AVIGNON

LES HORAIRES (format PDF)

LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance de midi : 4,50€
Moins de 14 ans : 4,50€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Pendant ce temps-là, sur la planète cinéma...
ON NAGE EN PLEIN PSYCHODRAME. Le Miracle Tenet n’a pas eu lieu. En effet, s’il a enregistré de fort belles entrées pour un blockbuster intello et déroutant, le film n’a pas pu – ou pas su – sauver à lui tout seul un système au bord du gouffre. No time to die et surtout pas du Coronavirus.L...

Gazette post-covid no3
Donc on récapitule : à Avignon, à ce jour en zone rouge, on maintient toujours un fauteuil de libre de chaque côté d’une personne ou d’un groupe et le port du masque est obligatoire au cinéma même pendant les séances. À ce propos nous voudrions rassurer le monsieur de l’autre jour, récalcitrant...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y a un décalage entre chaque séance pour que vous vous croisiez le moins possible.•.• Le port du masque est obligatoire dans tout le cinéma et également pendant la séance..• L’équipe est masquée (mais tout à fait reconnaissable).• L’heure c’est l’heure et VRAIMENT l’heure : aucun retard ne...

Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par Ulule et Lilo !
Après tant de rencontres animées dans nos salles sur l’écologie, on s’est dit qu’il était temps de passer à l’action et d’impulser une véri-table nouvelle génération de ciné-mas respectueux de l’environnement ! ... Lire Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par...

CHONGQING BLUES

Écrit et réalisé par WANG Xiaoshuai - Chine 2010 1h55 VOSTF - avec Wang Xueqi, Fan Bingbing, Qin Hao, Wang Ziyili Feier...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CHONGQING BLUESUn opus inédit du réalisateur chinois Wang Xiaoshuai, réalisateur des pépites Beijing Bicycle et So long my son, qui nous arrive dix ans après sa présentation cannoise en 2010. Projeté en compétition, il avait reçu un accueil chaleureux, avant de disparaître inexplicablement des radars…

Chongqing blues raconte, sous la forme d’une « enquête », l’histoire d’une fêlure, celle vécue par un marin qui a laissé derrière lui femme et enfant, avant d’apprendre la mort de celui-ci. C’est en parallèle l’immersion dans l’une des villes principales de l’intérieur de la Chine, point de départ pour la visite des trois gorges. À Chongqing, « Capitale du brouillard » de la province du Sichuan, il est rare de voir le soleil. On entre dans la ville et dans le film par un téléphérique urbain, pour traverser le fleuve et s’immerger au milieu des imposantes tours d’affaires et des HLM anonymes. Le centre-ville tentaculaire laisse peu à peu place à la vie de tous les jours, les rues qui grouillent de monde, pour se focaliser sur les personnages s’activant sous un ciel plombant, teinté d’une nappe bleue mélancolique.
Lin a été beaucoup absent, il travaillait sur le fleuve et voguait souvent longtemps loin de la maisonnée. Il a quitté depuis belle lurette la grande ville pour créer un nouveau foyer ailleurs, en bord de mer, sans plus donner de nouvelles. C’était il y a 15 ans. Mais à Chongqing, son fils, le jeune Lin Bo, est mort, abattu par la police. Et le père veut comprendre. Il a peu de souvenirs, pas de photos : seulement la vidéo d’une caméra de surveillance et des coupures de journaux pour reconstituer l’histoire d’un fait divers qui a mal tourné, dénouer les fils des événements et tenter de « reconstituer » son fils pour le retrouver. Fausse enquête, mais vraie quête, Lin le père nous embarque dans un mouvement permanent. Déambulations sac à dos sur l’épaule, changements de lieux, de personnages, ici un commissariat, là un atelier de couture, un parc… L’homme, qu’aucun refus ne semble rebuter, demande, redemande, acharné, revient sans cesse à la charge auprès de la mère ou de ceux qui se taisent. « Si je pars sans rien savoir, je ne pourrai plus me supporter », lance Lin à son ex-épouse. Le rythme et l’énergie bouillonnante de cette femme pleine de colère tranchent face au calme et à la détermination du père. Plusieurs scènes usent de ce paradoxe : le calme apparent et le débordement d’émotions.



Successivement, Lin va recueillir les témoignages de l’entourage de son fils : l’ex-petite amie, la mère, le meilleur ami, le compagnon de travail, le docteur-otage, chacun l’a connu et côtoyé à sa manière et raconte son histoire. Les vivants évoquent le mort, construisent comme un patchwork où les événements se recoupent mais où toutes les interprétations sont possibles. On s’imprègne du fils à travers la quête de son père. On se faufile dans l’histoire d’une vie à travers les autres. Lin, le cœur ouvert, reçoit, engrange et encaisse : il ne fera pas l’économie de ce qu’il découvre à la fois sur son fils et sur lui-même.

On ne lâche pas d’une semelle le personnage principal, dans sa course aussi calme que furieusement déterminée. Le titre de ce beau film n’est pour sûr pas anodin : le blues, c’est celui du brouillard, du manque d’air et de couleurs, mais c’est aussi celui qui règne sur l’âme du père. Le titre original chinois, Rizhao Chongqing, évoque la ville de Rizhao, où se rendent finalement les jeunes et où habite désormais le père. « Rizhao » signifie aussi « ensoleillement ». C’est ce petit rayon de soleil sur Chongqing, avec l’image du père qui, apprivoisant progressivement sa vie, son passé et son fils, fait entrer un peu de soleil dans le brouillard.