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Le blog des profondeurs...
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Gazette post-covid no3
Donc on récapitule : à Avignon, à ce jour en zone rouge, on maintient toujours un fauteuil de libre de chaque côté d’une personne ou d’un groupe et le port du masque est obligatoire au cinéma même pendant les séances. À ce propos nous voudrions rassurer le monsieur de l’autre jour, récalcitrant...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y a un décalage entre chaque séance pour que vous vous croisiez le moins possible.•.• Le port du masque est obligatoire dans tout le cinéma et également pendant la séance..• L’équipe est masquée (mais tout à fait reconnaissable).• L’heure c’est l’heure et VRAIMENT l’heure : aucun retard ne...

Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par Ulule et Lilo !
Après tant de rencontres animées dans nos salles sur l’écologie, on s’est dit qu’il était temps de passer à l’action et d’impulser une véri-table nouvelle génération de ciné-mas respectueux de l’environnement ! ... Lire Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par...

L’association 100 pour 1
L’association 100 pour 1 choisit de faire vivre la soli-darité en privilégiant l’action concrète depuis 2016. Grâce à ses adhérents qui s’engagent à verser au minimum 5€ par mois pendant 2 ans, elle procure gratuitement un logement à des familles migrantes sans papiers et les accompagne dans la rech...

Le Collectif 23h59 communique :
Comme annoncé en des temps très anciens datant d’avant le fameux Monde d’après, dans une précédente gazette, le Collectif 23h59 avait décidé de se muter en association pour poursuivre son action dans la continuité de sa propre histoire qui avait jadis duré plusieurs mois. Ces temps de guerre travers...

Nous discuterons avec des membres de l’association Miradas Hispanas à l’issue de la projection du jeudi 27 août à 20h30.

MANO DE OBRA

Écrit et réalisé par David ZONANA - Mexique 2020 1h23 VOSTF - avec Luis Alberti, Hugo Mendoza, Jonathan Sánchez, Horacio Celestino...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MANO DE OBRAVoici un premier long métrage qui trompe son monde, qui surprend ses spectateurs, et on ne peut que s’en réjouir. S’il débute comme un film social aux codes classiques, il va rapidement bifurquer vers des voies plus sombres, plus malaisantes. Le tout forme une sorte de fable contemporaine à la morale acide, qui ne laisse pas la place à la rédemption.
C’est un chantier parmi tant d’autres. L’un de ceux certainement pas très règlementaires, où le patron ne prend pas la peine d’investir pour la protection des travailleurs (les a-t-il seulement déclarés ?). Pourquoi s’embarrasser avec des complications et des dépenses inutiles ? Les misérables se ramassent à la pelle, une main d’œuvre (la traduction du titre) tellement bon marché que le calcul est vite fait : à quoi bon assurer les travaux, mettre des filets de sécurité, des barrières, leur fournir des casques, des tenues adaptées ? Sitôt qu’un ouvrier est blessé, il sera remplacé pour quelques pesos.
Ce jour-là, ils sont une bonne dizaine à bosser consciencieusement dans tous les recoins d’une prétentieuse maison bourgeoise que nul d’entre eux évidemment n’aura jamais les moyens d’acheter. Mais sans doute n’y pensent-ils même pas. On plâtre, on gâche, on perce, on peint… Avec en bruit de fond le son nasillard d’un transistor qui massacre une chanson romantique racontant combien la vie est précieuse… Tout est tranquille et on n’y croit à peine quand on voit une masse tomber depuis le toit dans la cour intérieure, presque sans bruit, sans faire de vague.
« Claudio, le frère de Francisco, a eu un accident ! » crie l’un, « Appelez une ambulance ! » supplie un autre… Tous restent interdits devant le jeune corps qui ne bouge plus et ne bougera plus jamais.
La mise en scène ne s’attarde pas sur l’enterrement, comme pour souligner qu’on n’accorde même pas à Francisco le temps du deuil. Il est déjà sur le chantier. Il continue sa tâche, avec ses comparses, sans broncher, le regard perdu dans le vague. Quelques rares mots de réconfort sont prononcés. Pâle consolation qui n’aidera pas Lupe, la veuve de Claudio, enceinte jusqu’aux yeux, à survivre. À l’heure de la paie, pas folichonne, Francisco s’enhardit : quand arriveront les indemnités pour sa belle sœur ? On découvrira alors ce qu’un patronat sans vergogne, ni remord, est prêt à raconter pour ne pas voir sa responsabilité engagée, ouvrir les cordons de sa bourse. Nul ne bronche, nul ne proteste, comme si chacun était condamné à subir dans son coin. Les jeux sont perdus d’avance.



Chacun rentre alors dans sa tanière, dans sa piaule minimaliste aux allures de bidonville. Il pleut dans celle de Francisco, prédestiné à patauger dans son maigre réduit comme il patauge dans la vie.
De guerre lasse, à force de taper à des portes qui ne s’ouvrent jamais tout à fait, à force de parcourir les bureaux à travers lesquels on trimbale les pauvres ères pour éviter de les aider à résoudre leurs problèmes, Francisco renoncera à obtenir justice et réparation pour la mort de son frère. Et de fil en aiguille, puisqu’il n’a plus rien à perdre, lui viendra une drôle d’idée dangereuse dans laquelle il va entraîner bien du monde…

Au fur et à mesure que l’intrigue évolue, notre héros devient méconnaissable. Et la morale de l’histoire pourrait bien devenir : « Prenez un honnête homme, marquez-le d’injustice, détruisez en lui tout espoir, vous en ferez un Ténardier à l’image de ses bourreaux. »

Miradas Hispanas vous propose un autre regard sur les cinémas du monde hispanique en collaboration, entre autres, avec des festivals de cinéma espagnol et latino-américains. Soirées thématiques, conférences et expositions en prolongement des projections : miradashispanas.free.fr • À noter le mercredi 9 septembre, projection suivie d’une discussion de EMA de Pablo Larrain