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Les festivals de Cannes et d’Avignon dialoguent le dimanche 18 juillet à 17h
En 1946 naissait le Festival de Cannes, en 1947 le Festival d’Avignon ; l’un et l’autre mettaient la culture au service de la réinvention de nos sociétés.En 2021, après un an d’hiver sans spectacle et sans cinéma, les deux festivals dialogueront. Avec les cinémas Utopia et Télérama, l’hebd...

Appel à soutien du Fenouil à Vapeur
Depuis 14 années le Fenouil à Vapeur s’agite pour faire frémir des tablées ripailleuses, du temps pour la rencontre, des croisées associatives, des solidarités paysannes, du soutien aux associations… Depuis 14 ans la précarité des locaux est la donne. Sommé de quitter une première adresse en 2...

La Terre s’efface sous nos pas et certains penseraient qu’il ferait meilleur vivre sur Mars
Le Collectif Sauvons Nos Terres 84, qui regroupe 23 associations et collectifs et qui s’investissent aux quatre coins du département du Vaucluse dans la défense des terres menacées d’accaparement, milite sans relâche pour la sauvegarde des espaces agricoles et naturels. Sachez que depuis 2001, ...

Rosmerta, tout le mois de juillet !
Depuis 2018, Rosmerta occupe le 7 rue Pasteur à Avignon. Actuellement nous accueillons des familles avec bébé et jeunes enfants et plus de 40 jeunes mineurs isolés. Nous répondons à des situations d’urgence sociale, du fait du non-respect des droits de l’Homme. Nos actions visent à mettre à l’abri d...

ONODA, 10 000 nuits dans la jungle

Arthur HARARI - France / Japon 2021 2h45 VOSTF - avec Yuya Endo, Kanji Tsuda, Yuya Matsuura, Shinsuke Kato... Scénario d’Arthur Harari et Vincent Poymiro. Festival de Cannes 2021 - Film d’ouverture section Un Certain Regard.

Du 21/07/21 au 03/08/21

ONODA, 10 000 nuits dans la jungleC’est un projet hors du commun que cet ambitieux film japonais mené par le réalisateur français Arthur Harari, remarqué pour son premier long métrage (déjà très maitrisé) Diamant noir. Pour son deuxième film, sur le papier déjà, quelque chose intrigue : une dimension homérique, une prise de risque délibérée, peu courante dans le cinéma français. Raconter l’incroyable histoire vraie d’Hiroo Onoda, soldat japonais resté en poste dans la jungle d’une île des Philippines trente ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, refusant de croire à la reddition de son pays. L’idée excite immédiatement nos imaginaires remplis de récits d’aventures, notre fascination pour les étrangetés de l’Histoire, pour les expériences extrêmes où l’humain fait preuve de ressources inimaginables pour se surpasser.
Arthur Harari embrasse avidement tout ce que ce fait réel transporte de fictions pour réussir un film d’une grande richesse, fouillant les nombreuses facettes de cette histoire avec un vaste appétit cinématographique. D’abord placé sous le registre du film de guerre, le film s’étoffe progressivement, passant par le survival ou l’étude anthropologique, pour finalement se placer dans la lignée des œuvres illustres sur l’homme et la nature (on pense notamment à John Boorman), avec une passion assumée pour le cinéma japonais (Kurosawa en tête). En trente ans, les histoires d’Hiroo Onoda auront été multiples, mais toutes convergent vers le point de mire de son voyage intérieur : la recherche de l’intégrité absolue, fut-ce au service d’une mission complètement délirante.


Fin 1944, Hiroo Onoda est envoyé à Lubang, une petite île au nord des Philippines. Comme attendu, le débarquement des Américains est écrasant et force les troupes japonaises à s’éparpiller dans les montagnes au cœur de l’île pour survivre. Onoda choisit quelques hommes solides et part établir un campement au milieu de la jungle. Rapidement, ils ne seront plus que trois à l’accompagner : Kozuka, le plus dévoué, Shimada, le père de famille, et Akatsu, le plus jeune. Au bout de quelques temps, Onoda leur dévoile les véritables raisons de sa présence. Refusé comme pilote parce qu’il avait le vertige, Onoda n’a pas pu effectuer de mission-suicide contre l’ennemi. En échange, il a intégré une unité d’élite entraînée pour mener la « guerre secrète ». Dans un très beau chapitre, l’instruction d’Onoda par le major Tanaguchi nous est contée : figure paternelle fascinante, Tanaguchi leur a enseigné l’esprit de leur nouvelle mission. Si le Japon est battu, ces guérilleros agiront dans l’ombre pour freiner l’avancée de l’ennemi par tous les moyens et se renseigner autant que possible en vue d’informer stratégiquement les renforts lorsqu’ils arriveront. Pour cela, trois règles : ne jamais se rendre, ne jamais mourir et n’obéir qu’à eux-mêmes. Dès lors, coupés de tout en pleine jungle, Onoda et ses trois partenaires entrent dans une mission qui ne prendra fin que 30 ans plus tard.

Le film rend parfaitement compte de la manière dont la culture japonaise, son sens de l’honneur et du devoir, ont pu rendre possible une telle aventure. Mais plus encore, Arthur Harari filme le siège d’Onoda et ses camarades comme un parcours jonché d’épreuves (la faim, la solitude, l’hostilité du milieu, etc.), une véritable Odyssée qui dépasse le seul conditionnement culturel : la force d’une autodiscipline implacable, l’amitié réelle au sein d’un groupe à la cohésion mainte fois malmenée, et, plus que tout peut-être, la capacité humaine à s’inventer des histoires pour se donner un but. Les brefs contacts avec les habitants de l’île et les tentatives de récupération organisées par le Japon n’y feront rien. Arthur Harari fait le portrait saisissant d’un héros plongé dans une guerre sans combat, condamné à une grandeur sans gloire.