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Le blog des profondeurs...
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23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

COLLECTIF 23H59… Un an plus tard !
Les travaux de séparation du Verger Urbain V et du passage seraient terminés. Il manque encore un panneau annonçant clairement les heures d’ouverture du jardin et du fameux passage… Ainsi nous pouvons de nouveau transiter, le soir, jusqu’à minuit et souvent plus, vers le quartier de la Man...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

HISTOIRE D’UN  REGARD, à la recherche de Gilles Caron

Mariana OTERO - documentaire France 2019 1h33 - Écrit par Mariana Otero et Jérôme Tonnerre.

Du 29/01/20 au 18/02/20

HISTOIRE D’UN  REGARD, à la recherche de Gilles CaronLe titre ne se la joue pas, effacé et modeste devant l’ampleur du sujet. Il n’est pas question ici d’un seul regard, mais de plusieurs. Autant celui d’un photojournaliste essentiel que celui de la réalisatrice qui nous entraîne dans un formidable jeu de piste à la recherche d’un homme perdu. À travers les rouleaux de pellicule (4000, 100000 clichés !), elle dévide le fil d’une vie, de récits intimes et universels, dresse des ponts entre la petite histoire et la grande, met en scène un véritable thriller photographique. Par un jeu de techniques, d’effets narratifs toujours renouvelés, elle nous rend son personnage principal tellement vivant et familier qu’on finirait volontiers, comme elle, par le tutoyer. On ne serait même pas tellement étonnés s’il apparaissait en chair et en os à la fin de la projection, tout en sachant qu’il a disparu au détour d’une route, entre le Cambodge et le Vietnam, en 1970. Il avait juste trente ans… Malgré le temps qui a filé, ses photos restent d’une actualité brûlante. En quelques années d’une trop brève carrière, Gilles Caron aura réussit à saisir au vol la marche du monde. Se plonger dans son œuvre, c’est non seulement partir à sa rencontre mais c’est aussi une traversée vertigineuse du siècle dernier, de ses événements les plus marquants, qui ne cessent d’avoir des conséquences sur notre présent.



Le parcours de Gilles Caron est des plus romanesques. Ce qui fait la force de ses images – plus encore que la technique photographique, qu’il apprend sur le tas – est sa façon de se positionner dans un groupe, au sein des situations, d’anticiper, en fin stratège, les moindres mouvements. Il ne se contente pas d’une position d’observateur extérieur, comme le démontrera Mariana Otero, à la façon d’une véritable profileuse. Il possède une acuité particulière, maîtrise l’art de capturer les expressions, de savoir cadrer et fixer la quintessence d’un être, ses sentiments. Dans ses images d’actualité, les êtres humains sont toujours le centre du motif.
Quand il couvre la Guerre des Six Jours en Israël, son premier grand reportage, les plus grands magazines du monde entier vont publier ses photos d’une rare intensité, le propulsant immédiatement dans la cour des grands, assurant également la notoriété de l’Agence Gamma, fondée par Raymond Depardon, entre autres. Gilles Caron sera dès lors envoyé dans les lieux de tension les plus importants de l’époque : le Vietnam, le Biafra, mais aussi Paris… Nous sommes en mai 68 et c’est à lui qu’on devra l’un des plus beaux clichés de Daniel Cohn-Bendit… Au fur et à mesure que défilent les images, on découvre qu’elles sont restées bien présentes dans notre inconscient collectif, quand bien même on aurait oublié le nom de celui qui les a prises…

En alternance avec ces moments intenses et durs, Gilles Caron fraie avec les cinéastes de la Nouvelle Vague, participant aux tournages de certains films de Truffaut, de Godard, côtoyant les stars de l’époque. Étrange va-et-vient entre les paillettes et la violence des guerres. Gilles Caron mène tout de front, même une vie amoureuse et familiale heureuse. S’il se dit avide de sérénité et de paix, il ne pourra jamais complètement décrocher du terrain, accro à l’actualité. Le voilà reparti pour Belfast, en plein conflit Nord-Irlandais… Là encore Mariana Otero lui emboîte le pas, retournant sur le théâtre des opérations, parvenant même à retrouver les protagonistes de l’époque… Scènes troublantes et émouvantes, qui redonnent à chacun un peu de hauteur et de dignité : elle leur montre les photographies de l’époque, ce sont alors leurs regards qui prennent le rôle principal… Cette histoire d’un regard devient aussi la leur et sans nul doute un peu la nôtre, en tant que spectateurs…