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Le blog des profondeurs...
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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

L’HOMME FIDÈLE

Louis GARREL - France 2018 1h15 - avec Laetitia Casta, Louis Garrel, Joseph Engel, Lily-Rose Depp...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’HOMME FIDÈLELa première scène, donne le « la », impossible à dévoiler sans déflorer la surprise, cependant le ton est affiché : léger, drôle et cruel. Un détonnant mélange dans lequel Laetitia Casta excelle, resplendissante. Elle est Marianne, l’inconstante par laquelle arrivent les jeux de dupes, de l'amour et du hasard…
Abel aimait Marianne, Marianne aimait Paul, Ève encore gamine aimait Abel secrètement, comme on aime un fantasme, un idéal masculin inaccessible… Un Abel (Louis Garrel, séducteur arrosé, au meilleur de son jeu) ballotté au gré des femmes et des rencontres. Un Abel hilarant et touchant avec ses airs de cocker constamment résigné, incapable de contrarier celle qu’il aime, même au risque de la perdre.



Dix ans passent… avant que Marianne, qui s’est mise en ménage avec le père de son enfant, ne refasse surface, en veuve éplorée. Évidemment Abel immédiatement va vouloir la consoler, la reconquérir. Tandis qu’Ève (Lily-Rose Depp en ingénue diabolique), la petite sœur du défunt, devenue enfin grande et désirable, se met à courir après lui, prête à déclarer la guerre à sa rivale. Mais si l’une a la jeunesse pour elle, la cuisse ferme et des yeux de biche, l’autre a l’expérience qui sied aux renardes prêtes à tout pour défendre leurs territoires et les proies qu’elles ont conquises. Voilà, les ingrédients de l’intrigue en place, un sac de nœuds digne de La Seconde surprise de l’amour de Marivaux, dont le scénario s’est de prime abord inspiré. Jean-Claude Carrière et Louis Garrel rendent hommage au génial dramaturge, tout en s’en émancipant. Chaque scène ciselée au cordeau en appelle une autre qui vient nous surprendre. Toutes s’enchaînent avec une fluidité efficace, jouissive. L’Homme fidèle se grignote ainsi comme un petit quatre-heures, une friandise craquante qui fera le bonheur des coquettes et des galants, bien plus subtile qu’il n’y parait. Une heure quinze de simple bonheur à ne pas bouder.

Enfin il serait totalement injuste d’oublier de citer le jeune acteur Joseph Engel dans le rôle du fils de Marianne, âgé d’une dizaine d’années. Tout bonnement solaire, il crée une zone d’ombre sans concession autour de chaque personnage, même celui de sa propre mère. Il est celui auquel on ne peut rien cacher. Il distille le doute dans les pensées des adultes, les manipule. Petit bonhomme loin des clichés rebattus sur l’enfance innocente, il aime à conspirer, joue les détectives, nous ouvre des fenêtres vers d’autres perspectives, d’autres interprétations plus sombres qui finissent par nous hanter. Et si rien n’était ce que l’on a cru ? Et si ce qu’on prenait pour de simples badinages pouvaient révéler de sordides histoires sans cœur. Comme lui on finit par poursuivre la piste de coupables sans foi ni loi, d’empoisonneuses sans vergogne mais néanmoins séduisantes… Un monde imaginaire bien plus palpitant que la pure réalité. Joseph réussit à nous propulser avec délices dans sa bulle d’observateur souvent impuissant, jamais neutre. Et on se réjouit de ses espiègleries perspicaces qui bousculent les adultes, les font douter de tout.