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UN CINÉMA UTOPIA À TROYES DES NOUVELLES DU PETIT NOUVEAU
Citoyens inconnus ou reconnus, journalistes indépendants, petites mains de l’ombre… que serait-on sans vous ?Pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes entre deux festivals, deux confinements ou une déclaration de Poutine, rembobinons l’histoire…L’action débute en l’an 2019 après JC, toute l...

LA MÉNARDIÈRE Un habitat partagé à Bérat, entre Toulouse et l’Ariège
C’est un rêve, modeste et fou… Parvenus à l’âge où les clairons sonnent la retraite, une poignée de filles et de garçons se sont mis en tête d’inventer une alternative à ce que la société propose à ses vieux : ne pas vivre seuls, ne pas finir dans une de ces horribles institutions où il ne rest...

Cannes, c’est plus ce que c’était !
C’est tous les ans ou presque la même rengaine. Cannes, ma bonne dame, c’est plus ce que c’était : la sélection n’est vraiment pas terrible, le palmarès est complètement naze, tout ça c’est copinage et compagnie, bref le festival part à vau-l’eau… Sauf ces deux dernières années, pour des raison...

ROSMERTA, une belle aventure humaine à Avignon, qui continue contre vents et marées.
Suite à une réquisition citoyenne en 2018, le lieu Rosmerta est né et depuis, il donne un toit à près d’une quarantaine de jeunes mineurs isolés et des familles avec enfants en bas âge. L’association qui le gère, composée exclusivement de bénévoles, aide près de 50 personnes sans aucun soutien des p...

EL BUEN PATRON

Écrit et réalisé par Fernando LEON de ARANOA - Espagne 2021 2h VOSTF - avec Javier Bardem, Manolo Solo, Sonia Almarcha, Almudena Amor, Oscar de la Fuente... 6 Goya 2022 : Meilleur film, Meilleur réalisation, Meilleur acteur (Javier Bardem), Meilleur scénario original, Meilleur montage, Meilleure musique originale.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

EL BUEN PATRONVoilà le film qui, en février dernier, a raflé 6 prix majeurs lors de la cérémonie des Goya 2022 (l’équivalent espagnol de nos César) : Meilleur film, Meilleure réalisation, Meilleur scénario original, Meilleur montage, Meilleure musique originale et Meilleur acteur ! Il faut dire que le comédien ici récompensé n’est autre que l’inénarrable Javier Bardem. Après avoir joué les amoureux transis, les tueurs implacables, un tétraplégique (dans Mar adentro) voilà l’acteur le plus primé d’Espagne dans la peau de Blanco, petit patron paternaliste, fils à papa héritier d’une ancestrale fabrique de balances pour tous les usages et tous les budgets : « Ma femme et moi n’avons pas d’enfants. On s’en passe. C’est vous nos enfants… » Et bien sûr, comme ses salarié·e·s, on ne résiste pas à son charme. « Pour le bien de la famille on doit parfois prendre des décisions difficiles… Mon père était juste : c’est pour cela qu’il fabriquait des balances… » Nous voilà comme les petites mains de l’usine prêts à fondre littéralement de tendresse et de rire face aux tirades (punchlines pour les franco-anglicistes) d’un discours drôle en diable. Et c’est l’une des réussites de ce scénario : des dialogues excellentissimes, extrêmement bien ciselés, percutants et hilarants, un rythme soutenu qui jamais ne faiblit, une écriture tendue qui ne laisse rien au hasard.



Bien évidemment des événements toujours plus embarrassants vont petit à petit déconstruire les images d’Épinal lénifiantes construites durant plusieurs générations et la face sombre de Blanco, qui est loin d’être blanc comme neige, va progressivement transparaitre. Alors qu’il touche au but suprême, alors qu’il est sur le point de décrocher le dernier trophée d’excellence manquant à son palmarès d’entrepreneur hors normes, le sort va s’acharner.
C’est d’abord cet ex-comptable, flanqué de sa progéniture, qui vient lui casser les oreilles à l’aide d’un porte-voix pour protester contre son licenciement, plantant sa tente à la porte de l’usine et déployant des banderoles assassines. Ensuite son principal contremaître qui lui casse les pieds avec ses histoires de bonne femme et qui cumule les gaffes. Sans compter cette fichue commission prête à lui rompre le coup aussi sûrement que l’épée de Damoclès si tout ne rentre pas dans l’ordre… Qui viendra à sa rescousse ? Ni le vigile attendri et trop mou incapable de veiller au grain, mis à part celui des petits oiseaux du ciel, ni sa pourtant délicieuse épouse à laquelle il ne sait rien confier. Oh oui ! Blanco aurait bien besoin d’évasion, qu’il va croire pouvoir trouver dans les bras d’une stagiaire aux airs coquins (Almudena Amor, véritable révélation) avant de réaliser qu’il y a, là aussi, anguille sous roche… Bref, la semaine trépidante qui l’attend nous emportera avec lui dans les rebondissements d’une mécanique bien huilée, oscillant perpétuellement entre hilarité et déconfiture. Tout bien pesé, c’est tout un système, digne des temps modernes à la Chaplin, qui se détricote avec finesse et nous laissera bouche bée.