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Le blog des profondeurs...
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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

PETRA

Jaime ROSALES - Espagne 2018 1h47VOSTF - avec Barbara Lennie, Alex Brendemühl, Joan Botey, Marisa Paredes... Scénario de Jaime Rosales, Michel Gatzambide et Clara Roquet.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PETRAC’est là, au sommet des collines qui dominent les vignes, que la brune Petra vient chercher une sorte de rédemption, loin de tout mysticisme. Sous couvert de participer à une résidence d’artiste, elle débarque par un beau matin clair dans les pattes d’un plasticien qui aurait l’âge d’être son père. La renommée internationale de Jaume Navarro en impose déjà à la jeunette subjuguée, sans même qu’elle l’ait rencontré. Il va vite s’avérer que notre souricette est tombée dans la tanière d’un raminagrobis expérimenté dans l’art et la manière de torturer longuement ses proies. Oh pas physiquement, non ! Notre patriarche est plus subtil, plus pervers… Il se plaît à ferrer intellectuellement ses disciples, à les humilier doucement, à les égratigner verbalement jusqu’à les faire abjurer toute estime de soi.
L’accueil dans sa grande propriété cossue est roide. Marisa, sa compagne, peu engageante, se révèle aigrie et cassante comme le sont les êtres dominés, prompts à évacuer leur haine retenue sur la première bouc-émissaire venue. On ne sait si elle met en garde Petra par solidarité féminine ou pour protéger ses arrières et sa cage dorée. Toutes deux se regardent en chiens de faïence, guettant les pas du maître, jalousant l’attention qu’il pourrait porter à l'autre. Elles se reniflent mutuellement, jaugeant les failles de la potentielle adversaire, prêtes à dégainer leurs crocs. Elles pourraient tout aussi bien être deux alliées ou rivales piégées dans la maison de Barbe Bleue, chacune se demandant laquelle est la première capable de vendre la peau de l’autre pour épargner la sienne. Leur ton policé peine à cacher leur stratégie guerrière.

L’espace d’un souffle glacial, on songe avec effroi à quel point il est facile de passer du statut de victime à celui de tortionnaire. L’inconstance humaine nous glace les sangs. Quand Petra déclare rechercher la vérité dans l’Art, Marisa la questionne sur ceux qui mentent. Quand Petra affirme que l’argent ne l’intéresse pas, Marisa lui rétorque que la seule chose que Jaume peut lui apprendre est pourtant comment en gagner. De fait le grand artiste est en tous points un être détestable. Même son fils le décrira un peu plus tard comme un être hybride et cruel. Tous ceux qui surnagent dans l’aréopage du grand mâle dominant y tiennent un rôle ambigu et peu reluisant.
Pourtant Petra, obstinée, malgré les propos malveillants qui fusent de tous bords, va étonnement ne pas lâcher l’affaire, même si les mots que lui décoche Jaume sont choisis pour la blesser profondément. Petra est un personnage complexe, imprévisible, qui essaie de dissimuler son besoin de reconnaissance sous une assurance de façade. Que cherche-t-elle, qui est elle vraiment ? Elle semble courir aveuglément après un idéal inaccessible, comme animée par une forme de recherche identitaire, encore tout endolorie par la perte de sa mère. Progressivement les doutes s’invitent, vénéneux. Dans ce microcosme toxique, on se prend à douter de tout. On ne sait plus si on est dans la froide réalité alors même que chaque piste suggérée se distord constamment, fuyant la lumière sereine du jour. C’est trouble, hypnotique, tout à fait captivant…

Bárbara Lennie excelle dans le rôle-titre, tandis que les trop courtes apparitions de Marisa Paredes transpercent l’écran. Ensemble elles forment un duo impeccable qui progressivement s’impose, défie l’ordre établi. Le récit est orchestré de façon magistrale par Jaime Rosales (découvert il y a douze ans avec le très beau La Soledad), qui amène chaque retournement avec une précision millimétrée et une élégance folle.