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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Mais jusqu’à quelle heure peut-on transiter par le Verger Urbain V ?
C’est la question que vous nous posez souvent à la caisse du cinéma, ne sachant pas si vous trouverez porte ouverte ou porte close  et si vous devrez faire demi-tour. C’est (toujours) vrai qu’aucune information claire n’a été apportée sur les panneaux d’entrée  du Verger Urbain V… 20h ...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

Et si on passait à autre chose...
La restauration du jardin Verger Urbain V aura atteint son objectif, au-delà de toutes espérances : le jardin ne désemplit pas durant ces mois d’été, brassant tous les publics. Il est un lieu de vie et de rencontres, à toute heure de la journée et de la soirée. Et qu’importe que le gazon ait sou...

Il y a un an déjà...
Cette année, les organisateurs en ont décidé ainsi, la dernière étape du Tour de France cycliste aura pour cadre la magnifique ville d’Avignon. Le centre-ville, dit « intra-muros », sera le siège d’une épreuve contre la montre individuelle. Après trois tours des remparts de la cité médiéva...

LITTLE JOE

Jessica HAUSNER - Autriche/GB 2019 1h45 VOSTF - avec Emily Beecham, Ben Whishaw, Kerry Fox, Kit Connor, Lindsay Duncan... Festival de Cannes 2019 : Prix d'interprétation féminine pour Emily Beecham.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LITTLE JOEC’est d’abord une musique lancinante, parfois tribale et inquiétante qui vous envahit les neurones. Puis ce sera le tour d’un certain pollen, celui d’une jolie fleur (au sens propre), dans une peau de vache (au sens figuré). À moins que cela ne fasse partie d’un délire hallucinatoire dans la tête de sa créatrice, inquiète que sa créature ne lui échappe. Jessica Hausner revisite à sa manière un des mythes fondateurs des contes à dormir debout et des récits de science fiction.



Dans son pays des merveilles, Alice est phytogénéticienne, sorte d’apprentie sorcière des temps modernes, dans un monde aseptisé, ou aucun grain de fantaisie n’a sa place. Chez Planthouse, la firme pour laquelle elle effectue ses recherches, tout est sous le contrôle de savants algorithmes, sécurisants, sécurisés. Principe de précaution oblige, certainement, mais on se protège par dessus tout de l’espionnage industriel. Quand on pénètre dans les serres stérilisées de l’entreprise, il y a quelque chose d’immédiatement hypnotique dans ces décors à la perfection mortifère, ces rangées de plantes à perte de vue, aux motifs géométriques, aux bleus électriques improbables. Dans un premier temps, la plante que conçoit Alice paraît la plus discrète, la moins attirante entre toutes. On découvrira bientôt que son ambition première n’est pas la beauté, mais plutôt la poursuite de la félicité. Car la fleurette est censée apporter le bonheur à ses futurs acquéreurs. Une sorte d’antidépresseur naturel, qu’on n’aurait pas besoin de fumer, qu’il suffirait de bien arroser, pour que l’attention que lui porte son arroseur lui soit rendue au centuple.
En scientifique passionnée, Alice ne décroche plus de ses recherches, faisant passer un peu trop souvent sa vie professionnelle en premier au détriment de sa vie privée, refusant les tentatives d’approches d’un gentil collègue, flirtant dangereusement avec un sentiment de culpabilité que sa psy a du mal à endiguer. Car il ne lui suffit pas d’être une chercheuse modèle, il lui faudrait aussi être une mère célibataire parfaite, comme si les deux pouvaient réellement cohabiter. Et c’est sans doute pour se dédouaner qu’Alice, aveuglée par sa soif de succès, oubliant la plus élémentaire prudence, va subtiliser l’un de ses fameux spécimens top secret et l’offrir à son fiston qu’elle laisse trop souvent seul à la maison. Il s’appelle Joe et c’est en son honneur que la fameuse plante se nommera Little Joe. Comme si elle était une sorte de prolongement de l’adolescent, ou de petit frère génétiquement modifié, tous deux partageant en définitive l’amour de la même génitrice. Évidemment, rien ne se passera exactement comme prévu… De retour au labo, un sentiment étrange plane dans l’air, les relations entre collègues commencent à se dégrader. À moins que l’imagination ne joue des tours aux unes comme aux autres.

Le joli minois enfantin d’Emily Beecham, qui interprète Alice, dégage un charme tout aussi innocent que vénéneux, à l’image de Little Joe. L’actrice comme la réalisatrice nous trimballent dans les coulisses d’un monde un peu trop parfait pour être vivable. L’injonction au bonheur, qui semblait séduisante, devient progressivement anxiogène, aussi envahissante qu’un envoûtement malsain dont on ne pourrait se défaire.