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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

UNE PART D'OMBRE

Écrit et réalisé par Samuel TILMAN - Belgique 2018 1h34 - avec Fabrizio Rongione, Natacha Régnier, Baptiste Lalieu, Myriem Akheddiou...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

UNE PART D'OMBREFin de vacances idylliques entre couples dans les Vosges. Amis de longue date, tous enseignants, responsables et respectables. Chacun interprète sa partition classique dans le groupe. Les gars jouent à être des mâles pas trop machos et bons pères de familles. Les filles à être des mamans bienveillantes et patientes. Les enfants à être tout simplement des enfants, même si on les voudrait toujours sages. Tandis que ça chahute ou godille dans l’eau fraîche du lac, Julie et David font une partie de galipette en cachette dans le petit cabanon qui tient lieu de remise pour les canoës. Ils s’aiment ces deux-là et quelques années de mariage ne sont pas venues à bout de leurs désirs. Ils feraient même sans doute quelques envieux.



Pour le retour vers la Belgique où tous résident, on organise deux convois. On case épouses et mioches dans un grand monospace familial avec moult bisous et câlinous, sans oublier les doudous… Puis on s’apprête à passer la dernière soirée entre garçons afin de ranger la baraque avant d’en rendre les clefs. Un bon prétexte pour savourer quelques instants la liberté d’antan et boire quelques coups sans que nulle ne fasse la leçon. Le plus ascète des quatre est objectivement David et c’est paradoxalement ce qui le conduira tout droit à sa perte. Ce soir-là, au lieu d’aller faire son footing quotidien avant la tombée de la nuit, il aurait tellement mieux fait de buller devant la télé avec ses copains, une bière à la main… Rapide échauffement, il s’élance, la foulée sûre. Il traverse le village, puis s’engage sur la route qui serpente sous les pins altiers d’une forêt claire-obscure. De tout ça on ne retient pas grand chose. Quelques mots et regards vite échangés, des rencontres fugaces, une course truffée d’ellipses, des éléments épars comme les bribes d’un rêve sur lesquels on serait bien en peine de se forger une intime conviction. De retour au chalet, rien n’a bougé, sauf le programme télé.

Le jour d’après chacun est de retour dans ses pénates, puis au boulot. Pendant ce temps, la police française enquête : on a retrouvé le corps d’une femme assassinée sur le parcours emprunté par David la veille. Forcément il est interrogé comme témoin. 

C’est là que l’affaire se corse. À ce moment précis où toute la bande qui semblait si soudée commence à se poser les questions qui vont la diviser. Soudain les qualités mêmes de David apparaissent comme suspectes. Est-ce normal d’être si taiseux, si secret, tellement sportif ? Les points de vue commencent à vaciller, le doute s’immisce entre les amis, dans les ménages. Certains allant plus vite en besogne que d’autres, les propos d’abord bienveillants dérapent perfidement. Seul le grand Noël reste droit dans ses bottes, refusant même d’aborder la question avec sa propre compagne. C’est un procès avant instruction qui se déroule dans les chaumières, une condamnation sociale au préalable, à laquelle le verdict final ne pourra plus changer grand-chose. David, effaré, se recroqueville puis s’arc-boute, profondément blessé, avec des maladresses qui le rendent suspect. Est-ce une posture que David adopte ou dit-il la vérité ? Il pourrait bien être coupable tout comme il pourrait être innocent. Nous vacillons comme les protagonistes du film, aux prises avec les mêmes valses-hésitations fautives, essayant de traquer les indices, d’inventer des scénarios, bien conscients aussi que c’est le processus de la rumeur assassine que le réalisateur filme avec une belle sobriété.