Loading

NOUS CONTACTER
NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6€
ABONNEMENT : 45€ (10 places)
Séance sur fond gris : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Fakir needs you !
Fakir (le journal fâché avec tout le monde ou presque), a eu la mauvaise idée (une fois de plus), d'aller fourrer son nez dans les affaires des riches... Le riche du jour étant Mr le PDG du gigantesque groupe Casino, Jean Charles Naouri himself qui a su, malgré la crise, préserver les intérêts des a...

On a caffouillé !
Nos plus plates excuses... Quand vous ouvrirez votre gazette (la 169e du nom), à la recherche d'une pépite de cinéma, il y a un film que vous ne trouverez pas : Les moissons du ciel... Et c'est fort dommage vous en conviendrez. Donc nous vous invitons à lire le texte dudit film sur ce site, ou s...

Séances en compagnie des bébés…
Les séances estampillées « bébé »… sont des séances où les parents peuvent venir avec leurs nouveaux nés… Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras… Les séances sont aussi ouvertes aux autres spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant ...

Pétition pour une radio publique indépendante !
Pour ceux qui étaient en vacances ou qui tentaient de forcer le blocus de Gaza, Stéphane Guillon et Didier Porte ont été licenciés la semaine dernière comme des malpropres, par les seuls vrais « tyrans » de Radio France, Jean-Luc Hees et Philippe Val (voir ou revoir la dernière chronique de Guillon)...

Les petits ruisseaux : vidéo de la rencontre avec Pascal Rabaté
Venez prendre un p'tit coup de bonne humeur !!! Nous avions esquissé un début de retransmission de certains débats avec des enregistrements sonores et nous vous proposons pour la première fois l'image et le son avec la venue de Pascal Rabaté. Et ça tombe plutôt bien car nous sommes très contents de...

Ciné-Psy #3
Alors nous avons un peu tardé, c'est vrai, à mettre ce billet en ligne... Mais ça valait le coup d'attendre... Voici donc ci-dessous l'enregistrement du débat qui a suivi la projection du film Valvert, débat animé chaleureusement par Mr Guy Baillon, psychiatre du secteur de Bondy, ancien chef de se...

UNE ÉDUCATION

(AN EDUCATION) Lone SCHERFIG - GB 2009 1h40mn VOSTF - avec Peter Sarsgaard, Carey Mulligan, Alfred Molina, Dominic Cooper, Rosamund Pike, Emma Thompson, Sally Hawkins... Scénario de Nick Hornby, d’après l’autobiographie de la journaliste Lynn Barber.

UNE ÉDUCATION« Avec le recul, je trouve ahurissant de ne jamais lui avoir posé de questions. La faute en incombe à Albert Camus… Une des règles de l’existentialisme tel que je le pratiquais avec mes disciples de la Lady Eleanor Holles School était qu’il ne fallait jamais poser de questions. Poser des questions montrait que vous étiez naïf et bourgeois, ne pas en poser que vous étiez sophistiqué et Français. Et mon plus cher désir était d’être une personne sophistiquée. » Lynn Barber, An Education
Quand on évoque les swinging sixties britanniques, on pense aux jeunes filles en minijupe Twiggy, en délire à la vue de quatre garçons de Liverpool arborant une coupe au bol, on imagine une ambiance décalée et ivre de liberté telle qu’on a pu l’approcher dans l’excellent et hilarant Good Morning England, qui relatait l’arrivée de la déferlante rock’n roll sur la sage Albion.

Mais ces années fastes et heureuses n’ont pas commencé le 1er janvier 1960. En 1961, Jenny a 16 ans, et pour l’instant l’Angleterre est encore le pays de l’austérité la plus sinistre, à peine sorti de la période de rationnement de l’après guerre. Côté ambiance, on est encore en plein conservatisme, la déco des maisons est maronnasse et on aime les napperons en dentelle sur lesquels on pose la théière, cependant que la BBC diffuse une musique mièvre, qui rendrait neurasthénique un clown sous LSD. Autant dire que Jenny, élève brillante issue de la classe moyenne du triste quartier de Twickenham (uniquement célèbre par son stade de rugby), vouée par son père à l’entrée à Oxford, s’emmerde ferme entre le collège de filles en uniforme et les cours de violoncelle. Son seul échappatoire est sa passion pour la culture française, le top du branché pour les ados anglaises lettrées : en 1961, la France c’est l’existentialisme, Albert Camus, la Nouvelle Vague, et sa déconstruction des conventions sociales.
Aussi, quand elle est abordée par le beau David, un quadragénaire troublant, mélomane, flambeur et fêtard, la jeune Jenny fonce tête baissée dans cette relation. D’autant que son père (le génial Alfred Molina), a priori si protecteur, est séduit lui aussi par ce baratineur hors catégorie. Car à cette époque la majorité des pères de famille espèrent de leur fille soit qu’elle réussisse par les études soit qu’elle fasse un mariage prestigieux qui la fera grimper de deux ou trois crans sur l’échelle sociale. Le père de Jenny, fasciné par la roue de paon que lui fait cet homme brillant, issu d’une classe apparemment largement supérieure à la sienne, est ainsi tout à fait prêt à oublier les rêves universitaires de sa progéniture.
Pour Jenny, c’est la découverte du luxe, de l’insouciance puis de la transgression des interdits. Mais que cache la folle vie légère de David et de ses compagnons de fête Danny et Helen ?

Lone Scherfig, cinéaste danoise, nous avait séduits avec Italian for beginners puis avec Wilbur. Elle confirme ici, restituant formidablement l’ambiance d’une époque de transition (comme le dit le poète Philip Larkin : « Les relations sexuelles sont nées en 1963, entre la fin de l’interdiction de Lady Chatterley et le premier 33 tours des Beatles »), racontant avec une rare justesse le passage cruel de l’adolescence à l’âge adulte de Jenny. Laquelle est interprétée par la mutine et délicieuse Carey Mulligan, qui sait parfaitement incarner la jeune fille bien plus actrice résolue de son destin qu’innocente victime : son charme lumineux évoque celui d’une Audrey Hepburn, ce qui n’est pas un mince compliment…