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Le blog des profondeurs...
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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

En collaboration avec Miradas Hispanas, la séance du vendredi 11 janvier à 20h10 sera suivie d’une rencontre avec des membres de l’association.

L'ANGE

Écrit et réalisé par Luis ORTEGA - Argentine 2018 2h VOSTF - avec Lorenzo Ferro, Chino Darín, Daniel Fanego, Mercedes Moran, Malena Villa, Cecilia Roth...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L'ANGELucifer était beau, on l’oublie trop souvent. Dans un monde qui s’entête à ne jurer que par les apparences, c'est souvent la laideur qui paraît suspecte. Pourtant…
Buenos Aires, 1971. Carlitos est un fils de bonne famille, bien éduqué, presque timide. Le soir il rentre vite à la maison, impatient de manger les bons petits plats de maman. C'est l'enfant unique idéal, sur lequel repose la confiance absolue de ses parents. Il n’a aucune patte blanche à montrer pour qu’on lui accorde spontanément le bon dieu sans confession.



Ce bel éphèbe à gueule d’ange va pourtant bousculer les préconçus populaires et les croyances imbéciles… À l’époque sévissent les théories du célèbre médecin légiste et criminologue italien Cesare Lombroso. Il reconnait les criminels à la longueur « excessive » de leurs bras simiesques, leur denture anormale, ou encore le fait qu’ils aient des doigts en trop ! Non mais, je vous jure ! Non seulement ils sont laids, cons, mais ils sont pauvres ! Faciles à repérer ! Le coupable idéal a donc une sale tronche, pas celle d’un chérubin. Autant dire que nul policier digne de cette fonction n’imaginerait la perversion sous les traits du gracile Carlitos, 17 ans, « des boucles blondes de mannequin pour Petit bateau et une bouche de griotte humide, aussi attractive que répulsive, qui s’ouvre sur un sourire auquel personne ne résiste » comme le décrit si bien Guillemette Odicino dans Télérama. De sa beauté vénéneuse il fera une arme de persuasion absolue sans que personne ne soupçonne de prime abord le monstre qui se tapit sous ses traits.
Il lui en faudra peu pour basculer de l’attitude de lycéen angélique à celle de cambrioleur, braqueur au sang froid : une simple rencontre, avec un camarade de bahut, fils d’un caïd du coin, le troublant Ramon, son alter ego en version brune et virile. Voilà notre damoiseau introduit dans une tribu familiale sans foi ni vergogne. En un clin d’œil le blondinet s’acclimate, tel un poisson trop longtemps privé de son élément et qu’on remet à l’eau. Il se révèle capable de mentir comme il respire, plus violent encore que ceux qui l’affranchissent, parvenant même à leur faire froid dans le dos… On sentirait Ramon presque jaloux de celui qui, progressivement, devient un élément moteur de leurs combines minables. Cet être solaire, magnétique, capable de pianoter sur le clavier des airs aériens, se révèle absolument, profondément, irrémédiablement amoral. Sa vie défile comme si chaque étape n'était qu’une immense farce illusoire. Les filles qu'il trousse, les villas qu’il détrousse, les balles qui fusent du gros calibre qu’il trimbale partout désormais, tel un grigri protecteur.

Chaque scène du film est baignée d’une lumière soyeuse, sirupeuse, presque kitsch, tel un mauvais rêve trompeur qui hante et nous désoriente. Un cauchemar coloré, orgiaque, dont nous devenons tout autant spectateurs que Carlitos l’est lui-même de ses propres jours, comme si tout y était factice. Décors de carton pâte, figurants gisants prêts à ressusciter. On dévore les scènes d’une brutalité décalée mais absolue, comme hypnotisé par leur réalité surréelle, hypnotique. On ne sait jusqu’où cette spirale infernale nous entraînera. Dans la réalité, elle entraîna Carlos Eduardo Robledo Puch, tueur en série de son état, dans les geôles les mieux gardées d’Argentine, où il continue d’effectuer la plus longue peine jamais infligée dans ce pays. Inspiré – mais néanmoins très éloigné – de la véritable histoire, ce thriller palpitant et glaçant est une véritable réussite. Les deux acteurs principaux, Lorenzo Ferro et Chino Darín (le fils de) sont absolument justes et bluffants…

Miradas hispanas est une association avignonnaise de diffusion des cinémas du monde hispanique. Voir notre site : miradashispanas.free.fr