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Le blog des profondeurs...
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La vie reprend, plus ou moins, et pas partout…
Nous étions partis pour vous parler du Monde du cinéma, de la culture, de nos affres et de nos états d’âme, et puis les bombes et roquettes filant au-dessus du mur ont télescopé nos préoccupations (que nous trouvions sincèrement importantes), mais cela nous a aussi ramené à tous ces conflits oubliés...

MIGRANTS OU HABITANTS, ET POURQUOI PAS LES 2 ! 123 SOLEIL
Depuis plus de 3 ans maintenant, l’association 123 Soleil réuni tous ceux qui, à Avignon, veulent rencontrer les jeunes de Rosmerta et d’ailleurs, par la pratique cinématographique. Cette initiative permet à ces voyageurs qui ont pris tous les risques pour arriver jusqu’à nous, de faire des connaiss...

Des nouvelles de Rosmerta
L’association occupe depuis fin 2018 une ancienne école à Avignon pour héberger des jeunes réfugiés. En 2019, suite à une plainte du diocèse d’Avignon, propriétaire des lieux, un jugement a reconnu l’état de nécessité ayant conduit à la réquisition des bâtiments. L’association a obtenu un délai de t...

Pendant ce temps-là, sur la planète cinéma...
ON NAGE EN PLEIN PSYCHODRAME. Le Miracle Tenet n’a pas eu lieu. En effet, s’il a enregistré de fort belles entrées pour un blockbuster intello et déroutant, le film n’a pas pu – ou pas su – sauver à lui tout seul un système au bord du gouffre. No time to die et surtout pas du Coronavirus.L...

LA NUÉE

Just PHILIPPOT - France 2020 1h41 - avec Suliane Brahim, Sofian Khammes, Marie Narbonne, Raphaël Romand... Scénario de Jérôme Genevray et Franck Victor. Interdit aux moins de 12 ans.

Du 16/06/21 au 29/06/21

LA NUÉEVeuve, mère de famille courage qui élève seule ses deux enfants, Virginie a abandonné l’élevage de biquettes qu’elle avait monté avec son compagnon pour se reconvertir… dans la sauterelle ! Un élevage d’avenir, elle en est sûre. D’abord, c’est tendance : les bestioles, une fois grillées et épicées, agrémentent les apéros branchés, en alternative originale au bon vieux combo chips-saucisson… Mais l’activité peut avoir des ramifications beaucoup plus lucratives. Élevées plus intensivement, les mêmes bestioles sont aussi la base d’une farine animale très protéinée dont raffolent les volailles d’élevage plus ou moins industriel.



Virginie se dépatouille comme elle peut, coachée en ligne par une internationale des éleveurs d’insectes très active. Mais, avec ses moyens artisanaux, elle produit peu. Beaucoup trop peu, au regard des attentes de ses clients. Il lui faut augmenter coûte que coûte sa production, pour vendre suffisamment et faire face aux échéances de ses créanciers – oui, dans la sauterelle, l’engrenage est le même que dans n’importe quelle autre filière agricole. Et pour elle, pas question d’espérer une quelconque solidarité paysanne  : pour les gens du village, elle est au mieux considérée comme une folle, au pire comme une espèce de sorcière – et suscite plus la méfiance et les quolibets que l’attention et l’entraide. Elle n’a guère comme allié qu’un jeune voisin vigneron, un beau gars timide, qui en pince pour elle et tente, discrètement, de l’aider. Surtout, Virginie a deux gamins qui sont sa raison de vivre, de faire face, bravement, à toutes les vicissitudes, et de s’accrocher à ses sauterelles. Même si, bien sûr elle a des phases de découragement… Un jour de désespoir, elle dévaste avec rage sa serre, tombe évanouie… et se réveille recouverte de sauterelles… et on ne vous raconte pas la suite.

Sur un canevas assez classique du cinéma fantastique, Just Philippot compose un film très naturaliste, une peinture attentive et très prenante des affres du monde paysan. Il prend le temps de décrire avec beaucoup de sensibilité les relation compliquées entre Virginie et sa fille, adolescente tour à tour aimante et revêche, qui souffre quotidiennement d’être «  la fille de la folle aux sauterelles  », et, comme toute gamine de la campagne, ne rêve que d’évasion, de grande ville et d’anonymat. Ce n’est qu’insensiblement que le film bascule dans un climat d’étrangeté retenue, dont on peine à discerner les contours tellement tout semble désespérément normal dans les situations – et dangereusement anormal dans le comportement de Virginie. Tout entière tendue vers un seul objectif, sauver son entreprise et sa famille, son parcours est une forte parabole du cauchemar destructeur de l’agriculture productiviste qui, en contraignant la nature, détruit aussi les humains.