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Enseignantes, enseignants
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L’AQUARIUS OU LE NAUFRAGE DU BON SENS EUROPÉEN
Chaque année plus de 3000 hommes, femmes et enfants meurent noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. Afin de porter secours à ceux qui fuient pour sauver leur vie, des citoyens européens ont décidé d’agir en créant l’association SOS Méditerranée qui a affrété un...

Le cinéma Utopia à Avignon de 1976 à 1994 une histoire de militantisme culturel et politique
Un livre de Michaël Bourgatte aux éditions Warm   « France, années 70. Anne-Marie Faucon, Michel Malacarnet et leurs compagnons de route inventent à Avignon un lieu atypique et pionnier, où ils souhaitent partager avec le plus grand nombre leur passion du cinéma et de l’échange. Avec pe...

En Avignon, 7 jeunes réfugiés par jour demandent à être mis à l’abri.
La protection des mineurs résidant sur le sol français est un droit constitutionnel. Néanmoins, le Conseil Départemental du Vaucluse, depuis des mois, s’acharne à faire fi des règles de base de la protection de l’enfance. Par souci de maîtrise budgétaire…  Le Collectif de soutien aux mineurs...

En collaboration avec Contraluz. La séance du mercredi 2 mai à 20h00 sera suivie d'une discussion avec Léonor Harispe, Présidente de l'association Aspa qui organise le Festival de cinéma latino de Marseille. Vente des places à partir du 23 avril.

NOTRE ENFANT

(Una especie de familia) Diego LERMAN - Argentine 2017 1h36mn VOSTF - avec Barbara Lennie, Daniel Aráoz, Claudio Tolcachir, Yanina Avila, Paula Cohen... Scénario de Diego Lerman et Maria Meira.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NOTRE ENFANTLe titre original du film est littéralement « Une espèce de famille »… Cela donne la tonalité du récit, suggérant qu’on s’éloigne des sentiers battus, des poncifs sur la famille biologique classique, idéale. Mais cette dernière existe-t-elle vraiment ? Après tout on choisit rarement ses enfants et encore plus rarement ses parents, on prend ceux que la vie nous donne et on fait avec. Les insatisfaits n’ont plus qu’à recréer une famille de toutes pièces après coup. À quoi tient le désir d’enfant ? L’envie de pouponner qui se transforme soudain en nécessité absolue ? Un besoin naturel plus fort que notre entendement, l’appel impérieux de la reproduction de l’espèce ? Et pourquoi d’autres ne ressentent rien de tout cela ? Malena, elle, en deviendrait presque dingue ! Son univers lui semble vide tant le seul être dont elle rêve lui manque violemment. Rien ne la console : ni son enviable situation de médecin à Buenos Aires, ni son aisance financière, pas plus que son mignon mari… On ne voit d’ailleurs pas tellement ce dernier au début du récit et on aura du mal, par la suite, à bien comprendre sa position. Sans doute suit-il un peu le mouvement, dépassé par une démesure des émotions qui le déroute.

On entre dans la vie de Malena au moment où un coup de téléphone retentit, la plongeant dans un étrange mélange de doute, de peur et de surexcitation. À l’autre bout du pays, la mère qui porte le bébé qu’elle doit adopter est en train d’accoucher. Malena hésite encore puis fonce, flanquée de son chat timoré qu’elle arrache à son ronron quotidien.
800 kilomètres plus tard, une fois parvenue à l’extrême Nord de l’Argentine, tout ne va pas s’avérer aussi simple que prévu et va avoir tendance à déraper. La famille de la parturiente augmente ses exigences, réclamant de l’argent, le Docteur Costas qui orchestre la situation et se présentait comme son allié devient de plus en plus pressant. Même les infirmières semblent avoir leur mot à dire. La pression monte, l’ambiance devient de plus en plus pesante et ambigüe. Malena semble proche de perdre pied, surtout lorsqu’on exige d’elle qu’elle fasse venir son époux sous peine de compromettre l’adoption. Ce qui devait être l’aboutissement de mois d’espérance se révèle être le commencement de la fin.

Rien n’est lourdement appuyé, le film évite adroitement tout manichéisme. On perçoit toute l’ambiguïté de ces démarches complexes dans lesquelles les familles désespérées s’engouffrent faute de pouvoir adopter un enfant par les voies officielles. Chacun à son niveau finit par flirter dangereusement avec l’illégalité. On se questionne constamment sur les intentions et les actes de chaque protagoniste, des autorités locales. Qui dans le lot agit de manière totalement désintéressée ? Qui cherche à en tirer un profit ? Est-ce que ces deux tendances ne finissent pas par se chevaucher de manière tout à fait malsaine ? N’a-t-on pas affaire à une véritable mafia, à un plan savamment orchestré dans lequel les plus démunis seront toujours perdants ? Le scénario remarquable distille judicieusement le doute, en restant constamment sur le fil du rasoir et à la bonne distance des personnages. Barbara Lennie, qui incarne Malena, déploie une palette de jeu complexe et remarquable. Elle réussit à provoquer en nous des sentiments ambivalents, presque incompatibles entre eux. Inquiétante, Malena l’est. Rassurante ? Très peu. Sympathique souvent, antipathique parfois, imprévisible toujours… On ne sait jamais comment les choses peuvent tourner tant son acharnement à se raccrocher à son fantasme devient toujours plus déraisonnable. En parallèle de son parcours, celui de la mère porteuse est d’autant plus poignant que se pose la question de la marchandisation du corps humain. Car celle qui est tout au bout de la chaîne est inévitablement celle qui n’a pas le choix.