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Le blog des profondeurs...
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Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

CHAINED + BELOVED

Également au programme - CHAINED

BELOVED

Écrit et réalisé par Yaron SHANI - Israël 2019 1h48 VOSTF - avec Eran Naim, Stav Almagor, Stav Patai...

Du 22/07/20 au 04/08/20

BELOVEDTrop de rôles pour une seule femme ? Être bonne mère, bonne infirmière, bonne épouse, bonne femelle… : voilà ce à quoi aspire Avigail… Mais parfois le regard des autres nous renvoie à une autre réalité : on ne naît pas femme, on le devient… Si la première scène démarre avec des larmes, elle n’est en rien larmoyante. Car les pleurs d’Avigail vont couler comme autant de prises de conscience bénéfiques. D’ailleurs sur quoi s’apitoie-telle ? Sur cet embryon qui ne naîtra pas ou sur cette sensation de se sentir défectueuse, pas à la hauteur de la tâche à accomplir ? Les gestes protecteurs de son mari Rashi, qui contrastent tant avec ses mots lui intimant de se ressaisir, n’ont en définitive rien de rassurant.

Ils ne lui laissent pas le loisir de souffler, de penser, de faire un deuil. Il n’y aura nul répit pour son corps qui se doit d’enfanter coûte que coûte. Tout se négocie entre hommes, entre un obstétricien qui égraine des constats cliniques dénués de compassion et un mari déçu, comme si Avigail n’était pas là devant eux et n’avait pas voix au chapitre. D’ailleurs, la rare question qu’elle trouvera la force de poser, douce mais audible, restera ignorée, avec cette façon infantilisante qu’ont les adultes de feindre de ne pas entendre un caprice. Peut-être est-ce là la pire violence : se sentir soudain transparente. À cet instant-là, on en oublierait presque qu’Avigail est infirmière, une de celles qui pansent le monde, affrontent quotidiennement les pires détresses, les pires souffrances, changent les couches des vieillards à l’abandon… Elle aussi mériterait bien qu’on la dorlote à son tour au lieu d’avoir encore à faire la popote après une journée de travail harassante… Mais de retour au bercail, c’est un nouveau champ de bataille qui l’attend. Non seulement il lui faut tenir son ménage, mais elle doit jouer les médiatrices entre sa fille de plus en plus excédée, malheureuse, et un Rashi moins à l’écoute que jamais, de plus en plus coincé dans un rôle empesé, taillé dans l’étoffe d’un patriarcat étouffant.



C’est au moment même où son époux se montre de moins en moins flexible qu’Avigail, qu’on croit anesthésiée et docile, va opérer un pas de côté salutaire. Il suffira d’une jolie rencontre avec un groupe de femmes, qu’ensemble elles s’octroient le temps de se ressourcer, de prendre soin d’elles, de se cajoler mutuellement, de pouffer de rire, de s’écouter… de tout simplement respirer. Quelques instants simples, tactiles, où puiser une forme de résilience, pour rompre enfin avec la soumission devenue atavique à force de se reproduire de générations en générations…
Beloved, avec ses passages tout en rondeurs féminines, apporte un contre-point à un univers masculin anguleux, taillé dans le roc : clichés dont nul ne ressortira gagnant. Si Avigail essaie de s’émanciper de sa condition de victime, Rashi deviendra une victime impardonnable. Et les constats terribles en filigrane, que débite la voix d’un présentateur radio, éclairent encore différemment le propos. La misère émotionnelle, semble creuser un sillage pour une forme de prédation sexuelle inavouable, exponentielle en Israël… Bien aigre semble alors le lot des enfants de la Terre Promise…