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Le blog des profondeurs...
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Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

BENNI

Écrit et réalisé par Nora FINGSCHEIDT - Allemagne 2019 2h01 VOSTF - avec Helena Zengel, Albrecht Schuch, Gabriela Maria Schmeide, Lisa Hagmeister...

Du 01/07/20 au 04/08/20

BENNILa découverte de ce film fut un choc, un coup de cœur absolu. Un film phare, tendu, sur le fil, comme ne tient qu’à un fil la vie de sa petite héroïne, funambule en perpétuel mouvement pour ne pas perdre l’équilibre, pour ne pas tomber. On se souviendra longtemps de Benni, impossible même de l’oublier. Le public allemand ne s’y est pas trompé : 600000 spectateurs pour ce premier long-métrage magistral dont la réalisatrice a fini le montage sur un coin de table chez sa grand-mère. Un manque de moyens qui ne transparaît jamais à l’écran, qu’on peine à imaginer tant la texture de l’image est lumineuse, tant le récit est travaillé, son rythme ciselé, son ton criant de vérité. Tout est beau et palpitant dans Benni. On peut toujours essayer d’anticiper, de se préparer… on ne fait pas le poids face à ce scénario implacable et on sera cueilli là où l’on ne s’y attend pas. De bruit et de fureur, cette œuvre investie par la grâce marque l’avènement d’une grande cinéaste, en même temps que celui d’une actrice époustouflante, magique, d’à peine dix ans !



Il n’y a pas plus blonde, plus gracile que Benni, une véritable bouille d’ange au teint diaphane. Mais quand passent les anges, les démons sont rarement loin… Benni porte en elle le pire qui la rend exaspérante, inquiétante, comme le meilleur qui la rend plus qu’attendrissante. Pourtant, on a tôt fait d’oublier, quand elle se déchaîne, soudain sauvage, tornade insatiable balayant tout sur son passage, qu’elle n’est qu’une enfant vulnérable, une petite gosse fluette, dont la peau douce masque des meurtrissures invisibles. Mais Benni, combative, en rit déjà, à gorge déployée, de cela, elle ne se prive pas : se moquer, taquiner, chahuter, chanter à tue-tête, se trémousser sur des airs endiablés… Pitre à ses heures pour les autres ou à leurs dépends… C’est là que reviennent toujours les problèmes, comme une boucle infernale, car la fillette ne sait pas doser ses effets, c’est le moins qu’on puisse dire. Quand elle dérape, sa vie redevient comme une fuite en avant, une course à bout de souffle, éreintante pour qui essaie de la suivre. Et ils sont une flopée ! Entre Madame Banafé, l’assistante sociale généreuse comme du bon pain qui désespère de voir sa protégée sortir de l’ornière, les différents éducateurs qu’elle use et qui ne parviennent plus à endiguer ses crises, les médecins qui tentent de la calmer avec une batterie de pilules, bien difficiles à avaler. Et puis, par dessus tout, il y a cette mère aimante mais qui ne sait pas s’y prendre. Une relation essentielle, devenue plus destructrice que bénéfique à force de valses hésitations permanentes.

Mais pour Benni, c’est la rencontre avec Micha, son nouvel auxiliaire de vie scolaire, qui va apporter une grande bouffée d’oxygène. Sous les provocations habituelles de la gamine, on percevra les germes d’une belle complicité prête à naître, la naissance d’une espérance. Sans doute parce qu’elle percevra d’emblée que Micha lui aussi trimbale ses écorchures intérieures et qu’il comprend d’autant mieux les siennes… Chaque scène, chaque image témoigne de ce que le moindre détail de cette fiction a été méticuleusement travaillé, renseigné, observé. Benni y gagne un réalisme et une efficacité poignants qui font la part belle à l’humanité, ne jugeant jamais, condamnant encore moins. Ici chacun fait comme il peut, compose avec ce qu’il est, ses émotions, ses manques, ses angoisses. Oscillant entre révolte, larmes, éclats de rire et tendresse, ce film sans concessions, cette ode à l’amour inaccessible est plus que salutaire. Il donne à penser, il interroge, donne envie de briser la glace, à notre tour.