Simone BITTON - documentaire France / Palestine 2008 1h40mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

RACHELA l'heure où nous écrivons ces lignes, le navire baptisé Rachel Corrie vogue vers Gaza après que l'armée israélienne ait pris d'assaut, au mépris du droit maritime le plus élémentaire, des navires chargés de vivres et de matériaux de construction à destination de la bande de Gaza : 9 morts, des blessés, des militants pacifistes brutalisés…
Le magnifique film de Simone Bitton, qui a été très peu diffusé en France lors de sa sortie en octobre dernier (2 salles à Paris, 12 en province… alors qu'on ne vienne pas nous énerver en prétendant que nous « commettons le crime de censure » en ne programmant pas À 5 heures de Paris !) est idéal pour rappeler que la dernière « bavure » en date n'est qu'un nouvel épisode d'une politique délibérée menée depuis belle lurette dans les territoires occupés, malgré la réprobation timide de l'ONU.

Rachel Corrie était une jeune américaine de 22 ans, une non-violente partie en Palestine en 2003, avec d'autres militants pacifistes, pour s'opposer à la colonisation et à la destruction de maisons palestiniennes par les bulldozers israéliens. « Ce voyage est la meilleure chose que j'ai faite dans ma vie » écrit Rachel à ses parents, et elle note jour après jour ce qu'elle découvre, ses rencontres, ses états d'âme… Sa fragile personne s'interpose entre les maisons et les monstres rugissants. Mais un jour, un bulldozer ne s'est pas arrêté… (« nous craignions que la maison en question ne cache l'entrée d'un tunnel », dit un militaire de Tsahal).
Simone Bitton enquête sur les circonstances de la mort de Rachel, interroge sa vie, donne à comprendre les raisons de son engagement à travers ses écrits, sa famille, ses amis, les témoins du drame ; interpelle les militaires israéliens, y compris la propagandiste en chef de Tsahal ; ponctue le tout de documents exceptionnels, menant son film comme une instruction ; recueille avis et témoignages… Et ce faisant elle réalise un formidable moment de cinéma, émouvant mais jamais complaisant : le cas particulier de cette jeune fille blonde prend très vite une dimension universelle, percute notre actualité, aide à comprendre les motivations de ceux qui étaient sur les bateaux arraisonnés, vient nourrir notre réflexion à propos d'un conflit qui empoisonne le monde, saisi dans toutes ses conséquences et ses résonances humaines. Plus généralement il est question de ceux qui s'engagent dans des luttes qui pourraient sembler perdues d'avance : « On peut lutter sans espoir… parce que la résistance c'est la vie et que la vie est dans la révolte » dit un jeune militant… Manoukian aurait pu dire la même chose.

Rachel Corrie est morte le 16 mars 2003 (le jour où nous inaugurions Utopia à Tournefeuille) et il fallait un certain courage à Simone Bitton alors que certains n'hésitent pas à brandir l'épouvantail de « l'antisémistisme » à tout propos pour culpabiliser et faire taire qui émet un doute sur le bien fondé de la politique d'Israël et l'insulte de « traitre et de juif honteux » envers tout Juif qui refuse d'être complice d'une oppression menée en son nom.
« Rachel a montré aux Palestiniens un autre visage de l'Amérique que celui qu'ils subissent et ont tant de raisons de haïr » dit Simone Bitton. On pourrait ajouter que le meilleur antidote contre l'antisémitisme, si souvent brandi dans nos régions, est dans la prise de conscience que tous les Juifs du monde ne sont pas complices des options d'un État malade de peur et de haine.

Simone Bitton a la double nationalité israélienne et française, elle est née au Maroc, a immigré en Israël avec ses parents où elle a servi dans l'armée, elle en est sortie pacifiste, a fait l'IDHEC à Paris et n'a cessé depuis de réaliser des films magnifiques (on trouve les DVD de son très beau Mur et de Rachel : www.filmsduparadoxe.com)