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Le blog des profondeurs...
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Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

A partir du 18/12 une seule séance par semaine, le samedi vers 22h

JOKER

Todd PHILLIPS - USA 2019 2h02 VOSTF - avec Joaquin Phoenix, Robert De Niro, Zazie Beetz, Frances Conroy... Scénario de Todd Phillips et Scott Silver. Lion d’Or, Festival de Venise 2019.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

JOKERFilm magistral, travail d’orfèvre. Chaque élément fait corps avec l'histoire racontée, la sublime, de l’envoûtante bande son aux décors hallucinants, en passant évidemment par une mise en scène et un jeu d’acteurs impeccable (géniale performance de Joaquin Phoenix !). Nous ne sommes plus dans un simple parcours fictionnel, mais dans une véritable épopée personnelle qui peut se décliner en de multiples interprétations, jamais manichéennes, tout aussi intimes que sociales, voire politiques. Les amateurs de comics seront ravis, ceux qui ne sont pas familiers ou indifférents à cet univers trouveront aussi leur compte dans cette œuvre qui transcende les genres.



L’affaire débute devant un banal miroir, pas celui d’un conte de fée, un miroir qui n'a aucun pouvoir magique. Méticuleusement Arthur Fleck se grime : teint blanc livide, nez rouge sang, larmes bleu pétrole, costume rouille atemporel, curieux alliage entre Auguste et clown blanc. Dans son dos la radio débite ses sornettes. Des émissions à deux balles censées divertir le gogo, des informations sinistres qui dépeignent un monde décadent, envahi par les rats, où la fièvre typhoïde menace d’emporter les plus faibles. Les prêches des présentateurs semblent nous entraîner dans un tourbillon schizophrénique sans fin, laissant peu d’espace à la compassion ni même à un zeste de sérénité, tandis qu’Arthur passe en un éclair du rire aux larmes avec une maestria qui glace les sangs. Une fois apprêtés, lui et ses collègues de turbin s’éparpillent dans les rues, hommes-clowns sandwiches dans un univers méga promotionnel. Chacun a ses produits, sa boutique à défendre pour gagner quelques miettes distribuées par un capitalisme vorace. Dans ce monde de freaks, beaucoup, malgré leur mine joviale affichée, sont prêts s'il le faut à marcher sur la tête de leurs confrères. Une société ubuesque qui suinte la faillite, où la solidarité n’est plus de mise.

Pourtant Arthur, pataud dans ses grandes pompes, sourit sans faillir. C’est tout ce qu’il sait faire, l’unique enseignement d’une mère toxique, demi-perchée, restée rivée dans la nostalgie de ses souvenirs, de ses espoirs déchus. Le soir venu, ce fils qu’elle surnomme « Happy » la berce, la lave, la borde, comme on le ferait pour une créature innocente et chétive, sans rien lui avouer de ses propres peines, qu’il ne saurait exprimer. Il y a chez cet homme une élégance rare et touchante qui ne demanderait qu’à percer, des moments de grâce. Nul ne les voit. Arthur semble voué à rester invisible aux yeux de ses contemporains. Et cette indifférence généralisée est tout aussi violente que les incivilités qui grouillent dans les recoins de la tentaculaire Gotham des années 80 (ville imaginaire, mais tellement cousine de nos plus monstrueuses métropoles actuelles). Il n’y aurait donc aucune échappatoire ? Dans les plus sombres ténèbres surgissent parfois de petites lueurs, telles les douces paroles d’une charmante voisine qui ne fait pas cas des habits défraîchis de Happy. Ce dernier se sentira pousser des ailes, prêt à jaillir de son anonymat tel un papillon de sa chrysalide, d’autant qu’un célèbre présentateur lui demande de participer à son show. Mais les rêves d’Arthur Fleck sont voués à sombrer dans le marasme des illusions perdues. Ils feront place à la métamorphose de notre anti-héros assoiffé de tendresse en personnage sûr de lui, maléfique, rongé par tout autre chose que l’amour.

Tenaillés entre empathie et répulsion, on assiste là à la genèse du mal, la naissance d’un vrai méchant, celui qui hantera les pires cauchemars du super-héros Batman. Mais comment lui en vouloir, il pourrait être la part incomprise de chacun d'entre nous, révoltée et blessée, humiliée. Le Joker est bel et bien un enfant engendré par la fracture sociale, l’injustice faite aux plus démunis, son rire sardonique raisonnera longtemps encore comme une mise en garde lancée aux nantis…