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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



LE TEMPS DE LA KERMESSE EST TERMINÉ

Écrit et réalisé par Frédéric CHIGNAC - France 2010 1h36mn - avec Stéphane Guillon, Aïssa Maïga, Ali Monzanza, Malik Sall, Eriq Ebouaney...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE TEMPS DE LA KERMESSE EST TERMINÉOn ne s’attendait pas à voir le nom de Frédéric Chignac (venu présenter à Tournefeuille cet hiver Non au Mac Drive, son précédent film et le premier film distribué sur clé USB, qu’on vous copie moyennant la modique somme de 2€ reversés à l’auteur, demandez à la caisse !), cinéaste bordelais habitué de nos salles, accolé à celui de Stéphane Guillon (le cauchemar de Philippe Val), ni à celui de la sublime Aïssa Maïga (héroïne du célèbre Bamako), dans une production quasi-hollywoodienne (je plaisante) tournée au Maroc (qui joue très bien le rôle de l’Afrique noire), décors naturels et tout et tout. Frédéric nous avait plutôt habitués et… régalés de ses documentaires « locaux » présentés lors de soirées-débats mémorables. On attendait donc avec impatience, curiosité, et, disons-le, une certaine appréhension son premier long-métrage de fiction… Eh bien, comme dirait l’autre, ça le fait ! Et pas qu’un peu ! Le Temps de la kermesse… est une vraie bouffée de lucidité acérée et de liberté de ton en ces temps fatigants de bouches cousues et d’esprits pusillanimes. Il ose une fable grinçante et inconfortable sur les relations décidément malsaines entre la France et l’Afrique, et plus généralement sur l’injustice et l’hypocrisie criantes des rapports Nord/Sud.

À l’image d’un Stéphane Guillon sans concession, acerbe, un brin cynique, culotté, pas du tout politiquement correct, Frédéric Chignac empreinte la métaphore et l’humour noir pour filmer ce drame sans fin où les bourreaux peuvent être victimes, aveuglés par leur stupidité congénitale, et où les victimes peuvent être leurs propres bourreaux pour simplement essayer de s’en sortir. Chaque personnage a sa logique, sa vérité, ses priorités… qu’il essaie de faire prévaloir. Logique, vérité, priorités qui peuvent varier selon les circonstances…
Alex (Stéphane Guillon donc, qui se confirme excellent acteur) aurait pu tomber en panne avec sa vieille Mercedes dans un village un peu plus gros, avec un garagiste, garantissant pièces et main d’œuvre. Mais non, Alex reste en carafe à Koupala, autant dire au milieu de nulle part. Quelques cahutes au bord de la piste, avec pour seul horizon des dunes de sable et un poste militaire planté là pour surveiller on ne sait quel ennemi (un détail parmi d’autres qui fait penser au génial Désert des Tartares de Buzzati, avec lequel le film partage la capacité de faire exister cette sensation terrible d’immobilité et d’absurdité…). Alex pensait ne rester dans ce bled que quelques minutes, le temps de prendre de l’essence à la station-service qui fait aussi bar et office de tourisme (ah ! ah !). Mais sa batterie l’a lâché, et le voilà coincé là depuis quatre jours, à ne pas savoir comment faire pour reprendre la route.
Pourtant, c’est pas faute d’essayer, par indigènes interposés ! Avec l’aide du chef du village, ancien combattant médaillé par la France, et après âpre négociation financière, Alex embauche une poignée de villageois pour pousser sa voiture en haut de la côte, espérant qu’elle redémarrera dans la descente. Mais rien à faire… Quelques bonnes dizaines de montées et descentes en plein cagnard plus tard, après beaucoup de bières, une augmentation du coût de la main d’œuvre, de la vie (logement, bouffe, petits services), Alex commence à péter les plombs…

On vous taira l’évolution de la situation, on vous taira le sort de celui qui veut partir et de ceux qui savent qu’ils vont rester… On vous parlera juste de deux personnages marquants : la belle Martina, qui supplie Alex de l’emmener avec lui dès que sa voiture voudra bien repartir ; et le lieutenant Bado, chef du poste militaire, soldat à l’orgueil ombrageux mais à géométrie variable… On vous dira seulement que ce film singulier vous laissera avec plus d’interrogations que de réponses, avec plus de doutes que de certitudes rassurantes… C’est exactement pour ça qu’on le trouve aussi intéressant !

Séances avec bébé le 1/04 à 13h45 à Toulouse.