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Le blog des profondeurs...
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Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

CINÉMASQUÉ ! Gazette post-covid n°2
Madame, votre masque s’il vous plaît ! « Pourquoi voulez-vous que je porte un masque, ça ne sert à rien et en plus c’est une atteinte à la liberté individuelle ! » Début juillet à notre réouverture, que répondre à cette dame ? Dans tous les débats complotistes, conspirationn...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y aura un décalage important entre chaque séance et chacune des salles pour que vous vous croisiez le moins possible.• Le port du masque est obligatoire pour le public dans le hall d’accueil du cinéma, les zones de circulation et vivement conseillé pendant la séance. • L’équipe sera masquée (ma...

APPEL A MUSIQUE !
APPEL A CHANSONS !   Appel aux groupes professionnels ou amateurs d’Avignon et alentours, pour égayer l’attente de nos spectateurs dans nos salles ! En cette période trouble où les concerts sont dentées rares, et que les programmations de nos amis de l’...

L’avenir se prépare à Rosmerta
L’avenir se prépare à Rosmerta, avec une réflexion sur la gouvernance de l’association. Rosmerta se dote de nouveaux organes de décisions, afin de continuer l’action qui se tient depuis maintenant presque deux ans au 7 bis rue Pasteur. Ainsi, des nouveaux statuts et un nouveau mode de...

HOTEL BY THE RIVER

Écrit et réalisé par HONG Sang-soo - Corée du Sud 2018 1h36 VOSTF - avec Ki Joon-bong, Kim Min-hee, Song Seon-mi, Kwon Hae-hyo...

Du 05/08/20 au 18/08/20

HOTEL BY THE RIVERIl faut croire que Hong Sang-soo filme comme il respire, à voir la rapidité de son rendement – un film par an, quand ce n’est pas deux. Celui-ci se distingue assez des autres, ne serait-ce qu’à travers son personnage central, un poète sexagénaire qui, se voyant mourir, a convié ses deux fils à venir le retrouver dans l’hôtel où il séjourne, au bord d’une rivière. La vue, dégagée, montre une montagne au loin. Le paysage est immaculé, la neige scintillante donnant un éclat inédit au noir et blanc de ce récit, tout près du conte. Lorsqu’ils arrivent, les deux fils attendent pas mal de temps leur père, en se taquinant l’un l’autre, non sans mordant. L’aîné, plus expansif, est narquois ; le cadet contre-attaque volontiers, mais on le sent plus timide – il se définit lui-même, tiens tiens, comme « un cinéaste qui n’est ni grand public ni auteur, mais qui fait ce qu’il peut ».

Au même moment, deux jeunes femmes amies se retrouvent à l’hôtel. L’une a un chagrin d’amour, l’autre tente de la consoler. Elles se baladent dans le coin et croisent le poète, aussitôt saisi par leur beauté. Il les aborde pour leur dire en quelques mots combien leur présence est une sorte de bénédiction. On imagine le début d’une histoire d’amour.
Fausse piste. Il va de fait moins s’agir d’amour que de possibles morts ou renaissance, réconciliation avec la vie, retrouvailles avec des proches. Sur un ton badin, mais où pointent des notes de gravité et même un drame, le cinéaste coréen offre un brillant jeu de reflets et de correspondances, à partir d’un chassé-croisé aussi minimaliste que fluide. Allant et venant entre l’hôtel et ses alentours, les protagonistes, d’égale importance, se cherchent, se manquent, se trouvent, pour se dire des vérités, plus ou moins aimables.

Le film est imprévisible, surprenant par ses chemins empruntés, ses changements de registre et sa douce indistinction entre veille et sommeil. Car, plus d’une fois, les personnages font des siestes ou s’assoupissent malgré eux. On en vient à s’interroger sur le degré de réalité de ce qui est à l’écran. Oscillant entre visions éclatantes, pressentiments, évocations du passé et rêves prémonitoires, Hotel by the river est un diamant, dont la lumière est proportionnelle à la noirceur.

(J. Morice, Télérama)