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TOUT VA BIEN, TOUT VA MAL
Prix des places de cinéma : les salles abusent-elles sur les tarifs ?  Ainsi s’interrogent ces temps-ci la presse et les émissions spécialisées sur la culture, le cinéma, le panier des ménages… ce dernier serait lourdement touché par les politiques tarifaires extravagantes pratiquées ...

LEO (Liaison Est Ouest) : la lutte paie
Au cœur de l’été, l’état a fait paraître un arrêté retirant le projet de la LEO dans les conditions proposées, suite au recours contentieux déposé par ses opposants l’été précédent. Il reconnaît sans le dire les errements et aberrations d’un projet obsolète, vieux de 30 ans mais néanmoins bâclé, et ...

UN CINÉMA UTOPIA À TROYES DES NOUVELLES DU PETIT NOUVEAU
Citoyens inconnus ou reconnus, journalistes indépendants, petites mains de l’ombre… que serait-on sans vous ?Pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes entre deux festivals, deux confinements ou une déclaration de Poutine, rembobinons l’histoire…L’action débute en l’an 2019 après JC, toute l...

LA MÉNARDIÈRE Un habitat partagé à Bérat, entre Toulouse et l’Ariège
C’est un rêve, modeste et fou… Parvenus à l’âge où les clairons sonnent la retraite, une poignée de filles et de garçons se sont mis en tête d’inventer une alternative à ce que la société propose à ses vieux : ne pas vivre seuls, ne pas finir dans une de ces horribles institutions où il ne rest...

MILLA

(BABY TEETH) Shannon MURPHY - Australie 2020 1h58 VOSTF - avec Eliza Scanlen, Toby Wallace, Essie Davis, Ben Mendelsohn... Scénario de Rita Kalnejais, d’après sa pièce de théâtre.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MILLAMilla, qui portait encore son titre original de Babyteeth (dent de lait) fut un de nos gros coups de cœur du Festival de Venise l’an dernier. C’est un premier film parfaitement maîtrisé, virevoltant, remuant dans tous les sens du terme et auquel il est difficile de rester insensible, à moins d’avoir un raisin sec à la place du palpitant… C’est un hymne à l’amour, à la vie qui court à en perdre haleine, un voyage à bout de souffle.

« Niveau autorité parentale… on doit être les pires ! ». Si Anna Finley (bourgeoise sous hauts médocs) et son époux Henry (psychiatre évanescent) sont des parents dépassés par les événements, ils ne manquent pas pour autant d’humour. De prime abord, on ne donnerait pas cher de ce mariage de bras cassés maladroits et pourtant… Il y a de la tendresse sous leurs chamailleries, du désir, toujours… Le temps qui passe, et parfois meurtrit les plus belles idylles, semble avoir flétri leurs peaux plus que leurs sentiments. Que leur couple dysfonctionne, leur fille Milla (Eliza Scanlen, lumineuse, évidente) ne semble pas s’en émouvoir, bien décidée à mordre dans sa vie à pleins crocs… même si ces derniers sont plus fragiles qu’ils ne devraient. Au fil du récit, on comprendra l’étrange entrée en matière proposée par les premières images : gros plan sur une dent de bébé, de celles que certains géniteurs conservent jalousement dans un petit morceau de soierie, symbole de l’époque révolue où leur progéniture était une petite chose facile à protéger dans le creux d’une épaule. Lointaine semblait alors l’heure impitoyable qui verra l’oisillon s’éloigner du nid à tire-d’aile, sans pitié pour les tripes parentales nouées à l’idée de ne pas l’entendre rentrer un soir, redoutant le pire : une biture, une fumette, un polichinelle dans le tiroir… Mais fi de toute sensiblerie !



Le couple Finley a beau se morigéner, avoir fait jadis les quatre cents coups, ils n’échappent pas à la ridicule antienne ancestrale qui veut que les parents étouffent et conséquemment agacent leurs adolescents. Et Milla n’échappe pas non plus à l’immuable règle qui lui dicte de les envoyer paître et de suivre ses pulsions, non mais ! La gamine à l’apparence sage, à l’uniforme bien propret, va se laisser bousculer par le plus improbable des êtres, son antithèse, pas du tout le gendre idéal dont peut rêver une famille. Un mauvais garçon aux façons pas très catholiques, qui n’a peur de rien, et guère le sens des responsabilités ou de la légalité. Moses est un ténébreux à la gueule d’ange, un de ces écorchés vifs tatoués jusqu’au nombril, proches de la clochardise et de la délinquance. Un plafond de verre sépare bel et bien ces deux-là.

Mais n’imaginez pas que l’histoire sera banale, même si elle semble débuter comme un éternel conte de fée, la naissance d’un amour entre la belle et la bête, un énième remix de Roméo et Juliette. Ce joli film se joue de nos représentations, s’émancipe des clichés, joue au poker menteur, nous mène là où il veut. Subtil et puissant, il nous entraîne dans un voyage initiatique, une leçon de savoir vivre et de courage pleine de fraîcheur joyeuse. C’est avec regrets que l’on quittera ses protagonistes, chamboulés entre rires et larmes, étonnés que deux heures se soient si vite écoulées au rythme d’une bande son tout aussi éclectique que les goûts de Milla.