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Le blog des profondeurs...
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Pendant ce temps-là, sur la planète cinéma...
ON NAGE EN PLEIN PSYCHODRAME. Le Miracle Tenet n’a pas eu lieu. En effet, s’il a enregistré de fort belles entrées pour un blockbuster intello et déroutant, le film n’a pas pu – ou pas su – sauver à lui tout seul un système au bord du gouffre. No time to die et surtout pas du Coronavirus.L...

Gazette post-covid no3
Donc on récapitule : à Avignon, à ce jour en zone rouge, on maintient toujours un fauteuil de libre de chaque côté d’une personne ou d’un groupe et le port du masque est obligatoire au cinéma même pendant les séances. À ce propos nous voudrions rassurer le monsieur de l’autre jour, récalcitrant...

« ciné-déconfiné » Ce qui a changé et ce qu’il faut respecter
• Il y a un décalage entre chaque séance pour que vous vous croisiez le moins possible.•.• Le port du masque est obligatoire dans tout le cinéma et également pendant la séance..• L’équipe est masquée (mais tout à fait reconnaissable).• L’heure c’est l’heure et VRAIMENT l’heure : aucun retard ne...

Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par Ulule et Lilo !
Après tant de rencontres animées dans nos salles sur l’écologie, on s’est dit qu’il était temps de passer à l’action et d’impulser une véri-table nouvelle génération de ciné-mas respectueux de l’environnement ! ... Lire Utopia est dans le Canard Enchaîné ! Notre futur Utopia écolo retenu par...

L’association 100 pour 1
L’association 100 pour 1 choisit de faire vivre la soli-darité en privilégiant l’action concrète depuis 2016. Grâce à ses adhérents qui s’engagent à verser au minimum 5€ par mois pendant 2 ans, elle procure gratuitement un logement à des familles migrantes sans papiers et les accompagne dans la rech...

FAMILY ROMANCE, LLC

Écrit et réalisé par Werner HERZOG - Japon/USA 2020 1h29 VOSTF - avec Ishii Yuichi, Mahiro Tanimoto...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

FAMILY ROMANCE, LLCQuelque part à Tokyo… sous les cerisiers en fleurs d’un rose enjôleur, une jeune fille de douze ans, Mahiro, a rendez-vous avec son passé : un père fantasmé qu’elle n’a plus revu depuis sa tendre enfance. Un rêve soudain exaucé qui semble presque trop beau pour être vrai.
Comme ni le titre, ni le nom du prolifique cinéaste (majeur !) allemand ne l’annoncent, autant le faire tout de suite. Cette « Romance familiale » surprenante est intégralement tournée en japonais, une langue que Werner Herzog ne maîtrise pas, mais dont il parvient à capter le ton juste. Sacré Herzog ! Qui aura décidément passé sa carrière à être là où on ne l’attend pas. D’Aguirre la colère de Dieu à Grizzly man, en passant par Le pays où rêvent les fourmis vertes, pour atterrir dans La Grotte des rêves perdus… il est impossible d’emprisonner le cinéaste dans une case étriquée. C’est là un de ses talents les plus remarquables : toujours savoir nous surprendre et, à 77 ans passés, continuer d’innover et de nous désarçonner. Magnifiquement filmé, tantôt à hauteur d’humanité, tantôt la surplombant, Family romance fait souvent oublier qu’il est une fiction. Le film est empreint d’une telle part de réalité qu’on se retrouve immédiatement troublés, délicieusement perdus comme ses protagonistes, entre chimère et pragmatisme, entre naturalisme et artificialité, entre ce qu’on aimerait croire vrai, ce qui doit l’être… Nos constructions et fantasmes propres viennent s’imbriquer à ceux des personnages. Il ne reste plus qu’à ouvrir son esprit, s’enhardir à suivre les indices oniriques qui tracent un pont entre le visible et l’invisible avec une véritable délicatesse poétique. Les pistes sont d’autant brouillées que l’acteur principal, Yuichi Ishii, joue son propre rôle, inspiré de sa vie et d’un phénomène de plus en plus répandu au Japon. On n’en dira pas plus sur le sujet, histoire de ne pas le déflorer.



En attendant, l’aventure débute avec la jeune Mahiro qui rôde autour d’un homme charismatique qu’elle a tout de suite repéré sur le pont populeux, leur point de rendez-vous… Un manège que Yuichi, l’homme en question, finira pas remarquer et qui le conduira à l’aborder : il est bien celui qu’elle espérait retrouver, son père. Le voilà qui doucement lui raconte sans tricher, sans faux semblants, sa part de vérité, le pourquoi du comment il est sorti de sa vie, sans jamais l’oublier, avec sobriété et sensibilité. Il se projette dans la tête de sa fille, imagine ses ressentis, les réactions de ses amis, questionne… Mahiro, lumineuse, tout en retenue, en essayant de ne pas sourciller, écoute, boit sans broncher les paroles sobres de ce père prodigue qui lui parait déjà ne plus être étranger. Il lui trouve des airs de ressemblance, la complimente, voit en elle ses qualités, les valorise, l’encourage. Elle se laisse troubler, il semble l’être tout autant. Tous deux s’apprivoisent. Progressivement elle laisse s’installer une belle connivence, une belle espérance dont chacun, chacune a besoin pour se faire une vie digne de ce nom. C’est le premier rendez-vous d’une longue série qui feront du bien à Mahiro, l’aideront à s’épanouir. Mais qui est réellement Yuichi ?

Le décor étant planté, laissons la magie du récit opérer. Il va s’émailler progressivement de scènes prises à la sauvette, tournées en « mode guérilla » faute d’avoir réussi à obtenir certaines autorisations officielles, ce qui confère au film un côté « pris sur le vif » assez saisissant. Plein d’humour, Family romance vient questionner non seulement le mode de vie nippon, mais interroge sur nos ultra-modernes solitudes.