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Le blog des profondeurs...
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Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

Où en est-on avec le passage du Verger Urbain V ?
Pour vous tout à l’air identique et le jardin ferme toujours à des horaires pour le moins incertains : 19h00, 19h30… pas du tout ! Pourtant les choses bougent, Madame le Maire, par un mail envoyé à un membre du Collectif 23h59, confirme la volonté de trouver une solution qui satisfasse tou...

Communiqué du Collectif 23h59 Janvier 2019
Rappelons-le, le Collectif 23h59 a pour objet la défense de la liberté de circulation.  Il entend, au regard de ce principe,  faire rétablir la possibilité d’emprunter le passage du verger Urbain V en soirée pour rejoindre la Manutention et le quartier – comme cela était établi depuis plus...

Et sinon, la vie continue à Rosmerta.
« Le conseil épiscopal et moi-même considérons que le CCFD* s’est mis en marge de notre Église diocésaine. Désormais il n’a plus sa place, au moins temporairement, dans la vie de notre Église ». Ainsi s’adresse Jean-Pie (!!!) Cattenoz, archevêque d’Avignon, au CCFD - Terre Solidaire de Vau...

SI BEALE STREET POUVAIT PARLER

Écrit et réalisé par Barry JENKINS - USA 2018 1h59 VOSTF - avec Stephan James, Kiki Layne, Teyonah Parris, Regina King, Colman Domingo... D'après le roman de James Baldwin.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SI BEALE STREET POUVAIT PARLERIl n’y a pas que les humains qui parlent, il y a aussi les rues comme le dit le titre. Et puis les images. Celles de ce Harlem des années 70 sont d’une beauté limpide. Tout autant que l’est le noir lumineux des yeux de la jeune Tish qui expriment tant d’amour, tant de confiance quand elle les plonge dans ceux de Fonny. Ces deux-là se connaissent depuis leurs plus tendres années. Lorsqu’au sortir de l’enfance ils se déclarent leur flamme, elle n’est que le prolongement d’une grande complicité harmonieuse. C’est une relation sans l’ombre d’un doute qui se vit là, pleine d’espoir : celui de l’avenir radieux promis à ceux qui vont de l’avant, courageux devant l’adversité, les obstacles. Ils sont si beaux à voir qu’on s’attache instantanément à eux. On se sent même en totale adéquation avec l’admirable famille de Tish qui transpire non pas la richesse financière mais celle indéfectible du cœur. Les River sont nés pour se serrer les coudes. Toujours prêts à affronter les épreuves de la vie à coups de solidarité, à coups d’humour ou, s’ils ne suffisent pas, d’une rasade de jazz ou d’une lichette de vieux rhum. Si leur monde n’est pas idyllique, il transpire l’harmonie, la joie de vivre qui équilibre chaque instant. On se demanderait même pourquoi un roman puis un film en sont nés, puisque les gens heureux n’ont pas d’histoire…

Tish est jolie et intelligente, Fonny est sage et tendre. Malgré les gros yeux que fait sa mère qui pense que son fils fréquente au-dessous de sa condition, il est évident que ces deux-là formeront un couple heureux. Seulement c’est compter sans le défaut majeur qu’ils affichent aux yeux de l’Amérique dominante de l’époque : ils sont noirs de peau… Ce qui aurait pu n'être qu’une idylle heureuse va donc prendre une ampleur politique, mêlant l’intime au propos universel, et se transformer en critique lucide d’un système inique.
Alors que Fonny et Tish, soutenus par la famille de cette dernière, cherchent désespérément un appartement pour fonder leur foyer, va se produire au détour d’une rue un événement qui va changer le cours de leur vie qu’ils rêvaient sans vagues… Rappel cruel que l’ascension sociale promise par le fameux rêve américain n’est souvent accessible qu’à ceux qui sont nés aussi blancs que des cachets d’aspirine et, de plus, dans les bons quartiers.

Le film tire sa force de la reconstitution très fidèle à l’esprit du roman et de l’époque. Il s’en dégage une ambiance douce, sans amertume, où violence et révolte restent feutrées, mais cela les rend d’autant plus prégnantes. Il pourrait y avoir de l’aigreur face à l’injustice. C’est justement son absence qui renforce la puissance du récit, laissant les sentiments des spectateurs prendre le relais. Les moteurs qui animent les personnages principaux sont toujours nobles et font d’autant plus ressortir, par contraste, les vilenies de leur temps, si lointain, toujours proche. Tandis que le racisme crasse essaie de les diminuer, les personnages avancent fiers et droits, refusant les raccourcis, la haine aveugle, cultivant la beauté, refusant la laideur. Tout ici n’est que poésie, musique, chants d’espérance.