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Gazette post-covid no3
Donc on récapitule : à Avignon, à ce jour en zone rouge, on maintient toujours un fauteuil de libre de chaque côté d’une personne ou d’un groupe et le port du masque est obligatoire au cinéma même pendant les séances. À ce propos nous voudrions rassurer le monsieur de l’autre jour, récalcitrant...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y a un décalage entre chaque séance pour que vous vous croisiez le moins possible.•.• Le port du masque est obligatoire dans tout le cinéma et également pendant la séance..• L’équipe est masquée (mais tout à fait reconnaissable).• L’heure c’est l’heure et VRAIMENT l’heure : aucun retard ne...

Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par Ulule et Lilo !
Après tant de rencontres animées dans nos salles sur l’écologie, on s’est dit qu’il était temps de passer à l’action et d’impulser une véri-table nouvelle génération de ciné-mas respectueux de l’environnement ! ... Lire Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par...

L’association 100 pour 1
L’association 100 pour 1 choisit de faire vivre la soli-darité en privilégiant l’action concrète depuis 2016. Grâce à ses adhérents qui s’engagent à verser au minimum 5€ par mois pendant 2 ans, elle procure gratuitement un logement à des familles migrantes sans papiers et les accompagne dans la rech...

Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

LES ÉBLOUIS

Sarah SUCO - France 2019 1h39 - avec Camille Cottin, Eric Caravaca, Jean-Pierre Darroussin, Céleste Brunnquell... Scénario de Sarah Suco et Nicolas Sihol.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES ÉBLOUISLa famille Lourmel a tout de la famille provinciale ordinaire. Une famille nombreuse, 4 enfants, assez traditionnelle et catholique. La fille aînée, Camille, 12 ans, se passionne pour ses cours de cirque lors desquels son professeur tente de faire sortir l'âme de clown qu'elle pourrait avoir en elle. Certes la maman, Christine, semble un peu dépressive et ostensiblement sévère, rechignant par exemple à ce que Camille aille dormir chez une copine après les cours. Quant au père, Frédéric, il se montre un chouia effacé, paraît résigné face aux exigences parfois injustifiées de son épouse. Et puis il y a la paroisse, mais rien d'extraordinaire à raconter sur elle, une paroisse menée par un curé charismatique et débonnaire que les fidèles appellent étrangement et affectueusement « le berger », une petite communauté chrétienne chaleureuse dont les Lourmel suivent assidûment les activités, entre solidarité avec les personnes âgées ou les nécessiteux et repas dominicaux partagés. Le père, enseignant pas forcément épanoui dans son métier, et la mère, désœuvrée et neurasthénique, trouvent visiblement dans ces activités pastorales une certaine plénitude.
Puis, insensiblement, l'influence de la communauté religieuse va se faire plus pesante : le berger incite les parents à retirer Camille de son cours de cirque, sous prétexte qu’il lui enseignerait l'ironie et le culte excessif du corps ; puis il leur demande de venir vivre aux côtés d'autres frères et sœurs dans une grande maison communautaire adossée au presbytère. Progressivement se mettent en place tous les mécanismes de l'engrenage sectaire : éloignement des proches hostiles au choix religieux par le biais de procédés diffamatoires ; répétitivité des rituels parfois absurdes, exorcismes ou autres, notamment quand les fidèles bêlent de concert pour appeler la venue du « berger »…


La très chouette actrice Sarah Suco, découverte notamment dans les films de Louis-Julien Petit (Discount et Les Invisibles) passe ici derrière la caméra et elle n'a pas fait ce grand saut par hasard. Son film est d'ailleurs dédié à ses jeunes frères et sœurs car elle a dû vivre avec eux durant dix ans dans une communauté semblable à celle du film, d’où l’authenticité de son récit. Les Éblouis se garde bien de tomber dans la caricature, et le film décrit bien ces petits riens qui font basculer de la normalité à l'étrangeté, voire pire. Les personnages des parents, remarquablement campés par Camille Cottin et Eric Caravaca, tout en ambivalence, évoquent des sentiments troubles, entre adhésion aveugle à la logique sectaire et amour sincère de leurs enfants. Face à eux, Jean-Pierre Darroussin est formidable en prêtre tour à tour bienveillant et franchement inquiétant.

Mais ce qui emporte l’adhésion, c'est la vision en permanence à regard d'enfant et par extension le regard autobiographique de la réalisatrice. On est d'autant plus impressionné que tout ce qui est décrit ne se passe pas au cœur d'une cellule djihadiste ou d'une section de raéliens en voyage cosmique, mais bien dans une communauté catholique, tout à fait autorisée, comme il en existe des centaines en France (il suffit de chercher sur internet le réseau de la communauté des béatitudes), alors qu'on estime qu'il y aurait chaque année dans notre pays entre 50 000 et 60 000 enfants victimes de dérives sectaires. Le film est non seulement palpitant mais aussi salutaire.