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Le blog des profondeurs...
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23H59, et après ?
23H59, et après ? Qui n’a pas ressenti cette angoisse profonde face à l’horloge affichant cette heure terrible chaque jour renouvelée ? Qui n’a pas été saisi à la fois par la peur de ce qui risque de se passer après et par la nostalgie d’un temps qui s’achève à ce moment précis et ne reviendra j...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

COLLECTIF 23H59… Un an plus tard !
Les travaux de séparation du Verger Urbain V et du passage seraient terminés. Il manque encore un panneau annonçant clairement les heures d’ouverture du jardin et du fameux passage… Ainsi nous pouvons de nouveau transiter, le soir, jusqu’à minuit et souvent plus, vers le quartier de la Man...

CAFÉ ROMA (ancien restaurant La Manutention) va enfin ouvrir ses portes !
Les « menus » travaux, comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière gazette vont être terminés ! Menus ? Pas tant que ça finalement :la peinture refaite, le mobilier changé, la cuisine réagencée, les nouvelles machines installées, les nouveaux menus édités… et puis é...

LE PASSAGE DU VERGER URBAIN V : C’EST LE BON SENS !
Belle soirée festive organisée par le Collectif 23h59, le 12 septembre dernier, dans le jardin du Verger Urbain V. Une réussite au-delà de nos espérances, qui attestait du plaisir des participants de pouvoir à nouveau emprunter le passage le soir, librement. Le dialogue avait repris, le bon sens l’a...

UN JOUR SI BLANC

Écrit et réalisé par Hlynur PALMASON - Islande 2019 1h49 VOSTF - avec Ingvar Eggert Sigurdsson, Idda Mekkin Hlynsdottir, Björn Ingi Hilmarsson, Sara Dögg Ásgeirsdottir...

Du 29/01/20 au 18/02/20

UN JOUR SI BLANC« On dit que les jours où tout est blanc, où il n'y a plus aucune différence entre la terre et le ciel, alors les morts peuvent nous parler, à nous qui sommes vivants. »

C’est un de ces jours blancs, si blancs, aveuglément blancs, que montre le premier plan de ce fascinant polar métaphysique islandais. Sur une route sinueuse de bord de mer, écrasée par la brume dans un paysage figé par le froid de l’hiver, une voiture file vite, trop vite. Les virages s’enchaînent, jusqu’à celui qui sera fatal.
Sans réelle transition, on découvre une grande maison en construction posée au milieu de la lande sauvage. Dans une longue séquence immobile, les saisons défilent, la pluie s’abat, la neige recouvre tout, le soleil illumine la végétation qui s’éveille alors que la maison prend forme. Et on comprend que cette maison est celle que Ingimundur, un retraité de la police, bâtit jour après jour et sans relâche pour sa fille, son gendre et sa petite fille. Ingimundur… sa vie a basculé en un instant, en un coup de volant, quand sa femme chérie est allée mystérieusement tout droit au bout de la route, plongeant irrémédiablement au pied de la falaise.
Depuis, Ingimundur, pour réussir à contenir son immense douleur et tenter de faire un deuil impossible, scie, cloue, emboîte inlassablement, et seule sa petite fille espiègle (géniale jeune actrice, qui est la propre fille du réalisateur) lui apporte des moments de bonheur et de sérénité que ne lui procurent pas forcément les séances de psychothérapie un peu désuètes délivrées via Skype par un thérapeute de la ville.
Nouveau coup dur quand il comprend, au détour de quelques indices et d’une vidéo retrouvée, que, dans la période précédant sa mort, sa femme avait une liaison. La colère de découvrir cette relation adultère, ajoutée au deuil qu’il n’arrive pas à surmonter, va faire naître en lui une obsession paranoïaque : et si l’amant était lié à la mort de son épouse ?



Sur une trame somme toute classique de polar (mort / deuil / traque / vengeance), Hlynur Palmason déroule un récit intrigant en y glissant tout ce qu’on aime de l’imaginaire scandinave : une histoire belle et prenante comme une tragédie grecque, bousculée par des ruptures de ton qui peuvent être étonnamment tendres – le grand père s’amusant à faire peur à sa petite fille avec des récits effrayants qui la ravissent – ou furieusement cocasses – une bagarre pathétique entre Ingimundur et ses anciens collègues du commissariat local qui vire au grand burlesque.
Et puis il y a la mise en scène impressionnante, qui se nourrit des paysages telluriques, lunaires, irréels de ce coin perdu d’Islande : ainsi cette séquence aussi énigmatique que magnétique quand la caméra suit en plan séquence un rocher qui dévale interminablement la montagne jusqu’à l’océan…

Grâce à son talent visionnaire et à sa maîtrise du rythme, du cadre, de la lumière, grâce aussi à l’interprétation exceptionnelle d’Ingvar E. Sigurdsson, figure incontournable du cinéma islandais (il était entre autres l’acteur principal du polar Jar city, disponible en Vidéo en Poche, et du savoureux Des Chevaux et des hommes), qui décline magnifiquement toutes les étapes du deuil d’Ingimundur, jusqu’à un climax d’émotion lors de la dernière séquence, Hlynur Palmason rentre avec Un jour si blanc dans la cour des grands.