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ÇA NE PASSE PAS !
Nous vous avions annoncé dans notre dernière gazette Une Soirée de clôture pour l’ouverture pour la deuxième quinzaine de juin. Tout devait être réglé, les habitants et visiteurs du quartier de la Manutention, les festivaliers, tout le monde retrouverait la liberté de circuler le soir et le bonheur ...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : DE L’ABSURDE FAISONS TABLE RASE !
Jamais l’ambiance d’une assemblée générale du collectif n’a été aussi détendue. Détail important : les termes d’arbitraire, grotesque, ubuesque,….pour qualifier la décision de fermeture du passage ont cédé la place à des propos conciliants, bienveillants et un tantinet vigilants pour...

Le passage du Verger Urbain V : le dénouement ?
Rappel pour celles et ceux qui ont pris 9 mois de vacances.Le Verger Urbain V, passage principal pour accéder au quartier de la Manutention est, depuis juillet 2018,  géré par les services des jardins de la ville et se trouve fermé théoriquement à 20h00 (mais de fait plutôt vers 19h30) l’hiver ...

ZONE DE DISCUSSION, DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS.
FERMETURE DU VERGER D’URBAIN VN’hésitez pas à donner votre avis et à nous aider à trouver des solutions en vous exprimant sur ce billet.  Voir les textes ci-dessous : Urbain V, le pape de la discorde, et si ce n’était pas le sujet ?Utopia, mon amour ! Verger Urbain V, écrin ou ca...

À nos amis festivaliers, qu’est-ce donc que Rosmerta ?
Afin de palier aux carences des services de l’État en matière d’hébergement des réfugiés, l’association Rosmerta, composée de plusieurs centaines de citoyens bénévoles, occupe depuis fin décembre un bâtiment de 400 m² pour y mettre à l’abri des mineurs isolés et des familles avec enfants en bas...

La séance du samedi 22 juin à 9h45 se fera dans le cadre du Ciné chiacchiere. En collaboration avec l’AFIA.

PIRANHAS

Claudio GIOVANNESI Italie 2019 1h52 VOSTF
avec Franscesco Di Napoli, Ar Tem, Alfredo Turrito, Viviana Aprea, Valentina Vannino… Scénario de Maurizio Braucci, Roberto Saviano et Claudio Giovannesi, d'après le roman de Roberto Saviano (Ed. Gallimard)

Festival de Berlin 2019 : Ours d'Argent du meilleur scénario
Festival du film policier de Beaune 2019 : Prix du Jury

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)


On sait tous que le piranha est ce poisson laid à faire peur, aux dents acérées, familier des cours d'eau équatoriaux d'Amérique latine qui, bien que petit par la taille (au maximum 25 centimètres), est capable, en bancs, de s'attaquer à des proies bien plus imposantes… et de les tailler en pièces. On ne saurait trouver image plus glaçante pour évoquer les jeunes héros du film (ils ont entre 12 et 16 ans) qui, à peine sortis du giron de leur mère, a priori inoffensifs individuellement, vont pourtant, en bande, semer la terreur dans les quartiers populaires de Naples.
Au départ il y a le roman très documenté, inspiré de nombreux faits divers, écrit par Roberto Saviano. Saviano est devenu en quelques années un des hommes les plus respectés en même temps que l'un des plus haïs d'Italie. Journaliste hors pair, il a en 2006, dans Gomorra (adapté d'abord au cinéma par Matteo Garrone puis en série pour la télévision), réalisé une enquête approfondie sur la Camorra napolitaine et la façon dont elle gangrène la vie de tous les habitants de la Campanie, ainsi que sur toutes ses ramifications jusqu'à l'Espagne. Depuis, l'écrivain et journaliste vit sous permanente protection policière, la Camorra ayant juré d'avoir sa peau. Cette protection a d'ailleurs été récemment menacée lorsque Saviano s'est clairement opposé au gouvernement Salvini et à sa politique migratoire…
Dans Piranhas, Saviano évoque l'évolution inquiétante de la Camorra napolitaine qui voit les vieux parrains d'autrefois – qu'il n'idéalise nullement – progressivement supplantés, voire tout bonnement éliminés par des gangs de très jeunes gens qui veulent tout tout de suite, le pouvoir et l'argent, au prix de risques insensés que n'auraient peut-être pas pris leurs aînés, s'affranchissant des prétendues règles qui régissaient les guerres entre clans.

Dans l'adaptation de Claudio Giovannesi (réalisateur du très beau Fiore), on suit la naissance d'un gang de jeunes à peine adolescents autour de la gueule d'ange Nicola. Des garçons encore enfantins, qui aiment leur mère plus que tout mais traînent leur désœuvrement et leur absentéisme scolaire, vivant dans un monde où l'illégalité ambiante est devenue la norme, où la seule perspective est la déconne entre potes et la réussite rapide, quels qu'en soient les moyens. Giovannesi filme le basculement de ces garçons à peine pubères, parfois fleur bleue comme Nicola tombant éperdument amoureux de la jolie Letizia, qui croient à l'amitié éternelle comme on y croit à 15 ans et vont pourtant commettre des actes irréversibles qui vont faire exploser toutes ces valeurs. Giovannesi utilise parfaitement la fraîcheur et l'authenticité de ses jeunes comédiens, choisis dans les rues de Naples. Les rues et leur beauté brute qui voient des blagues d'adolescents (notamment cette scène mémorable où la bande de Nicola parvient à voler le sapin de Noël géant d'une galerie commerçante de luxe) se transformer en crimes sanglants commis au guidon des scooters. Tout aussi saisissant que pouvait l'être Gomorra, Piranhas est la radiographie effarante d'une génération perdue dans un pays en proie à tous les tourments.

Ciné chiacchiere, que l’on pourrait traduire par Ciné-causette, est un moment après la projection où l’on peut causer du film avec des membres de l’Association Franco-italienne d’Avignon… esclusivamente in italiano ovviamente !