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CHRISTO, MARCHER SUR L’EAU

Andreï M. PAOUNOV - Italie / USA 2019 1h40 VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CHRISTO, MARCHER SUR L’EAUC’est un fou, c’est un artiste, c’est une péninsule à lui tout seul ! Est-ce bien la peine de vous présenter Christo ? L’emballeur de ponts, le créateur de rideaux improbables, d’œuvres autant encensées que décriées, toujours phénoménales, se voulant plus grandes que nature en même temps qu’éphémères. Nous allons le suivre dans une de ses tribulations : celle des « Floating Piers », quelque part en Italie, sur le Lac d’Iseo. Dire que l’œuvre est écologique, avec ses centaines de blocs de polyéthylène de haute densité, ses 100 000 m2 de tissu… ce serait aller vite en besogne, mais à vrai dire, cette capacité à mettre en forme des rêves monumentaux, en total auto-financement, a quand même quelque chose qui force le respect.

Au commencement, il n’y avait que la simple beauté d’un paysage… Il y avait des îles, des bateaux qu’il fallait attendre pour s’y rendre et le désir de Christo de marcher sur l’eau et d’offrir ce fantasme à des milliers de visiteurs. Uniquement le désir de Christo ? Pas seulement… Tout le film est marqué, sans aucun pathos, par une absence en filigrane, celle d’une femme, la compagne de création de toujours : Jeanne-Claude Denat de Guillebon, disparue en 2009. Et dans le fond, quel plus bel hommage que de continuer à donner vie à leurs folies communes, de refuser qu’elles restent confinées sur un morceau sur papier ?

Au début du film, c’est dans la solitude de son atelier qu’on découvre notre homme, mais cela ne va pas durer. Vite on rencontre son équipe, patiemment et amoureusement en train d’écouter « le maître » puis d’essuyer ses tempêtes. On aura tôt fait de le comprendre : suivre le personnage n’est pas de tout repos ! Il faut savoir avaler quelques couleuvres et être doté d’un solide sens de l’humour et de l’auto-dérision. Pratiqué d’ailleurs par Christo lui-même qui se plait à proclamer, avant qu’on le lui demande, que ses projets ne servent strictement à rien ni à personne (sauf à lui-même), qu’ils ne sont que de l’art totalement inutile. Le voilà, ce cabotin incroyable, qui n’hésite devant rien, part en campagne, multiplie conférences, déclarations à la presse, rencontres pédagogiques, politiques… À l’heure où d’autres n’aspirent qu’au calme d’une retraite méritée, voilà notre bonhomme de 80 balais qui fait feu de tous bois pour convaincre la terre entière et les autorités locales du bien fondé de sa démarche : « Vous marcherez sur l’eau ! » promet-il inlassablement. Tout aussi diplomate que dictateur à ses heures, sachant ce qu’il veut en tout cas, il entraîne progressivement les foules dans son délire, tel un véritable rouleau compresseur pugnace auquel il semble difficile de résister. Le voilà qui s’emballe, qui peste, qui tempête… Et cela devient passionnant de regarder ce personnage haut en couleurs, tout aussi séducteur et attachant qu’insupportable. Il veut tout à la fois être le centre du motif tout en refusant qu’on le caresse dans le sens du poil. Et malheur à celui qui s’avise d’émettre un avis contradictoire ! De fait on finit par admirer la patience de ceux qui l’entourent, l’épaulent sans presque broncher, jusqu’à ce qu’à leur tour ils explosent, en surjouant le coup à la façon Christo, qui a bien mérité qu’on se moque un peu de son emphase.

Plus encore que la création grandiose qui se construit devant nos yeux, dont les coulisses sont impressionnantes, le clou du spectacle, c’est peut-être avant tout cette aventure humaine. Le dévouement des bénévoles, l’angoisse qui monte en même temps que le mauvais temps qui menace l’ouvrage en train de prendre forme. On est immergés dans ce quotidien insensé, à la fois ancré et complètement déconnecté des réalités de ce monde, où toutes les chimères semblent pouvoir devenir possibles…