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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

En collaboration avec Miradas Hispanas, la séance du jeudi 20 décembre à 20h15 sera suivie d’une rencontre avec des membres de l’association. La projection sera suivie d’un pot de l’amitié.

MON PÈRE

(Retablo) Alvaro DELGADO-APARICIO - Pérou 2018 1h41 VOSTF - avec Junior Béjar Roca, Amiel Cayo, Magaly Solier, Hermelinda Lujan... Scénario d'Alvaro Delgado-Aparicio et Hector Galvez.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MON PÈREMon père est une véritable découverte, brute et colorée. Le titre français, si classique, ne lui rend pas vraiment justice. Mais il est vrai que le titre original, littéralement « Retable », serait resté nébuleux et peu évocateur pour un public non péruvien. Ici, dans les campagnes reculées des Andes, l’artisanat du retable, que notre regard occidental considèrerait tout au plus comme un art populaire naïf, est une véritable institution ancestrale. Les meilleurs maîtres artisans sont vénérés comme de véritables artistes, dépositaires d’un savoir-faire qui se transmet de père en fils.



À quatorze ans, la vie de Secundo est bariolée comme ces figurines que façonne et peint son père au doux regard, Noé. Chacune raconte une personne, une histoire, une ambiance que le maestro immortalise et met en boîte dans un de ces fameux retables. Secundo observe, s’imprègne de la précision des gestes paternels, s’apprête à les reproduire jour après jour, tout comme il reproduira la vie sans vagues de ses ancêtres. Nulle place n’est laissée à l’improvisation en dehors de l’atelier méticuleusement rangé. Parfois il gambade avec les autres, trop peu… Il grimpe alors voir son copain, le lourdingue Mardonio, qui garde les moutons. Il aimerait devenir comme lui, un jeune mâle qui poursuit les filles de ses ardeurs libidineuses. Il aimerait se battre avec ceux qui le moquent, se frotter comme eux à la dureté du labeur agricole. Mais toujours sa mère le houspille, le remet sur le droit chemin. Il a tellement mieux à faire : il lui faut atteindre la perfection, devenir maestro à son tour, une situation en or, comme celui qu’on a dans les mains. Une prédestination obsédante qui parfois l’oppresse, l’empêche de savoir ce qu’il veut, qui il est.
L’ambiance vivifiante de ses Andes natales, les montagnes magnifiques finissent par devenir pesantes malgré la beauté aérienne qui imprègne le paysage à perte de vue. C’est avec un regard assombri par d’insondables démons que désormais l’adolescent regarde son univers tandis que son innocence enfantine progressivement se dissipe comme une brume matinale.
Pourtant la vie fuse en tous sens, joyeuse, pétillante parfois au rythme des cris et des musiques qui animent le marché où se vendent les productions du Maestro. Ici une fois leurs affaires conclues, les hommes se laissent aller à la beuverie. Noé se fond alors dans la liesse ambiante, oubliant dans l’ivresse la présence de sa progéniture, quand il ne s’évanouit pas carrément dans la nature. Tandis que Secundo le cherche mi-inquiet, mi-désabusé, son regard s’ouvre sur les hypocrisies d’un monde moins immaculé que ses rêves d’enfant. Progressivement son admiration inconditionnelle pour son vieux père cède la place à un sentiment diffus qui se transformera bientôt en écœurement, le jour où il assistera à une scène qui transformera irrémédiablement sa vie…

Mon père est tout autant une histoire d’amour filial trop absolu que la dénonciation d’une société où les mentalités, figées dans des préceptes passéistes, empêchent parfois les êtres de se réaliser. Pour son premier film, Delgado-Aparicio nous livre une histoire crue et atypique servie par des personnages plus vrais que nature. De quoi nous étonner et nous plonger dans une civilisation aux antipodes de la nôtre, un véritable voyage en terre inconnue.

Miradas hispanas est une association avignonnaise de diffusion des cinémas du monde hispanique. Voir notre site : miradashispanas.free.fr