LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

ONCE UPON A TIME IN… HOLLYWOOD

Écrit et réalisé par Quentin TARANTINO - USA 2019 2h42 VOSTF - avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Timothy Olyphant, Kurt Russell, Michael Madsen, Tim Roth, Al Pacino...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ONCE UPON A TIME IN… HOLLYWOODNous sommes à la fin des années 60, alors que le cinéma classique hollywoodien s'effondre au profit de la télévision et bientôt de l'éphémère mais retentissant « Nouvel Hollywood ». Rick Dalton (Leonardo DiCaprio, impressionnant, très en retenue) est un acteur sur le déclin, traînant derrière lui sa doublure et qui est aussi son fidèle comparse, Cliff Booth (Brad Pitt, extraordinaire). Tandis qu'il tente tant bien que mal de revenir sur le devant de la scène, Rick voit s'installer dans la grande demeure jouxtant la sienne le cinéaste Roman Polanski et son épouse Sharon Tate (Margot Robbie). Pendant qu'ils mènent chacun leur tumultueuse vie de cinéma, la « Famille » de Charles Manson se prépare à noyer dans le sang les idéaux du flower power.



Depuis Inglourious basterds, incursion loufoque et décomplexée dans le film de guerre historique, Quentin Tarantino semble prêter une oreille attentive aux échos de l'Histoire américaine, s'autorisant même de la remodeler comme bon lui semble, quitte à parfois frôler le blasphème. Ce n'est après tout que le prolongement logique de son cinéma qui longtemps raconta une autre histoire, celle du Septième Art lui-même, régurgitant ses formes et gimmicks oubliés, convoquant à chaque long métrage les lointains souvenirs d'un cinéma d'exploitation à l'imagination débordante. Once upon a time in… Hollywood possède en ce sens tous les atours du film-somme.
À n'en pas douter, les habituels détracteurs du cinéaste se feront de nouveau entendre, dénonçant par-ci la vacuité de son propos sur la violence et le lien qui unit fiction et réalité, condamnant par-là un maniérisme de façade ne reprenant que l'apparence d'un certain cinéma vintage. Il faut dire que Tarantino ne ménage pas son monde. Frôlant les trois heures, Once upon a time in… Hollywood se présente comme l'une de ses œuvres les plus radicales, peut-être même plus encore que ce bijou de huis-clos crépusculaire qu'était Les Huit salopards. S'autorisant le temps long pour dépeindre cette errance tragi-comique, Tarantino nous enserre dans la densité de ses dialogues, nous immerge dans une douce torpeur méditative, ponctuée de quelques moments de tension brillamment maîtrisés. Son Il était une fois… compile tous les aspects les plus fameux du « cinéma de Tarantino », alignant les gueules les plus célèbres (avec pour la première fois une apparition d'Al Pacino), distillant les citations, les pastiches, les extraits reconstitués de films ou de séries, jouissant d'une bande-son délicieusement kitsch et filmé avec brio par un Robert Richardson (le directeur de la photo) des grands jours. Pourtant, le film se révèle, par sa tonalité douce-amère et sa volonté de systématiquement désamorcer nos attentes, comme une étape nouvelle dans sa filmographie.

En effet, derrière l'imagerie pop dont se pare le film, Tarantino se livre à cœur ouvert, distillant une surprenante gravité… Contournant sans cesse nos attentes, le cinéaste donne à voir la déliquescence de l'industrie cinématographique de l'époque, la débâcle infernale d'une génération d'artistes oubliés et la fin de la dernière grande utopie américaine. Jamais le culte de l'hommage n'aura eu pour Tarantino une saveur aussi mélancolique.

(A. Roux, chaosreign.fr)