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Le blog des profondeurs...
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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

En collaboration avec l’association Miradas Hispanas.
La séance du mercredi 6 février à 20h00 sera suivie d'une discussion avec Lolita Todeschini, doctorante à l'Université de Bordeaux-Montaigne, spécialiste du cinéma argentin.
Elle rédige actuellement une thèse en études ibériques et ibéro-américaines, intitulée : " La représentation des espaces concentrationnaires dans le cinéma latino-américain contemporain".

UN COUP DE MAÎTRE

(MI OBRA MAESTRA) Gaston DUPRAT - Argentine 2018 1h41 VOSTF - avec Guillermo Francella, Luis Brandoni, Raúl Arévalo, Andrea Frigerio... Scénario d'Andres Duprat.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UN COUP DE MAÎTREUne savoureuse comédie argentine à l'humour grinçant à souhait, voilà qui fait un bien fou par les temps qui courent ! On est heureux de retrouver dans Un coup de maître la patte de Gastón Duprat, réalisateur avec Mariano Cohn de l'excellent Citoyen d'honneur (disponible en Vidéo en Poche), on retrouve aussi le jeu subtil de Guillermo Francella (El Clan, Dans ses yeux) et on découvre, dans le rôle du peintre bougon, l’incroyable Luis Brandoni, un comédien qui est aussi un homme politique : pour une fois que ce n’est pas l’inverse ! Un sacré bonhomme ! Cible de la Triple A (Alianza Anticommunista Argentina) dans les années 70, il fut enlevé par ce sinistre escadron de la mort mais jamais ne baissa les bras…



Un peu comme Renzo Nervi, le personnage qu’il incarne. « Bougon » ai-je écrit précédemment ? Le mot est faible, le qualificatif est mesquin. Renzo est le nihilisme incarné et c'est pour ça qu'il nous fait rire : parce qu'il est insupportable. Râleur, aigri, désabusé, goujat, vaniteux, capricieux… Qu’oublié-je ? J’hésite entre pingre ou ruiné… mais après tout est-ce incompatible ? Bref, un spécimen qu’on ne mettrait pour rien au monde dans son lit ou dans son carnet d’amis… Pourtant ! Non seulement il a la plus jolie des amantes (aussi fraîche qu’il est défraîchi) mais au plus creux de sa décadence de peintre has been l’accompagne (non sans sourciller) Arturo Silva, son fidèle galeriste. Quels liens invisibles les attachent si profondément l’un à l’autre ? Ceux d’un prédateur des mers et de son poisson pilote ? Ou ceux d’une amitié aussi vache que profonde, mais semble-t-il parvenue au bout du rouleau ? Car enfin, qui supporterait plus longtemps les frasques de Renzo, gloire déchue des années 80, sa suffisance cabocharde, son refus de la moindre concession ? Vieil ours mal léché qui campe sur ses positions tel un chêne prêt à rompre plutôt que de plier, sans se soucier d’entraîner dans sa chute ses plus fidèles alliés, qu’on finit par plaindre tout en ne pouvant s’empêcher de rire. On se pique au jeu, comme hypnotisé par ce petit monde au bord de l’indigestion à force d’avaler des couleuvres, projeté avec eux au cœur d’une pétaudière prête à exploser. Reste à savoir quand et quel sera l’élément déclencheur…
La belle exaspérée de n’avoir en retour de son amour que des miettes désabusées ? L’allumé aux dreadlocks qui débarque dans l’antre du barbouilleur, prêt à se sacrifier pour devenir « son disciple » ? Le susnommé galeriste Arturo, las d’essayer de caser les toiles décotées du génie tombé en désuétude ? À quoi cela tient-il d’être considéré comme « in », « cool », « à la page » ? Le temps de prononcer ces expressions et les voilà tout aussi démodées que nos coqueluches de la décennie précédente. Transparait la tartufferie des marchands d’art, et leur cynisme quand ils en viennent à se demander s'il ne faut pas qu'un artiste soit mort pour que son œuvre se vende. De là à avoir envie de trucider l’ours pour vendre plus cher sa peau…
La première scène donne le « la » et nous entraîne dans une chute de Charybde en Scylla en même temps que les protagonistes, et chapeau bas si vous devinez jusqu’où cela nous entrainera !

En filigrane, une Argentine émouvante et clinquante qui se drape dans un positivisme désenchanté, à moins que ce ne soit dans un pessimisme optimiste : il faudrait inventer un nouveau mot pour mieux la décrire, entre saudade déchirante et ironie désopilante.
Et on laissera le dernier mot à Renzo : « Quand un pays entier pose son cul devant la télé pour regarder 22 millionnaires courir derrière un ballon, c’est sans espoir. »

Miradas hispanas est une association avignonnaise de diffusion des cinémas du monde hispanique. Voir notre site : miradashispanas.free.fr