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Aux confins du blog
« Quand les gens pensent au cinéma, ils pensent directement aux célébrités, aux studios, au glamour. Mais l’industrie du cinéma englobe d’autres personnes : les gens qui travaillent dans les snacks, qui s’occupent des équipements, des caisses, qui programment des films, qui sont en charge ...

La librairie La Mémoire du Monde propose...
Nous relayons un message de la librairie La Mémoire du Monde avec qui nous travaillons régulièrement et qui comme beaucoup de petits commerces sont en grande difficulté.“Comme beaucoup d’entre nous, nous avons eu la gorge nouée ce lundi soir avec l’annonce de la poursuite du c...

Le Café Roma et Italie là-bas propose des paniers gourmands
Depuis samedi 11 avril, Italie Là-bas et Café Roma vous proposent la totale : des paniers gourmands pour votre petit-déjeuner, déjeuner, apéro et dîner. On pense à tout ! ... Lire Le Café Roma et Italie là-bas propose des paniers gourmands...

Le cinéma du peuple
“La plus grande qualité accessible pour tous, sans clivage social et culturel… Ce sera notre combat”. (Jean Vilar)   Ainsi donc le cinéma indépendant, le cinéma d’auteur serait « élitiste »… c’est en tout cas ce que déclarait, semble-t-il, une sociologue devant un amphi de 300 élèves ...

Utopia, mon amour !
Courrier reçu de Bernard et Véronique.Mais que se passe-t-il encore dans ma bonne ville d’Avignon ?Mon vieux pote avec qui j’écumais vos salles à leur ouverture, il y a plus de quarante ans, vient de m’en annoncer une bien bonne : l’épatante promenade qu’il avait l’habitude de faire en fam...

BENNI

Écrit et réalisé par Nora FINGSCHEIDT - Allemagne 2019 2h01 VOSTF - avec Helena Zengel, Albrecht Schuch, Gabriela Maria Schmeide, Lisa Hagmeister...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BENNILa découverte de ce film fut un choc, un coup de cœur absolu. Un film phare, tendu, sur le fil, comme ne tient qu’à un fil la vie de sa petite héroïne, funambule en perpétuel mouvement pour ne pas perdre l’équilibre, pour ne pas tomber. On se souviendra longtemps de Benni, impossible même de l’oublier. Le public allemand ne s’y est pas trompé : 600 000 spectateurs pour ce premier long-métrage magistral dont la réalisatrice a fini le montage sur un coin de table chez sa grand-mère. Un manque de moyens qui ne transparait jamais à l’écran, qu’on peine à imaginer tant la texture de l’image est lumineuse, tant le récit est travaillé, son rythme ciselé, son ton criant de vérité. Tout est beau et palpitant dans Benni. On peut toujours essayer d’anticiper, de se préparer… on ne fait pas le poids face à ce scénario implacable et on sera cueilli là où l’on ne s’y attend pas. De bruit et de fureur, cette œuvre investie par la grâce marque l’avènement d’une grande cinéaste, en même temps que celui d’une actrice époustouflante, magique, d’à peine dix ans !



Il n’y a pas plus blonde, plus gracile que Benni, une véritable bouille d’ange au teint diaphane. Mais quand passent les anges, les démons sont rarement loin… Benni porte en elle le pire qui la rend exaspérante, inquiétante, comme le meilleur qui la rend plus qu’attendrissante. Pourtant, on a tôt fait d’oublier, quand elle se déchaîne, soudain sauvage, tornade insatiable balayant tout sur son passage, qu’elle n’est qu’une enfant vulnérable, une petite gosse fluette, dont la peau douce masque des meurtrissures invisibles. Mais Benni, combattive, en rit déjà, à gorge déployée, de cela, elle ne se prive pas : se moquer, taquiner, chahuter, chanter à tue-tête, se trémousser sur des airs endiablés… Pitre à ses heures pour les autres ou à leurs dépends… C’est là que reviennent toujours les problèmes, comme une boucle infernale, car la fillette ne sait pas doser ses effets, c’est le moins qu’on puisse dire. Quand elle dérape, sa vie redevient comme une fuite en avant, une course à bout de souffle, éreintante pour qui essaie de la suivre. Et ils sont une flopée ! Entre Madame Banafé, l’assistante sociale généreuse comme du bon pain qui désespère de voir sa protégée sortir de l’ornière, les différents éducateurs qu’elle use et qui ne parviennent plus à endiguer ses crises, les médecins qui tentent de la calmer avec une batterie de pilules, bien difficiles à avaler. Et puis, par dessus tout, il y a cette mère aimante mais qui ne sait pas s’y prendre. Une relation essentielle, devenue plus destructrice que bénéfique à force de valses hésitations permanentes.

Mais pour Benni, c’est la rencontre avec Micha, son nouvel auxiliaire de vie scolaire, qui va apporter une grande bouffée d’oxygène. Sous les provocations habituelles de la gamine, on percevra les germes d’une belle complicité prête à naître, la naissance d’une espérance. Sans doute parce qu’elle percevra d’emblée que Micha lui aussi trimbale ses écorchures intérieures et qu’il comprend d’autant mieux les siennes… 
Chaque scène, chaque image témoigne de ce que le moindre détail de cette fiction a été méticuleusement travaillé, renseigné, observé. Benni y gagne un réalisme et une efficacité poignants qui font la part belle à l’humanité, ne jugeant jamais, condamnant encore moins. Ici chacun fait comme il peut, compose avec ce qu’il est, ses émotions, ses manques, ses angoisses. Oscillant entre révolte, larmes, éclats de rire et tendresse, ce film sans concessions, cette ode à l’amour inaccessible est plus que salutaire. Il donne à penser, il interroge, donne envie de briser la glace, à notre tour.