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La Paix, éternelle Utopie ?
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LES SALLES UTOPIA SE METTENT AU VERT
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La LDH, attaquée, appelle au combat pour les libertés et la démocratie
Le ministre de l’intérieur menace de lui supprimer ses subventions, la première ministre lui reproche ses « ambiguïtés », d’autres polémistes de droites extrêmes leur faisant écho.Si on peut reprocher quelque chose à la LDH, c’est la constance de ses positions et de ses combats. Créée en 1...

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sera suivie d'une discussion avec Jean-Louis Puricelli et Christophe Lebon.

PORTRAITS FANTÔMES

(RETRATOS FANTASMAS) Écrit et réalisé par Kleber MENDONÇA FILHO - Brésil 2023 1h33VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PORTRAITS FANTÔMESC’est un voyage au cœur de la ville brésilienne de Recife auquel nous sommes invités. Mais pas avec n’importe quel guide, puisque c’est le plus grand réalisateur brésilien en activité, Kleber Mendonça Filho, qui nous ouvre les portes de sa ville natale. Nous l’avions d’ailleurs découvert en France avec un premier long-métrage formidable, Les Bruits de Recife, dans lequel transpirait déjà son amour pour cette ville bouillonnante de la région du Pernambouc, dans le Nordeste brésilien. S’ensuivirent les formidables Aquarius et Bacurau. Et en attendant sa prochaine fiction, il fait un détour par le documentaire, avec cet essai tout autant personnel qu’universel. Il nous livre une véritable ode au cinéma où il se raconte, où il sonde le passé de Recife, où il explore son architecture. Et si l’image reste évidemment primordiale, le son tient une place non négligeable dans ce projet : le réalisateur se fait en effet narrateur, sa voix douce et chaleureuse nous plonge dans un passé émouvant. Pour ne rien gâcher, son excellente sélection de titres musicaux brésiliens finit d’ajouter un charme intemporel à cette déambulation cinématographique au charme puissant.

Dans un premier temps nous découvrons la maison familiale dans laquelle le cinéaste a grandi et où il vit maintenant avec sa femme et ses deux enfants. Au fil des années et des modifications apportées à la maison, c’est une histoire de l’urbanisme qui est contée : à travers l’évolution de cette habitation, nous suivons également les changements sociologiques du quartier. Comme toujours dans le cinéma de Kleber quand il est question d’espace, il est aussi question de la place de l’humain…
Puis nous quittons le cocon familial pour aller nous perdre dans cette ville qui nous paraît immense, et au hasard des rues du centre-ville, nous retrouvons d’immenses bâtiments, d’ancien palais, qui furent autrefois de grands lieux de rassemblements des Recifenses. Nous voyageons alors dans le temps, des décennies en arrière, un temps où les cinémas étaient le lieu où toutes les classes de la population se retrouvaient et partageaient un moment de plaisir et de magie. Aujourd’hui, à part le majestueux São Luiz, il ne reste plus que des bâtiments délabrés : les ravages du temps se voient sur les façades et les salles obscures ne sont plus habitées que par des fantômes. Même si d’autres cinémas ont trouvé une nouvelle vie et ont été reconvertis en église évangélique (en somme l’exacte inverse du cinéma Utopia République !). Mais loin de verser dans une nostalgie larmoyante, le cinéaste nous montre plutôt cette fameuse magie du cinéma, et il le fait toujours avec cette touche d’humour qui le caractérise. Finalement l’histoire de Recife et de ses cinémas est totalement universelle et pourrait très bien être celle d’une multitude d’autres villes à travers le monde.
Le film foisonne donc d’images d’archives de Recife, un vrai travail d’archéologue. Mais on y retrouve également de très nombreuses images filmées par Kleber en super 8 ou en vidéo. On remonte jusqu’à son adolescence et à ses premiers essais d’amateur où déjà on perçoit d’évidence l’amour du cinéma et le désir profond de réaliser des films. La maison familiale, la fratrie et les amis deviennent alors le décor et les complices des premiers tournages du cinéaste en devenir.

Portraits fantômes est une véritable lettre d’amour au cinéma et aux salles de cinéma, qui nous touche d’autant plus quand on sait l’attachement particulier que le réalisateur a pour les salles Utopia, qui ont programmé tous ses longs métrages. Obrigado amigo !