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Les festivals de Cannes et d’Avignon dialoguent le dimanche 18 juillet à 17h
En 1946 naissait le Festival de Cannes, en 1947 le Festival d’Avignon ; l’un et l’autre mettaient la culture au service de la réinvention de nos sociétés.En 2021, après un an d’hiver sans spectacle et sans cinéma, les deux festivals dialogueront. Avec les cinémas Utopia et Télérama, l’hebd...

Appel à soutien du Fenouil à Vapeur
Depuis 14 années le Fenouil à Vapeur s’agite pour faire frémir des tablées ripailleuses, du temps pour la rencontre, des croisées associatives, des solidarités paysannes, du soutien aux associations… Depuis 14 ans la précarité des locaux est la donne. Sommé de quitter une première adresse en 2...

La Terre s’efface sous nos pas et certains penseraient qu’il ferait meilleur vivre sur Mars
Le Collectif Sauvons Nos Terres 84, qui regroupe 23 associations et collectifs et qui s’investissent aux quatre coins du département du Vaucluse dans la défense des terres menacées d’accaparement, milite sans relâche pour la sauvegarde des espaces agricoles et naturels. Sachez que depuis 2001, ...

Rosmerta, tout le mois de juillet !
Depuis 2018, Rosmerta occupe le 7 rue Pasteur à Avignon. Actuellement nous accueillons des familles avec bébé et jeunes enfants et plus de 40 jeunes mineurs isolés. Nous répondons à des situations d’urgence sociale, du fait du non-respect des droits de l’Homme. Nos actions visent à mettre à l’abri d...

LA SAVEUR DES COINGS

Écrit et réalisé par Kristina GROZEVA et Petar VALCHANOV - Bulgarie 2019 1h27 VOSTF - avec Ivan Barnev, Ivan Saniv, Hristofor Nedkov, Margita Goshevan...

Du 07/07/21 au 27/07/21

LA SAVEUR DES COINGSOn n’a pas oublié l’excellent Toni Erdmann (2016), de Maren Ade, portrait d’une cadre supérieure allemande exilée pour le business à Bucarest, qui voyait sa vie tourneboulée par l’irruption de son père fantasque et baba cool, tout l’opposé de sa fille brillante et efficace. La Saveur des coings pourrait être son pendant balkanique, tout aussi original et attachant. Quand Vassili, artiste septuagénaire réfugié dans un village loin de tout, a la douleur de perdre brutalement sa chère épouse Ivanka, il ne voit pas forcément d’un bon œil l’arrivée du fils prodigue, publicitaire à Sofia. Les retrouvailles sont donc compliquées, et ça ne s’arrange pas quand, à la grande stupéfaction de son fils, Vassili se persuade d’avoir reçu un message téléphonique post mortem de sa femme… Tout est en place pour que la situation vire à la chronique burlesque, entre bouffées délirantes du père, préparation obsessionnelle de gelée de coings – fruit national bulgare, avec lequel on confectionne douceurs sucrées et alcools forts – et poursuite improbable en charrettes !



Cette folie quasi-surréaliste rappelle avec bonheur un certain cinéma de l’Est, les films tchèques des années 60 ou le merveilleux film yougoslave Qui chante là-bas ?, tout récemment programmé chez nous. On aurait donc tort de ne voir dans La Saveur des coings qu’une foldinguerie balkanique dans la lignée des derniers Kusturica – qui, on peut bien le dire, a un peu trop tiré sur les ficelles du folklore agité du bocal. Car au-delà des situations absurdes, Kristina Grozeva et Petar Valchanov nous offrent le magnifique portrait d’un amour père-fils distendu et contrarié, qui se reconstruit peu à peu, chacun, lentement mais sûrement, faisant un bout du chemin vers l’autre.
Le père a vécu les dernières années dans la nostalgie illusoire d’un monde perdu (il fut apparemment une sorte de peintre officiel du régime communiste et sa femme était une actrice connue de séries télévisées à la gloire du patriotisme combattant (dont le veuf regarde en boucle les épisodes). Et il doit soudain faire face aux réalités. Le fils, lui, vit dans un monde superficiel de petits et gros mensonges autant personnels que professionnels qui l’entraînent dans des situations inextricables. Et il va lui falloir comprendre les priorités de l’existence.

La Saveur des coings s’avère ainsi une belle fable morale autant que politique. Tout comme dans Glory, leur film précédent sorti en 2016, portrait d’un cantonnier trop honnête pour une société qui ne l’était plus, les deux réalisateurs observent, avec une tendresse mêlée parfois d’acidité, la société bulgare partagée entre nostalgie d’une ère communiste prétendument bénie et protectrice, émergence de formes de mysticismes souvent pathétiques dans un pays où la religion n’a jamais cessé d’être omniprésente, et méfiance structurelle envers le système politique et son administration, que ce soit de la santé ou de la police, les pandores bulgares étant particulièrement gratinés. Dans une mise en scène habile qui sait capter aussi bien les moments intimes que les scènes de groupe parfois trépidantes, Kristina Grozeva et Petar Valchanov démontrent, s’il en était besoin, que les grands films sociaux se nourrissent des bouleversements de l’âme humaine et des histoires familiales.