LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

CHAINED + BELOVED

Également au programme - BELOVED

CHAINED

Écrit et réalisé par Yaron SHANI - Israel 2019 1h52 VOSTF - avec Eran Naim, Stav Almagor, Stav Patai...

Du 08/07/20 au 04/08/20

CHAINEDTrop de rôles pour un seul homme ? Être bon flic, bon mari, bon beau-père, bon mâle reproducteur… : voilà ce à quoi aspire Rashi… Mais parfois le regard des autres nous renvoie à une autre réalité : on ne naît pas homme, on le devient…
Première scène choc, dérangeante, plus par sa véracité que par son originalité. On frappe à la porte d’un appartement cosy mais sans charme. Des coups insistants, impérieux, sévères tout comme les regards de ces deux flics qui opèrent une semi-perquisition improvisée. Ils ne ménageront pas celui qui se proclame ancien combattant de l’armée, feront fi pour une fois de toute forme de solidarité masculine, de caste virile… et pour cause ! Nous voilà rentrés dans la banalité du mal ordinaire, le pain quotidien de Rashi qu’il n’en finit plus d’imaginer partout : maltraitances, petits deals minables… En policier et patriote consciencieux qui prend à cœur son boulot, il navigue à vue, sous pression constante, souvent à la limite de déraper. Mais dans son univers masculin, ce serait faiblesse de l’admettre, les sentiments ne se conjuguent qu’au féminin. Autant dire que lorsqu’il rentre exténué au bercail, dans son propre appartement cosy et sans charme, la psychologie de Yasmin, l’adolescente qui vit sous son toit, la fille de sa femme Abigail, lui échappe dramatiquement. D’ailleurs que comprend-il également de sa jeune épouse aux longs cheveux bruns, jamais libérés ?



Les caresses gauches qu’il lui destine paraissent comme autant de gestes de possession. Sans qu’il y ait besoin de le formuler, on ressent dans nos chairs que les protagonistes sont tributaires de rôles qui les dépassent, pris dans une nasse d’injonctions paradoxales. Ils aiment l’idée de l’amour, l’idée d’une forme d’émancipation moderne, mais toujours le devoir reprend le dessus, tuant dans l’œuf toute forme de véritable individualité. À ce jeu-là, nul ne connaît à côté de qui il chemine. Rashi n’étant pas plus armé pour comprendre les ressentis des autres que pour exprimer les siens, il parait condamné à passer à côté de l’essentiel, s’enferrant dans des schémas qui lui procurent bonne conscience. Un archétype d’homme, peu habitué dans le fond à ne pas être l’unique centre du motif, dressé à tout contrôler, à ne pas accorder sa confiance et qui ne saura pas faire face à l’incommunicabilité qui progressivement s’immiscera dans sa maisonnée, l’isolera. Bientôt les moments de tendresse, inféodés à l’obligation de procréer, de reproduire sa lignée, ne suffiront plus à atténuer l’ambiance pesante, presque suffocante qui suinte de ce quotidien raté.

Contrairement à ses protagonistes, Chained n’est nullement enchaîné aux codes traditionnels. Il oscille perpétuellement entre fiction et réalité jusqu’à ce que nos certitudes vacillent et que s’opère une forme de fascination hypnotique, troublante, nourrie par la personnalité des acteurs qui se dévoilent à l’état brut, plus justes que nature. De cette étrange façon de filmer ressort une véracité grinçante et crue qui nous fait nous sentir un brin voyeurs, alors même que les détails trop intimes nous apparaissent floutés. Comme si le tact pris pour respecter la pudeur des corps ne faisait qu’exaspérer l’indécence des âmes.