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Le blog des profondeurs...
(de champ)

Pendant ce temps-là, sur la planète cinéma...
ON NAGE EN PLEIN PSYCHODRAME. Le Miracle Tenet n’a pas eu lieu. En effet, s’il a enregistré de fort belles entrées pour un blockbuster intello et déroutant, le film n’a pas pu – ou pas su – sauver à lui tout seul un système au bord du gouffre. No time to die et surtout pas du Coronavirus.L...

Gazette post-covid no3
Donc on récapitule : à Avignon, à ce jour en zone rouge, on maintient toujours un fauteuil de libre de chaque côté d’une personne ou d’un groupe et le port du masque est obligatoire au cinéma même pendant les séances. À ce propos nous voudrions rassurer le monsieur de l’autre jour, récalcitrant...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y a un décalage entre chaque séance pour que vous vous croisiez le moins possible.•.• Le port du masque est obligatoire dans tout le cinéma et également pendant la séance..• L’équipe est masquée (mais tout à fait reconnaissable).• L’heure c’est l’heure et VRAIMENT l’heure : aucun retard ne...

Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par Ulule et Lilo !
Après tant de rencontres animées dans nos salles sur l’écologie, on s’est dit qu’il était temps de passer à l’action et d’impulser une véri-table nouvelle génération de ciné-mas respectueux de l’environnement ! ... Lire Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par...

LE SEL DES LARMES

Philippe GARREL - France 2020 1h40 - avec Logann Antuofermo, Oulaya Amara, André Wilms, Louise Chevillotte... Scénario de Jean-Claude Carrière, Arlette Langmann et Philippe Garrel.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE SEL DES LARMESLes films de Philippe Garrel ont une texture qui n’appartient qu’à eux. Cela tient d’abord à l’attachement de longue date du cinéaste à la pellicule noir et blanc, somptueux écrin qui inscrit ses films dans un drôle d’espace-temps, suspendu entre les ombres d’hier et les lumières d’aujourd’hui, et qui, en ces temps où le cinéma a achevé sa mue numérique, fait figure de résistance. Texture faite aussi de visages toujours nouveaux, de présences frémissantes, celles de jeunes acteurs que ses films révèlent, une jeunesse qui est restée la grande affaire du réalisateur depuis ses débuts (Marie pour mémoire, 1967, plus de 50 ans !)…



Le Sel des larmes, son vingt-huitième long-métrage, pourrait être le nom de cette texture, marquée d’une consistance et d’un goût particuliers. Cet appel à la matière n’est pas un hasard pour un film dont le protagoniste est un artisan. Sans doute faut-il voir là une sorte de profession de foi de la part de Garrel, qui conçoit le cinéma avant tout comme un artisanat, un travail manuel.
Apprenti ébéniste, Luc marche dans les pas de son vieux père menuisier qui l’a élevé comme la prunelle de ses yeux. Joli cœur inconstant, le jeune homme fait coup sur coup le malheur de deux femmes rencontrées en deux endroits différents : Djemila, lors d’un passage éclair à Paris pour présenter le concours de l’École Boulle, et Geneviève, amie d’enfance retrouvée dans sa province natale. Par lâcheté, par facilité aussi, il laissera l’une et l’autre sur le carreau. Une déconvenue l’attend toutefois à Paris, où il revient étudier, qui lui apprendra la douleur d’aimer…

En dressant le portrait d’un enjôleur que sa bonne fortune amoureuse prédispose à la goujaterie, Le Sel des larmes propose une petite équation morale dont le jugement reste suspendu, mais où ce sont les aléas de la vie qui renferment les motifs d’une leçon ou les stigmates d’un apprentissage. Face aux errements d’une masculinité puérile et inconséquente, le film oppose un triptyque féminin de personnages accessibles à la souffrance, comme Luc finira par l’être à son tour.
Certaines des plus belles scènes du film concernent toutefois la relation en miroir entre Luc et son père, vieil homme affable interprété avec une tendresse bouleversante par André Wilms. L’intensité du lien filial est, en quelque sorte, l’envers de la désinvolture dont Luc fait montre envers les femmes ; c’est d’ailleurs la distance prise avec le père qui lui permettra d’aimer pour de bon, c’est-à-dire de se rendre enfin vulnérable.

(M. Macheret, Le Monde)