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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

Mais où donc se garer pour aller à Utopia ?
  PARKING DE L’ORATOIRE Forfait : 4€ de 20h à 1hPARKING LES HALLES Forfait : 2 € de 20h à 1hPARKING PALAIS DES PAPES Forfait : 3€ de 20h à 1h, et des navettes gratuites au départ des parkings relais, gratuits et surveillés.PARKING DES ITALIENS La navette circule du lundi au jeudi de 7h à 22h28 et...

ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

CONTINUER

Joachim LAFOSSE - France/Belgique 2018 1h25 - avec Virginie Efira, Kacey Mottet Klein, Diego Martín, Mairambek Kozhœv, Damira Ripert... Scénario de Thomas Van Zuylen, Joachim Lafosse, Fanny Burdino, Mazarine Pingeot et Samuel Doux, d’après le roman de Laurent Mauvignier.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CONTINUERC’est un road-movie intime dans les paysages renversants de beauté du Kirghizistan. Tout comme dans certains westerns, plus la grandeur de la nature s’impose, magistrale, plus l’attention peut se concentrer sur les personnages, petits points dérisoires, obligés de se rapprocher pour ne pas être happés par plus grand qu’eux. C’est un film peu bavard, qui démarre dans une colère rentrée et qui part à la conquête d’une improbable réparation. Pas besoin de grandes phrases qui analysent pour pressentir les choses, ni même pour les raconter. On est dans un univers parfois froid, mais toujours charnel, épidermique. Le scénario tire toute sa force d’un duo d’acteurs magnifiques, capables de nous faire prendre des steppes arides pour le paradis terrestre.



Virginie Efira, en mère borderline, Kacey Mottet Klein, en fils réfractaire, nous font oublier progressivement tout ce qui ne tient pas à leurs personnages. Ils imbriquent dans leur jeu tout en nuance un mélange de maturité, de force physique et de fragilité enfantine.

Tout part d’une idée saugrenue, d’une ultime tentative pour rattraper les erreurs de la vie. Sybille, qui n’a pas beaucoup vu ni élevé son fils Samuel quand il était petit (on le découvrira progressivement) lui impose, aujourd'hui qu'il a une vingtaine d’années, un voyage à deux, loin de la civilisation, loin d’un entourage violent et des conneries à répétition qui semblent le conduire tout droit vers les geôles de la République.
Les voilà au pied du mur, ou du moins des montagnes, avec leurs deux chevaux. D’emblée Samuel tire la gueule, se conduisant de façon odieuse avec sa daronne et par ricochet envers leurs charmants hôtes kirghizes qui s’efforcent de les mettre en garde : les montagnes sont peu sûres. Mais seule Sybille qui parle russe comprend l'avertissement et le garde pour elle. Sa détermination glace les sangs. Son besoin soudain de jouer les mère courage, au détriment de la sécurité de son fils, n’a rien de rassurant et paraît même passablement irresponsable. Mais que sait-on de cette femme, de ses rêves, de son aptitude à être mère ?
En selle, les tentes et un nécessaire de survie dans le dos, les voilà chevauchant seuls vers un futur incertain. Entre eux, peu de mots. Des regards en coin : ceux inquiets et tendres ou parfois agacés de Sybille ; ceux révoltés et furieux de son fils. L’un et l’autre s’épient, s’attirent, se repoussent intuitivement, tel des aimants victimes d’eux mêmes. Elle regardant avec étonnement le fruit de ses entrailles qui se transforme en homme sous ses yeux. Lui regardant sa génitrice, troublé comme si sa douce fragilité, sa féminité étaient indésirables et indécentes chez cette maman improvisée. Tout est suggéré au détour d’un café, d’un précipice, d’un bain de boue imprévu. Le soir à la veillée, ils se retrouvent autour du feu dans un face-à-face silencieux. Lui tel un autiste se repliant entre ses écouteurs, elle écrivant inlassablement sur son journal intime, tandis que leurs chevaux, prisonniers de ces cavaliers atypiques, perdus au milieu de nulle part, attendent une caresse, un geste rassurant. On n’a plus qu’une envie, celle de venir se lover sous leurs crinières chaudes comme si elles recelaient tout ce qui nous reste d’humanité !

Tout est ici comme une chute en avant, un voyage initiatique sans retour. On a beau trébucher, tomber, douter, avoir envie de hurler, on sait juste qu’il n’y a plus d'autre choix que de boire le calice jusqu’à la lie, se redresser, avancer, continuer…