LA GAZETTE
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NOS TARIFS :
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Le blog des profondeurs...
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Le restaurant La Manutention va réouvrir ses portes !
Le restaurant La Manutention est fermé depuis le mois  de septembre et une rumeur bruisse dans la ville…Nous vous la confirmons avec grand plaisir ; le restaurant va réouvrir ses portes probablement fin octobre  ou début novembre après quelques menus travaux.   Son nom sera CA...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

Mais où donc se garer pour aller à Utopia ?
  PARKING DE L’ORATOIRE Forfait : 4€ de 20h à 1hPARKING LES HALLES Forfait : 2 € de 20h à 1hPARKING PALAIS DES PAPES Forfait : 3€ de 20h à 1h, et des navettes gratuites au départ des parkings relais, gratuits et surveillés.PARKING DES ITALIENS La navette circule du lundi au jeudi de 7h à 22h28 et...

SO LONG, MY SON

WANG Xiaoshuai - Chine 2019 3h05 VOSTF - avec Wang Jingchun, Yong Mei, Qi Xi, Wang Yuan, Du Jiang, Ai Liya... Scénario de A Mei et Wang Xiaoshuai. Festival de Berlin 2019 : Ours d'Argent (Meilleure Actrice et Meilleur Acteur).

Au vu de la durée du film, le tarif d’avant 13h (4,50 euros) ne sera pas appliqué.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SO LONG, MY SONDécidément, le cinéma chinois indépendant n’a pas fini de nous épater. Après Les Éternels de Jia Zhangke et An Elephant Sitting Still de Hu Bo cette année, voilà – à nouveau et dans un registre encore différent – une grande fresque passionnante qui vient démontrer à quel point les cinéastes chinois savent articuler à merveille les petites histoires avec la grande. Incontestablement, on sent dans ce cinéma un désir très fort de raconter à hauteur humaine une histoire trop longtemps muselée par le régime, le besoin de tracer une ligne entre leur passé et le présent afin de s’approprier une mémoire et de comprendre ce qui les a menés jusqu’ici. En déployant son récit sur une trentaine d’années, So long, my son embrasse les mutations gigantesques de son pays, allant de la planification communiste dans les années 1980 au capitalisme d’État d’aujourd’hui. Nous y suivons les histoires enchâssées de deux familles ouvrières amies, marquées par l’impact de la politique de l’enfant unique. À mesure que le visage du pays se métamorphose, les destins se séparent. Mais les deux familles restent unies par une tragédie que le temps n’efface pas. Dans cette œuvre ambitieuse et romanesque, les subtils chassés-croisés des personnages et les aller-retours dans le temps sont autant de miroirs qui agencent brillamment les relations individuelles et l’évolution d’une nation toute entière.

Le point de départ tragique qui nourrit tous les développements à venir, le film nous le livre d’emblée : c’est la perte d’un enfant. Ce jour là, Xingxing et Haohao, deux copains, jouent sur les berges d’un immense réservoir d’eau. La scène est filmée de loin, avec beaucoup de pudeur. Quelques instants plus tard, Xingxing est retrouvé noyé. Les circonstances, Haohao les connaît. Mais qu’importe. Pour Yaojun et Liyun, les parents de Xingxing, il faut porter le deuil, avancer malgré tout, pour plus tard peut-être, se reconstruire. Yaojun et Liyun sont ouvriers dans une usine du Nord de la Chine, tout comme leur couple d’amis, les parents d’Haohao. La perte d’un enfant est une douleur immense. Il est d’autant plus difficile d’envisager l’avenir dans un pays qui vient alors de lancer sa grande campagne de contrôle des naissances. À charge aux délégations du parti central de la faire respecter. À l’usine, c’est la mère d’Haohao qui en est la déléguée. Elle n’aura d’autre choix que l’imposer à son amie Liyun.
Dense dans ses développements et profond dans ses implications, le film se structure en trois actes. Dans une deuxième partie, on retrouve Yaojun et Liyun plusieurs années après, dans une petite ville côtière du Fujian, au Sud du pays. Étrangers à cette région dont ils ne parlent même pas le dialecte, le couple a refait sa vie en adoptant un enfant, aujourd’hui adolescent turbulent. Enfin, une dernière partie située à notre époque confiera aux jeunes générations, désormais en âge de comprendre, la tâche de confronter les deux couples à leurs culpabilités et à leurs remords.

L’ampleur temporelle de So long, my son lui permet de porter un regard critique sur tout un pan de l’histoire chinoise contemporaine, des répercussions de la révolution culturelle jusqu’à l’apparition des nouveaux riches de l’hyper-capitalisme. Sa mise en scène toute en retenue saisit à merveille l’incidence du collectif sur les individus, ainsi que l’impuissance silencieuse qui hante ceux dont le pouvoir n’a que trop régenté la vie. Émouvant mélodrame familial fait d’amour, de blessures et de rédemption, So long, my son dresse avec tendresse le portrait de ceux que la Chine a pris, trois décennies durant, dans la déferlante du changement.